Artsakh

La rencontre entre Nikol Pashinyan et Bako Sahakyan à Stepanakert

11.03.2019 - 12.03.2019

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Dans le cadre de sa visite de travail en République d'Artsakh, le Premier ministre a rencontré le Président d'Artsakh, Bako Sahakian.

Au cours de la rencontre, un certain nombre de questions liées à la coopération entre l'Arménie et l'Artsakh dans différents domaines ont été discutées. Ils ont ont évoqué les mesures à prendre pour mettre en œuvre des programmes stratégiques communs dans le domaine socio-économique.

La rencontre s'est ensuite poursuivie dans un format élargi. Les interlocuteurs ont échangé des idées sur la politique intérieure et extérieure des deux États arméniens et sur des sujets liés à la coopération dans ces domaines.

* * *

Nikol Pashinyan, Premier ministre de la République d'Arménie, et Bako Sahakyan, Président de la République d'Artsakh, ont tenu une séance commune des Conseils de sécurité d'Arménie et d'Artsakh à Stepanakert. Le principal sujet à l'ordre du jour était l'évaluation conjointe de la situation actuelle du processus de règlement pacifique du conflit du Haut-Karabakh et l'élaboration d'un plan d'action coordonné.

Le Premier ministre arménien Nikol Pashinyan et le Président de l'Artsakh Bako Sahakyan ont prononcé des discours avant la discussion des questions à l’ordre du jour.

Premier ministre de la République d'Arménie, Nikol Pashinyan:
«Monsieur le Président de la République d'Artsakh
Chers collègues,

Permettez-moi de saluer la séance commune des Conseils de sécurité de la République d'Arménie et d'Artsakh, qui est un événement sans précédent dans toute l’histoire de nos Républiques. Cet événement a une signification très symbolique et, d'autre part, très concrète. Cela signifie que les relations entre la République d'Arménie et la République d'Artsakh entrent dans une étape qualitativement nouvelle. Quelles autres révélations pourraient avoir cette étape dans un avenir proche est peut-être l'un des sujets les plus importants de notre ordre du jour.

Chers collègues,
Après les élections législatives en Arménie du 9 décembre 2018, c’est ma première visite en République d’Artsakh, et je voudrais souligner que le bloc «Mon pas» a reçu un mandat fort du peuple arménien lors des élections législatives afin d’élever le niveau de la République d’Artsakh en tant que sujet, de prendre des mesures pour faire de l'Artsakh un acteur principale dans le processus de négociation sur le règlement du conflit de l'Artsakh. Ce sont les points qui avaient une importance cruciale dans le programme électoral du bloc «Mon pas».

Le Gouvernement arménien et moi personnellement, en tant que Premier ministre qui a reçu le vote de confiance du peuple, nous prendrons des mesures suivies dans ce sens. Cette question restera l’un des points les plus importants de nos discussions avec le Président azerbaïdjanais Ilham Aliyev et les coprésidents du groupe de Minsk de l’OSCE. Je pense qu'il est nécessaire de souligner que l'implication d'Artsakh dans le processus de négociation, ce n'est pas notre caprice et ni même une condition préalable pour nous, mais la simple constatation du fait que la participation de Artsakh revêt une importance principale pour le règlement du conflit du Haut-Karabakh.

Cette position exprime notre respect non seulement envers le peuple de l'Artsakh et ses droits, mais également envers tous nos partenaires impliqués dans le processus de négociation, parce que nous sommes vraiment intéressés et nous voulons parvenir à un règlement exclusivement pacifique de la question et croyons au processus de négociation, dont l'efficacité est une priorité pour nous, et cette question, comme je l’ai dit, revêt une importance principale pour l’efficacité du processus de négociation.

En fait, la portée des négociations à ce jour comprend toutes les parties intéressées sauf une. La partie azerbaïdjanaise est représentée dans ces négociations en la personne du Président Aliyev. Ilham Aliyev, comme il le dit, présente également la communauté azerbaïdjanaise du Haut-Karabakh, dont les représentants, citoyens azerbaïdjanais, ont participé aux élections présidentielles en Azerbaïdjan et ont donc donné au Président de l'Azerbaïdjan le pouvoir de les représenter, et donc, la présence du Président de l'Azerbaïdjan à la table des négociations garantit également la présence des Azerbaïdjanais qui vivaient auparavant au Karabakh.

La République d’Arménie est également représentée dans ces négociations en la personne du Premier ministre de la République d’Arménie, qui est un représentant élu par le peuple de la République d'Arménie dans ce cas.

La communauté internationale est représentée dans le processus de négociation avec la participation des coprésidents du groupe de Minsk de l'OSCE. Bien entendu, tout cela est extrêmement important et nous apprécions hautement les efforts déployés par les pays coprésidents du groupe de Minsk de l'OSCE pour contribuer au processus de règlement. Mais la question principale est la suivante: qui représente le peuple de l'Artsakh dans le processus de négociation ou, comme on dit dans certains cas, les Arméniens du Karabakh? Le problème est qu’il n’y a pas de représentant légitime dans le processus de négociation pour présenter le peuple de l’Artsakh aujourd’hui, car il n'y a personne à la table des négociations qui a reçu le vote du peuple de l'Artsakh ou comme certains de nos collègues préfèrent le dire, des Arméniens du Karabakh.

J'ai répété à plusieurs reprises que le Premier ministre ne peut pas exercer un tel pouvoir pour la simple raison que les habitants de l'Artsakh ne participent pas aux élections arméniennes, ils ne votent pas et, par conséquent, le Premier ministre d'Arménie n'entre pas dans le cercle des personnes autorisées à représenter le peuple de l'Artsakh. Et ce n’est pas une question de caprices, ni de conditions préalables, mais une question de légitimité ordinaire, et la légitimité est un facteur clé dans les relations contemporaines, non seulement dans la politique intérieure, mais aussi dans les relations interétatiques et internationales.

Au fait, tous les commentaires sont absurdes, selon lesquels la République d'Arménie ou le Premier ministre, avec cette position, s'abstient de toute responsabilité, en la confiant au gouvernement d'Artsakh ou au peuple. Pour éviter toute spéculation, j’estime nécessaire de souligner que la République d’Arménie a été, est et restera le premier garant de la sécurité de l’Artsakh et continuera de participer au processus de paix.

La deuxième question la plus importante à laquelle il faut répondre est la suivante: Le gouvernement arménien accepte-t-il trois principes et six éléments proposés par les coprésidents du groupe de Minsk de l'OSCE comme base du processus de négociation? C'est une question très importante, mais pour répondre à cette question, nous avons besoin de clarifications importantes. Que peuvent signifier ces principes dans la pratique et à qui appartient le droit de les interpréter? Ceci est important parce que la manière dont l'Azerbaïdjan interprète ces principes est inacceptable pour nous. Nous pouvons, bien sûr, proposer notre propre interprétation de ces principes, mais cela n’a aucun sens parce que notre objectif n'est pas d'avoir une logomachie, mais un processus de négociation efficace. Et par conséquent, la base du processus de négociation devrait être les constatations qui ne donnent pas lieu à des autres variantes. Cependant, comme je l'ai déjà noté, les principes et éléments proposés par les coprésidents ont suscité différentes interprétations très controversées au cours des dix dernières années, et donc, l'objectif le plus important du processus de négociation à venir devrait être la clarification des concepts principaux- 3 principes et 6 éléments et nous sommes également prêts pour une telle conversation.

La question suivante est de préparer les peuples à la paix. J’estime nécessaire de souligner le fait que la tâche de préparer les peuples à la paix n’est pas une question spéciale de l’un des gouvernements impliqués dans les négociations, mais c’est un travail commun. Je veux dire, par exemple, que la préparation de la société azerbaïdjanaise à la paix ne concerne pas seulement les autorités azerbaïdjanaises, mais également il y a la nécessité de la participation des autorités arméniennes. C'était cette prise de conscience qui m’a obligé à faire une déclaration sans précédent pour notre réalité à l’Assemblée nationale d’Arménie à l’automne 2018, disant que toute solution au problème du Karabakh devrait être acceptable pour le peuple arménien, pour le peuple de l'Artsakh et pour le peuple de l'Azerbaïdjan. C'était ma contribution au tâche de préparer non seulement les peuples d'Arménie et d'Artsakh à la paix mais aussi le peuple de l'Azerbaïdjan. Malheureusement, nous ne voyons pas les déclarations et les pas équivalents du Président de l'Azerbaïdjan. Malgré cela, je suis prêt à poursuivre le dialogue non seulement avec le Président azerbaïdjanais, mais également avec le peuple azerbaïdjanais, car je suis convaincu que le peuple azerbaïdjanais est aussi pacifiste que le peuple arménien et le peuple d’Artsakh.
Merci, chers collègues, nous pouvons maintenant passer à notre ordre du jour».

Président de la République d'Artsakh, Bako Sahakyan:
«Monsieur le Premier ministre de la République d'Arménie,
Chers participants à la séance commune des Conseils de sécurité,

Aujourd’hui, nous aborderons pour la première fois les questions les plus importantes et prioritaires pour nos deux républiques, pour notre patrie. Au cours de cette période, nous avons eu de nombreuses et diverses rencontres intermédiaires à différents niveaux. Les responsables de nos domaines, de nos départements et de nos ministères se sont rencontrés à plusieurs reprises. Au cours de ces rencontres, l’idée est née de convoquer une séance commune des Conseils de sécurité.

Nous avons également souligné que nous avons besoin d'un ordre du jour national et je suis convaincu que notre séance commune d'aujourd'hui contribuera à l'élaboration de cet ordre du jour national. Comme il a été pendant ces années, nos tâches classées dans cet ordre du jour national sont restées inchangées et je pense que vous serez tous d'accord que la reconnaissance internationale de l'indépendance d'Artsakh a été, est et restera une question prioritaire pour notre patrie, et lors de la séance commune d'aujourd'hui, nous aurons également l'occasion de parler de la suite des discussions dans ce domaine.

Nous savons que le Premier ministre de la République d'Arménie a eu plusieurs rencontre au cours de cette période et j'ai demandé au Premier ministre de nous informer de ces réunions et discussions. Je dois également informer qu’hier, j'ai rencontré le Représentant personnel du Président en exercice de l'OSCE. Naturellement, nous avons parlé de la situation dans la ligne de contact ainsi que du processus de négociation. Et la séance d'aujourd'hui nous donnera l'occasion d'aborder les problèmes de notre économie et l'évolution de notre vie publique et nous déciderons de nos prochaines tâches qui augmenteront sans aucun doute le niveau de sécurité de notre pays et contribueront au renforcement et au développement de notre patrie.

Je salue cette initiative et je suis persuadé que la séance commune d’aujourd’hui créera les conditions favorables à la réussite des travaux dans ces directions.
Merci».

À la suite des discussions, les membres des Conseils de sécurité d'Arménie et d'Artsakh ont évalué le système de sécurité d'Artsakh et ont réaffirmé que les capacités de défense sont garanties. En même temps, les deux parties arméniennes ont réaffirmé leur soutien et leur attachement au règlement exclusivement pacifique du conflit sous les auspices du Groupe de Minsk de l'OSCE, basé sur les principes fondamentaux du droit international, en particulier le droit des peuples à l'autodétermination.

Dans le cadre de la séance commune, il a été souligné que la sécurité et le statut de l'Artsakh ont été et sont des priorités absolues pour la partie arménienne, dans le cadre du problème du Haut-Karabakh. Il a été souligné l’importance de la formation d’une atmosphère de paix, de la création de mécanismes de prévention des incidents et de mesures de renforcement de la confiance, comme cela avait été fixé au sommet de Douchanbé, et avant cela dans le cadre des sommets de Vienne et de Saint-Pétersbourg.

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