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Discours du Premier ministre de la République d'Arménie, Nikol Pashinyan, à la cérémonie d'ouverture du 17e Sommet de la Francophonie

11.10.2018

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Le Premier ministre Nikol Pashinyan a participé aujourd'hui à la cérémonie solennelle d'ouverture du 17e sommet de l'Organisation internationale de la Francophonie à Erevan.

Le Premier ministre a prononcé un discours dans lequel il a notamment dit:

Excellences Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de gouvernement,
Mesdames et Messieurs les Chefs de délégation,
Madame la Secrétaire générale de la Francophonie,
Madame la Directrice générale de l’UNESCO,
Monsieur le Secrétaire général de l’Organisation des Etats américains,
Excellences,
Distingués invités,
Mesdames et Messieurs,

Je voudrais tout d’abord vous dire la peine immense qui m’envahit, à ce moment, en pensant à Charles AZNAVOUR, cette personnalité si chère dans nos cœurs qui nous a quittés, le 1 octobre dernier.

Ce grand homme de culture, cet ambassadeur de la langue française, 100 pour 100 français mais aussi 100 pour 100 arménien, comme il aimait à le dire, aurait tellement aimé être à nos côtés aujourd’hui pour marquer sa proximité avec les deux pays qu’il aimait et auxquels il était profondément attachés, la France et l’Arménie, pour célébrer aussi la francophonie qu’il a servie tout au long de sa vie ; ses chefs d’œuvre de la chanson française qui ont bercé déjà bien des générations, en berceront bien d’autres encore et resteront pour longtemps dans nos mémoires.

Nous le pleurons car nous l’aimions. Ardent défenseur de l’Arménie, Ambassadeur vraiment extraordinaire de notre pays, il a porté le nom de l’Arménie sur le toit du monde, en haut de l’affiche, et nous lui serons, pour cela, à jamais reconnaissant.

II nous a quittés et, pourtant, il est aujourd’hui si présent dans nos esprits.

Pour célébrer sa mémoire, plutôt que respecter une minute de silence, je vous demanderai, Excellences, Mesdames et Messieurs, de saluer la présence éternelle de Charles AZNAVOUR, par nos chaleureux applaudissements.
Je vous remercie.

Excellences,
Mesdames et Messieurs,

C’est pour moi et pour la nation arménienne toute entière un grand plaisir de vous accueillir ici à Erevan à l’occasion de la 17ème Conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement ayant le français en partage.

Je vous souhaite Բարի գալուստ Հայաստան, bienvenue en cette terre d’Arménie.

Cette Arménie éternelle, berceau du Christianisme, porteuse d’une histoire et d’une culture plusieurs fois millénaires, qui célèbre, ce mois-ci, le deux-mille-huit-centième anniversaire de la fondation de sa capitale, Erevan ;

Cette Arménie réelle, forte de son identité, de son énergie créatrice, de son dynamisme, qui a traversé les épreuves de l’histoire marquée par la tragédie du génocide de 1915 et se projette aujourd’hui dans le futur, confiante dans son avenir;

Cette Arménie nouvelle, animée par les valeurs de la « révolution de velours », ce mouvement civique et démocratique, porté par les jeunes et les femmes arméniennes qui ont su partager avec toute la population du pays leur volonté de « Vivre ensemble » dans une société libre, juste et solidaire.

Excellences, Mesdames et Messieurs,
Je veux aujourd’hui redire combien nous sommes honorés pour la confiance qui nous est faite d’organiser ce Sommet en Arménie.
Nous mesurons, à cet égard, toute la responsabilité qui nous incombe et sommes désireux que cet événement demeure dans la mémoire de tous comme un temps fort exceptionnel de la vie institutionnelle de notre Organisation, mais aussi comme un grand moment de convivialité et de solidarité francophone.

L’Arménie est un jeune membre de la Francophonie ; quinze ans seulement se sont écoulés depuis son accession au statut d’observateur ; son ferme engagement en faveur de la diversité culturelle et linguistique, de la langue française et des valeurs fondamentales de la Francophonie n’est plus à démontrer. Sa contribution et son apport aux travaux et activités de nos instances au même titre que sa volonté de faire rayonner la Francophonie dans cette région ont certainement valeur d’exemple et attestent la relation forte qui s’est nouée entre l’Arménie et la Francophonie.

L’Arménie tire une grande fierté de son appartenance à la Francophonie, ce vaste espace de coopération, de dialogue et d’échanges qui réunit, dans le respect de leur diversité et dans une approche de solidarité, ses Etats et gouvernements membres autour des valeurs de paix, de démocratie et de respect des droits de l’Homme.

Nous restons tous profondément attachés à la nature de ces liens qui définissent si bien le « Vivre ensemble en Francophonie » ; ils constituent ce bien commun, une richesse qu’il nous importe, à tout prix, de préserver, une chance pour tout l’espace francophone.

C’est toute la signification de la thématique que l’Arménie a proposée et sur laquelle nos travaux porteront : « Vivre ensemble, dans la solidarité, le partage des valeurs humanistes et le respect de la diversité : Source de paix et de prospérité pour l’espace francophone ».

La mise en lumière du « Vivre ensemble » doit aussi être considérée dans le contexte de la montée des populismes et des extrémismes.

Face à la propagation des discours de haine et à la persistance des manifestations d’intolérance, nous avons l’obligation morale d’opposer la force des valeurs et principes qui régissent le « Vivre ensemble » et de nous mobiliser pour les mettre en œuvre.

Nous devons, en effet, continuer à nous investir sans relâche pour répondre aux aspirations de tous à un développement humain juste et durable.

Tel est le sens de l’Appel que nous proposons de lancer ; un message fort en faveur de la paix, de la solidarité et de l’humanisme intégral, cet héritage considérable légué par les Pères fondateurs de la Francophonie.

Excellences, Mesdames et Messieurs,
Le Sommet d’Erevan va également se pencher sur d’autres enjeux essentiels qui nous interpellent parmi lesquels les questions de paix, de démocratie et de stabilité, la lutte contre le terrorisme, la lutte contre les changements climatiques ou encore la question migratoire qui constituent autant de défis pour notre planète. Face à ces défis globaux, nous avons la conviction que les réponses à apporter doivent être envisagées dans un cadre multilatéral ; car, c’est par l’action collective et concertée, par la coopération internationale, que nous serons en mesure d’enregistrer des progrès sur tous ces sujets.

J’insisterai tout particulièrement sur les crises et les conflits qui affectent l’espace francophone et aux règlements desquels la Francophonie apporte à une contribution majeure. Ceux-ci s’accompagnent, le plus souvent, de graves violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire. Au moment où nous nous apprêtons à célébrer le 70ème anniversaire de la Convention pour la prévention et la répression des crimes de génocide, nous avons le devoir de redoubler d’efforts pour empêcher que ne se produisent de nouveaux génocides, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.

La persistance de ces conflits nous engage aussi à réitérer notre ferme attachement au règlement pacifique des conflits, dans le cadre des formats de négociations internationalement reconnus.

C’est le cas du conflit du Haut-Karabagh, négocié dans le format du groupe de Minsk de l’OSCE avec les trois pays coprésidents, la France, les Etats-Unis et la Russie ; un conflit qui dure depuis maintenant plusieurs décennies et qui a engendré tant de souffrances.


Un conflit opposant le Haut-Karabagh qui exerce, depuis maintenant plus de 25 ans, son droit à l’autodétermination à l’Azerbaïdjan qui refuse tout dialogue avec les représentants élus du Haut-Karabagh.

Nous sommes convaincus que le Haut-Karabagh doit avoir une voix décisive dans le processus de paix et que son statut futur doit être déterminé en prenant en compte l’expression de la volonté juridiquement contraignante de la population du Haut-Karabagh.


De même, la question de la sécurité a une valeur existentielle pour la population du Haut-Karabagh. Elle a été si souvent victime, par le passé, de violations de ses droits, de discriminations et d’atrocités qu’à travers le rejet de ce dialogue et les tentatives renouvelées de recours à la force contre le Haut-Karabagh, c’est bien l’existence physique de la population du Haut-Karabagh qui se trouve niée et gravement menacée.

Nous croyons qu’une atmosphère propice à la paix est essentielle pour l’avancement du processus de règlement et plaidons avec force pour la mise en œuvre rapide et intégrale des accords sur les mesures de confiance, indispensables pour préparer à la paix les populations de toutes les parties au conflit.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Je voudrais, pour clore mon propos, m’adresser aux jeunes de l’espace francophone qui sont les acteurs du changement dans nos sociétés et représentent l’avenir de nos pays.

Je veux vous dire l’importance que nous accordons à votre contribution à la thématique du Sommet et vous invite à vous mobiliser massivement pour porter haut les valeurs du « Vivre ensemble » et contribuer à forger, avec nous, un monde plus juste et solidaire.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Je souhaite à tous un excellent séjour en Arménie et plein succès à nos délibérations.

Je vous remercie.

Le Président français Emanuel Macron, le Premier ministre canadien Justin Trudeau, la Secrétaire générale de l'Organisation internationale de la Francophonie, Michaëlle Jean et d'autres dirigeants ont prononcé un discours à l'ouverture du 17e Sommet de la Francophonie.

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