Communiqués de presse
Un dîner d’État a été offert en l’honneur du président de la France, Emmanuel Macron, au nom du président de la République d’Arménie et du Premier ministre
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Au nom du président de la République d’Arménie, Vahagn Khatchatourian, et du Premier ministre, Nikol Pashinyan, un dîner d’État a été offert ce soir, à la résidence présidentielle, en l’honneur du président de la République française, Emmanuel Macron.
Préalablement au dîner d’État, une cérémonie de remise de distinctions nationales s’est tenue. Par décret du président de la République d’Arménie, et en reconnaissance de sa contribution personnelle significative au renforcement et au développement des relations d’amitié traditionnelles entre la République d’Arménie et la République française, ainsi qu’à l’élargissement et à l’approfondissement de la coopération bilatérale, le président de la République française, Emmanuel Macron, a été décoré de l’ordre de la Gloire.
Par décision du président de la République française, Emmanuel Macron, le président de la République d’Arménie, Vahagn Khachaturyan, et le Premier ministre, Nikol Pashinyan, ont été élevés à la dignité de Grand-croix de la Légion d’honneur, la plus haute distinction française, instituée en 1802 par Napoléon Bonaparte.
Conformément au protocole, les chefs d’État ont prononcé des toasts, évoquant les relations franco-arméniennes, ainsi que leurs perspectives de développement.
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Le toast du Premier ministre de la République d’Arménie, Nikol Pashinyan, lors du dîner d’État offert en l’honneur du président de la République française, Emmanuel Macron
Monsieur le Président de la République française,
Monsieur le Président de la République d’Arménie,
Mesdames et Messieurs les membres de la délégation de la visite d’État du Président de la République française, Mesdames et Messieurs les représentants des autorités publiques de la République d’Arménie,
Aujourd’hui, un événement d’une importance majeure se déroule pour nous. Nous sommes confrontés à une situation dans laquelle le président d’un pays ami traditionnel et fidèle de notre pays qui est également pour moi un ami personnel, est présent parmi nous, ce qui confère à cet événement une double signification. J’ai eu de nombreuses occasions de souligner la contribution considérable du président Emmanuel Macron au niveau actuel des relations franco-arméniennes, lesquelles seront consacrées par l’adoption d’un document de partenariat stratégique entre l’Arménie et la France, constituant l’un des principaux résultats de cette visite d’État.
Je souhaite également souligner que la phase dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui bénéficie du soutien du peuple de la République d’Arménie et représente une voie à la fois juste et porteuse de développement pour notre pays. L’Arménie a, en effet, dépassé l’agenda de survie pour entrer dans la logique d’un agenda de développement. Nous construisons aujourd’hui, sur la base de la philosophie de « l’Arménie réelle », une nouvelle logique, une nouvelle doctrine, une nouvelle architecture et un nouvel État, en nous appuyant sur nos meilleures traditions et nos valeurs. À cet égard, je crois que cela est devenu aujourd’hui particulièrement visible et évident lors de la cérémonie d’ouverture du sommet de la Communauté politique européenne, où notre histoire et notre système de valeurs ont été clairement mis en avant et placés au cœur des discussions.
Mais je souhaite que nous soyons tous pleinement conscients d’un fait : dans la phase actuelle de notre parcours, le rôle du président Emmanuel Macron a été déterminant et véritablement structurant. L’architecture de notre réalité actuelle et de notre stratégie régionale s’est, en substance, dessinée lors de la réunion quadrilatérale du 6 octobre 2022 à Prague.
Avec tout le respect que je dois à ceux qui n’étaient pas présents dans cette salle, je ne peux pas affirmer qu’ils connaissent pleinement et profondément le président Macron. Car ce que j’ai vu ce jour-là une telle conviction, un tel engagement, un tel attachement aux principes, une telle constance, une telle détermination, une telle volonté inébranlable et une telle certitude que l’histoire devait être façonnée, je ne l’ai lu dans aucun livre. Si quelqu’un m’avait raconté ces événements, je n’y aurais pas cru. Hier encore, j’ai eu l’occasion de le dire au président Macron : même aujourd’hui, lorsque je revis mentalement cette journée, j’ai du mal à croire ce que j’ai vu de mes propres yeux et entendu personnellement. Des personnes présentes dans cette salle pourront en témoigner. Ce fut une pierre angulaire sur laquelle repose notre réalité actuelle, notre paix actuelle et notre avenir, que nous aimons de plus en plus chaque jour.
Il est évident que, par sa fonction, le président Macron est un homme d’État de la République française. Mais cette rencontre et les événements de cette journée me permettent d’affirmer sans équivoque qu’Emmanuel Macron est également un homme d’État de la République d’Arménie.
La distinction qui lui a été décernée aujourd’hui, si elle comporte une part de courtoisie, n’en représente qu’une infime fraction. En réalité, la République d’Arménie exprime par cette haute distinction sa reconnaissance pour le service déterminant rendu par le président Macron à l’État arménien, à sa sécurité, à sa souveraineté et à son indépendance.
Avant et après le 6 octobre 2022, alors qu’il semblait que la République d’Arménie n’avait plus ni espoir ni appui, et qu’aucune force ni personnalité ne pouvait encore nous soutenir, nous avons ressenti et saisi la main du président Macron. Il a fermement pris la nôtre, et nous avons fermement saisi la sienne. Aujourd’hui, nos nombreux succès dans la construction de l’armée, dans nos relations extérieures, dans nos acquis démocratiques et dans notre développement économique, dont une partie sera d’ailleurs consacrée à l’occasion de cette visite d’État sont l’expression directe de sa contribution personnelle, et plus précisément de sa contribution personnelle déterminante.
Au cours de mes huit années en tant que Premier ministre de la République d’Arménie, je ne me souviens pas d’un seul cas où une préoccupation liée aux intérêts de l’État arménien que j’aurais partagée avec le président Macron n’ait pas reçu, dans les plus brefs délais, une réponse concrète, substantielle et opérationnelle, traduite en décisions et en actions tangibles et vérifiables.
Monsieur le Président de la République d’Arménie,
Chers invités,
Je propose que nous portions un toast au président de la République française, homme d’État de la France et de l’Arménie, grand ami, frère et proche du peuple arménien et de la République d’Arménie, Emmanuel Macron.
Monsieur le Président, je vous propose ce toast.
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Le toast du Président de la République française, Emmanuel Macron, lors du dîner d’État offert en son honneur par le président de la République d’Arménie, Vahagn Khatchatourian, et le Premier ministre, Nikol Pashinyan
Monsieur le Président
Monsieur le Premier ministre,
Monsieur le Président de l'Assemblée nationale,
Mesdames, Messieurs les ministres,
Mesdames, Messieurs les parlementaires,
Mesdames, Messieurs les ambassadeurs,
Mesdames, Messieurs en vos grades et qualités,
Chers amis,
Merci. D'abord, merci pour vos mots à l'instant, Monsieur le Premier ministre Nicole. Ils me vont droit au cœur. Et ce que vous avez convoqué, ces souvenirs, en effet d'un automne 2022, je n'ai rien oublié de cette nuit. À peine deux ans s'étaient écoulés depuis le début de la guerre. La situation était très instable et vous avez fait preuve de beaucoup de courage parce que vous décidiez pour votre pays. Mais je voudrais vous dire une chose simple. D'abord, la France, dans ces moments-là, je considère, a fait son devoir. Alors c'est vrai, beaucoup, en Europe ou ailleurs, nous regardaient comme des bêtes étranges, à soutenir de manière aussi inconditionnelle l'Arménie.
D'ailleurs, je vous rassure, après la réunion à laquelle le Premier ministre a fait référence, j'ai été à peu près interdit de toutes les réunions suivantes tant que le conflit n'était pas réglé par le président Aliyev. Maintenant, les choses sont rentrées dans l'ordre et elles se sont apaisées heureusement. Mais si nous étions là à vos côtés pour dire cela, c'est parce que c'était juste. C'est parce que c'était juste. Et qu'à travers l'histoire, le combat que votre pays, votre peuple a toujours mené fut un combat juste face au génocide, face aux invasions et dans ces heures-là, face à la menace de votre intégrité territoriale et à votre souveraineté.
Et l'idée que nous nous faisons d'une paix possible, y compris pour nous-mêmes, est d'être aux côtés de ces combats justes où l'ordre international est défendu. Quand bien même ce n'est pas notre intérêt à ce moment-là, quand bien même les calculs d'apothicaires consisteraient à aller regarder ailleurs, et quand bien même beaucoup calculaient plutôt les mètres cubes de gaz ou les intérêts face à d'autres puissances militaires aux contrats plus juteux.
Et c'est l'honneur de la France d'être aux côtés de pays qui ne lui ont jamais manqué, jamais manqué, d'un peuple qui ne lui a jamais manqué, et d'être aux côtés d'un combat juste.
Notre histoire vient de loin. Il y a dans cette salle des femmes et des hommes dont l'histoire familiale est engagée dans la relation entre nos deux pays, qui ont émigré il y a parfois plusieurs générations, d'autres dans le cours de leur vie, et d'autres qui ont découvert l'Arménie et se sont mis à l'aimer de leur vivant, même s'ils n'avaient pas forcément de racines. Parce qu'il y a quelque chose dans la relation entre nos deux pays, nos deux peuples, nos deux civilisations, qui dit cela. Pourquoi les intellectuels français ont-ils aimé l'Arménie ? Beaucoup n'en avaient jamais foulé le sol. Parce qu'il leur était insupportable ce pays soit balloté d'un empire à l'autre. Pourquoi la marine française est venue ici pas simplement voir, dénoncer, mais sauver ? Parce qu'elle considérait que c'était le combat légitime qui lui était donné par la nation française. Pourquoi avons-nous accueilli dans ces années-là, et pourquoi tant et tant de ceux qui étaient arrivés se sont battus pour la France ? Et nous avons eu l'immense honneur, et vous étiez à nos côtés, de donner sa juste place au Panthéon à Missak Manouchian et à Meline, qui en quelque sorte incarnent ce que les Arméniennes et les Arméniens ont donné à la France.
C'est toujours la même histoire. Quand le combat est juste, nous sommes là, l'un pour l'autre. Quand il s'agit de nous, de l'universel, de ce que nous portons, nous sommes là, l'un pour l'autre. Et nous nous reconnaissons. Je prends avec beaucoup d'honneur les insignes remis aujourd'hui, et je veux simplement vous dire qu'elles sont un jalon dans cette histoire qui nous oblige. Parce que c'était vous, parce que c'était nous. Le lien entre l'Arménie et la France, c'est cela.
C'est pourquoi le choix que vous avez fait de l'indépendance pleine et entière, de la paix, de la stabilité dans cette région, basculer en tout sens, le choix de l'Europe et le choix de la prospérité, comme je l'évoquais tout à l'heure dans un autre cadre, sont ceux que nous soutenons. Parce que nous les croyons une fois encore justes, parce que nous les croyons bons pour votre pays, parce que nous les croyons à la hauteur du moment, de la cohérence géopolitique et stratégique qu'il faut pour l'Arménie et pour l'Europe. Et parce que nous voulons être de cette aventure.
Le partenariat stratégique que nous signerons demain viendra consacrer les efforts de défense cinétiques que nous avons faits ces dernières années à vos côtés, car jamais la relation ne fut à ce niveau. Viendra ouvrir de nouvelles pages économiques entre nos deux pays, viendra consolider la relation éducative, linguistique et culturelle. Et beaucoup derrière, qui sont là aussi, auront à l'écrire.
Mais laissez-moi vous dire, monsieur le Premier ministre, monsieur le président, combien au fond chez nous, ce que vous appelez l'Arménie réelle est inséparable de l'Arménie rêvée, parce que beaucoup la rêvent chaque jour. Au fond, vous avez décidé d'une Arménie en Europe, en paix, en prospérité. Et c'est cette Arménie-là, cette Arménie-là avec toutes ses harmoniques, celle qui charrie notre histoire commune que nous aimons et que nous embrassons tout entière. Parce que De l'autre côté de l'Europe, dans sa péninsule, vers l'océan, n'oubliez jamais qu'il y a des femmes et des hommes qui aiment votre pays et qui aiment votre peuple et qui le regardent toujours comme une jeune sœur qui nous a tant apporté et pour laquelle nous serons toujours là. L'un l'autre, nous nous tenons la main, ce sont demain européennes. C'est ce destin que vous avez décidé d'embrasser. Alors c'est à moi de vous remercier ce soir pour le courage que vous avez eu durant toutes ces dernières années de porter votre pays dans cette région comme un pays de paix, de responsabilité, et il faut beaucoup de courage et d'audace pour vouloir la paix lorsqu'on est attaqué. Et d'un pays qui a choisi l'Europe. C'est maintenant à l'Europe de se montrer à la hauteur.
Laissez-moi à mon tour porter un toast pour votre pays, pour nos liens d'amitié séculaires et pour vous, Monsieur le Président, Monsieur le Premier ministre, et pour l'amitié qui nous lie.