Discours et messages
Pris de pariole du Premier ministre Nikol Pashinyan au Yerevan Dialogue forume
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Le Premier ministre Nikol Pashinyan a participé au 3e Forum international « Dialogue d'Erevan». Le président de la République française Emmanuel Macron, le président de la République d'Arménie Vahagn Khatchatourian, le président de l'Assemblée nationale Alen Simonyan, le ministre des Affaires étrangères Ararat Mirzoyan, des invités de marque venus de l'étranger, des membres du gouvernement et des représentants du pouvoir législatif étaient présents au Forum.
Le Premier ministre a prononcé un discours dans lequel il a notamment abordé les projets du Gouvernement de la République d’Arménie « Carrefour de la paix », ainsi que « La voie de Trump pour la paix et la prospérité internationales ».
« Monsieur le Président de la République française, Emmanuel Macron,
Monsieur le Président de la République d’Arménie,
Mesdames et Messieurs les partenaires,
Je me réjouis de cette occasion et je vous remercie de votre présence. Je souhaite vous présenter ce qui s’est produit en République d’Arménie au cours des dernières années, si l’on peut dire, durant l’existence du forum « Dialogue d’Erevan ».
Il s’est produit un changement très important et fondamental, qui peut même paraître incroyable : la position géographique de la République d’Arménie a changé. Nous disposons aujourd’hui d’une position géographique totalement différente de celle que nous avions il y a seulement quelques années. Je tiens toutefois à préciser que, bien entendu, la République d’Arménie se trouve exactement au même endroit qu’auparavant.
C’est précisément là que réside tout le sens et toute la subtilité : en étant au même endroit, nous avons désormais une position géographique complètement différente de celle d’autrefois. Mais afin de vous décrire avec précision cette nouvelle réalité, je voudrais d’abord évoquer la perception moyenne qui existait auparavant concernant notre position géographique, une perception qui, d’ailleurs, était répandue tant en Arménie qu’à l’étranger.
Il a été souligné précédemment que la République d'Arménie se trouve dans une situation une situation géographique très complexe et problématique, car elle est située dans une région difficile, avec des voisins problématiques et, par conséquent, des risques existentiels découlant de ce voisinage. C'est sans doute cette perception, dont l'origine mérite encore d'être discutée et approfondie, qui a guidé notre État, notre conscience, toutes nos actions, nos décisions et nos représentations de nous-mêmes et du monde. Aujourd’hui, je peux affirmer qu’un événement véritablement historique s’est produit, en ce sens que désormais, la brève description de la situation géographique de la République d’Arménie ne réside plus dans le fait qu’elle se trouve dans un environnement complexe d’une région complexe, mais dans le fait que, comme le montre cette carte, c’est à travers la République d’Arménie que passe la voie la plus courte reliant l’Orient à l’Occident et vice versa. Et cette perception offre une image et une vision totalement nouvelles de la République d’Arménie, de sa situation et de son potentiel.
Aujourd’hui, la tâche du Gouvernement de la République d’Arménie consiste à aborder les questions précisément sous cet angle et à élaborer les stratégies de la République d’Arménie dans cette perspective. Pour définir ces stratégies, nous avons adopté et mettons en œuvre deux projets interdépendants et étroitement liés.
Aujourd’hui, je peux affirmer qu’un changement véritablement historique s’est produit. En effet, la position géographique de la République d’Arménie ne se définit plus comme celle d’un pays situé dans un environnement régional problématique. Elle se caractérise désormais autrement : comme l’illustre cette carte, la République d’Arménie se situe sur l’axe le plus court reliant l’Est à l’Ouest, et inversement. Cette nouvelle perception fait émerger une vision profondément renouvelée de la République d’Arménie, de sa situation et de son potentiel. Dans ce contexte, la mission du Gouvernement de la République d’Arménie est précisément d’aborder les enjeux sous cet angle et de fonder ses stratégies sur cette nouvelle approche. C’est dans cette logique que nous avons conçu et mettons en œuvre deux projets complémentaires et interdépendants, appelés à structurer ces orientations stratégiques.
Le premier, que j’ai déjà eu l’occasion de présenter, est le projet « Carrefour de la paix ». Le second, que vous connaissez sans doute également, est le projet TRIPP ( « Voie de Trump pour la paix et la prospérité internationales »). Dans notre conception, ce projet vise avant tout à rétablir une liaison ferroviaire entre l’Est et l’Ouest. Naturellement, la mise en place d’un réseau ferroviaire implique un certain nombre de contraintes, notamment d’ordre géographique et topographique. À ce stade, il apparaît qu’un axe principal se dégage, à savoir l’itinéraire passant par le sud de l’Arménie, que nous envisageons comme le principal corridor de connexion entre l’Est et l’Ouest. Toutefois, il convient de souligner que la dimension ferroviaire ne constitue pas l’unique composante du projet TRIPP.
Je tiens à souligner que, dans le cadre du projet TRIPP, ainsi que du projet « Carrefour de la paix », il est prévu la mise en place de lignes de transmission d’électricité, de pipelines, y compris des oléoducs et des gazoducs. Ceux-ci ne sont nullement tenus d’emprunter exclusivement l’itinéraire que j’ai mentionné, et peuvent être déployés sur l’ensemble du territoire de la République d’Arménie, en fonction de nombreuses considérations d’ordre technique et d’ingénierie.
Aujourd’hui, nous sommes précisément concentrés sur cet objectif : concrétiser ce potentiel, qui tient en réalité en une seule phrase. De manière générale, on parle beaucoup de l’attractivité des pays pour les investissements. Or, à la lumière des discussions récentes, je constate que la République d’Arménie se trouve déjà dans une position géographique nouvelle bien entendu dans le contexte de la paix établie entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, avec le soutien du président des États-Unis Donald Trump et du président de la République française Emmanuel Macron, une situation qui transforme en profondeur le climat et le statut d’investissement de l’Arménie. Ce statut évolue de la manière suivante : je suis convaincu qu’une formule pourrait devenir la véritable marque d’investissement de la République d’Arménie. Cette formule est la suivante : « le chemin le plus court entre l’Est et l’Ouest ». En effet, dans le monde contemporain, l’enjeu ne réside pas seulement dans la sécurité des flux de marchandises et de services, mais également dans la rapidité de leur transport. Or, le chemin le plus court est, par définition, le plus rapide. Notre objectif est de proposer l’itinéraire le plus économique et le plus efficace, car il convient également de reconnaître que les entreprises sont en concurrence, notamment sur la vitesse de livraison. Celui qui est le plus rapide est, bien souvent, le plus performant, même si la rapidité ne constitue pas l’unique facteur de succès. Notre tâche est de réaliser pleinement ce potentiel. Il s’agit là d’un constat fondamental. Dans notre réalité, des transformations profondes et décisives ont eu lieu. Il y a encore quelques années, il était communément admis et cela correspondait à notre perception générale, que la République d’Arménie était un pays dépourvu de ressources énergétiques. Cela était vrai et traduisait une certaine vulnérabilité, notamment sur le plan énergétique. Or, je souhaite aujourd’hui souligner que, sans que les paramètres fondamentaux aient changé, la République d’Arménie est désormais un pays disposant d’un potentiel énergétique illimité. C’est là l’un des aspects les plus remarquables de notre époque : un pays peut conserver les mêmes coordonnées géographiques, tout en voyant sa position géographique se transformer ; il peut passer du statut de pays sans ressources énergétiques à celui d’un pays doté d’un potentiel énergétique illimité. Je ne révèle ici aucun secret : aucun gisement de pétrole ou de gaz n’a été découvert en Arménie. Toutefois, comme de nombreux autres pays, la République d’Arménie dispose d’un potentiel énergétique illimité grâce au développement de l’énergie solaire. Notre objectif, dans un avenir proche, est précisément de nous concentrer sur la mobilisation de ce potentiel considérable, notamment dans le secteur énergétique.
Bien entendu, j’ai indiqué qu’aucune modification géographique ou des ressources n’était intervenue autour de la République d’Arménie. Toutefois, un élément a fondamentalement changé : aujourd’hui, la République d’Arménie vit dans un contexte de paix, et la paix est établie entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. C’est là le véritable tournant. Car pourquoi, auparavant, ne percevions-nous pas la qualité de notre position géographique ? L’absence de paix, ou la situation de conflit, obscurcissait notre perception et nous empêchait de voir ce qui était pourtant évident.
Je tiens, en soulignant cet élément, à exprimer une nouvelle fois ma reconnaissance au président de la République française, Emmanuel Macron, dont le rôle dans l’établissement de la paix actuelle est déterminant. En effet, l’architecture dont nous parlons aujourd’hui trouve son origine dans les résultats de la réunion quadripartite tenue le 6 octobre 2022 à Prague, à l’initiative du président Macron et du président du Conseil européen Charles Michel. À cette occasion, l’Arménie et l’Azerbaïdjan ont, en substance, reconnu mutuellement leur intégrité territoriale et leur souveraineté sur la base de la Déclaration d’Alma-Ata, en convenant que cette dernière servirait de fondement au processus de délimitation des frontières entre les deux pays.
Il s’agit d’un moment charnière, et la contribution personnelle du président Macron à ce tournant est difficile à surestimer.
Mesdames et Messieurs,
Chers partenaires,
La conclusion que je tire de tout cela, à travers l’exemple de la République d’Arménie, est la suivante: il apparaît que des changements, même limités aux paramètres visibles, concrets ou physiques, peuvent engendrer des transformations bien plus profondes que ce que nous aurions pu imaginer au départ. Aujourd’hui, j’ai le plaisir de constater que, grâce à ces évolutions, la République d’Arménie a substitué à un agenda de survie un agenda de développement. En effet, ce qui était auparavant perçu comme une menace existentielle, notamment notre position géographique est désormais en voie d’être transformé en un avantage stratégique majeur. La République d’Arménie est aujourd’hui devenue attractive pour les investissements. À cet égard, l’Union européenne a adopté aujourd’hui même une déclaration appelant les investisseurs internationaux à investir en Arménie. Cela constitue une reconnaissance importante du fait que la paix en Arménie est non seulement établie, mais qu’elle bénéficie également d’une crédibilité internationale. Les institutions internationales encouragent désormais les investissements en Arménie, et ces investissements sont déjà en cours. Notre exemple illustre ainsi comment un pays peut, sans découvrir de nouveaux gisements, passer d’un statut de pays sans ressources énergétiques à celui d’un pays disposant d’un potentiel énergétique illimité ; comment un pays peut transformer une position géographique perçue comme défavorable en une position porteuse d’espoir, appelée à jouer un rôle clé dans sa stabilité, sa paix, son développement et sa sécurité. Car la dimension sécuritaire est également essentielle. Le projet que nous présentons devenir un corridor fiable reliant le nord au sud et l’est à l’ouest, constitue aussi un facteur de sécurité durable. En effet, affirmer que le chemin le plus court entre l’Est et l’Ouest passe par la République d’Arménie signifie également qu’il passe par l’Azerbaïdjan et par la Turquie. Il est inconcevable qu’un tel axe traverse l’Arménie sans inclure ses voisins.
C’est précisément là que réside le changement de perception: comme il est d’usage de le dire, nous ne considérons plus les frontières de notre pays uniquement, ni même principalement, comme des lignes de séparation. Certes, la frontière possède par nature une fonction de démarcation, elle distingue les États les uns des autres. Mais nous voyons désormais les frontières également comme des espaces de connexion et de convergence. Dans cette logique, les pays de notre région, en respectant mutuellement leur intégrité territoriale, leur souveraineté, l’inviolabilité de leurs frontières et leur juridiction, peuvent établir une coopération telle que la paix ne sera pas seulement bénéfique pour tous, mais deviendra une nécessité vitale pour chacun. La paix devient ainsi la garantie fondamentale : elle favorise les investissements, génère des revenus, assure la stabilité. Elle devient un mécanisme d’auto-renforcement, car la paix a vocation à se nourrir et à se consolider en permanence. Il s’agit, en réalité, d’un cercle vertueux : la paix engendre la prospérité, la prospérité renforce la paix, la paix favorise une prospérité accrue, et une prospérité plus grande consolide une paix plus durable et plus fiable. Je me réjouis de constater que nous sommes engagés sur cette voie.
Il ne fait aucun doute que nous avançons dans cette direction, une direction fiable qui nous permet de passer d’une position géographique perçue comme défavorable à une position géographique porteuse de confiance, d’évoluer d’une situation jugée peu favorable vers une situation avantageuse, et de sortir de l’isolement international et régional pour aller vers une intégration et une coopération accrues, tant au niveau régional qu’international.
Je souhaite conclure mon intervention sur ce message, en adressant mes félicitations à tous les citoyens de la République d’Arménie, en premier lieu à eux à l’occasion de cette transformation de la position géographique de notre pays.
Je vous remercie.