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Le Premier ministre de la République d’Arménie, Nikol Pashinyan, s’est rendu le 24 janvier au ministère de l’Intérieur afin d’examiner le rapport d’activité du ministère pour l’année 2025.
La ministre de l’Intérieur, Arpine Sargsyan, a présenté les axes prioritaires de l’action du ministère pour 2025 ainsi que l’état d’avancement des approches stratégiques mises en œuvre. Elle a évoqué l’agenda de la numérisation du ministère, les produits numériques déjà mis en exploitation, ainsi que les processus actuellement en cours de numérisation. Les travaux réalisés dans le cadre de la libéralisation des visas entre l’Arménie et l’Union européenne ont également été présentés. Dans ce contexte, le Premier ministre Pahsinyan s’est intéressé à la feuille de route du processus et au stade actuel de sa mise en œuvre. « Nous nous sommes fixé pour objectif d’assurer la mise en œuvre du plan d’actions. Celui-ci est pleinement conforme à nos priorités stratégiques. À ce stade, nous disposons d’un document qui montre que, si l’on examine les actions menées par nos ministères, certaines sont soit déjà en voie d’achèvement, soit en cours de réalisation, tandis que pour d’autres, des solutions ont déjà été discutées, identifiées et doivent être mises en œuvre », a souligné Arpine Sargsyan.
Il a également été question des travaux relatifs à la mise en place de l’infrastructure des passeports biométriques et des cartes nationales d’identité, notamment de l’état d’exécution du contrat de partenariat public-privé. À cet égard, ont été abordés la constitution du réseau géographique du partenaire privé, incluant la sélection et la construction des bureaux territoriaux, le fonctionnement du siège central, ainsi que les aspects liés à la conception graphique des documents et aux composantes de sécurité. En réponse à une question du Premier ministre, la ministre a indiqué que 21 des 22 bureaux prévus avaient déjà été localisés. « Selon nos partenaires français, il sera garanti que les citoyens utilisant ce service puissent accéder à un bureau dans un délai maximal de 30 minutes », a précisé la ministre.
Une attention particulière a été accordée au plan stratégique en matière de migration et de citoyenneté, lequel découle de la stratégie démographique, tout en s’inscrivant dans le cadre du plan d’action sur les visas. L’importance de la composante citoyenneté a été soulignée, ainsi que la nécessité d’une révision globale de cet institut. Il a été indiqué que les demandes d’acquisition de la citoyenneté de la République d’Arménie sont désormais acceptées sous format numérique. « À compter du 1er janvier, l’ensemble du processus est entièrement numérisé. Tous les mécanismes de vérification sont réalisés via la plateforme, y compris la gestion des files d’attente et les procédures de paiement », a précisé la ministre Sargsyan.
La transformation du registre national de la population a également été mise en avant. Il a été souligné que l’objectif est de créer une base de données unique, universelle et fiable, dont chaque donnée disposera d’une force juridique et d’un horodatage. Les différentes institutions ne tiendront plus leurs propres bases de données, et les autorités publiques n’exigeront plus des citoyens la présentation de certificats ou d’informations supplémentaires. Les citoyens auront accès à leurs données personnelles, la possibilité de les exporter, ainsi que de soumettre des demandes de gestion ou de modification de ces données. L’interconnexion avec la base de données de gestion électronique des frontières transformera ce système en un outil particulièrement efficace et performant de gestion des migrations.
Arpine Sargsyan a mis l’accent sur les approches centrées sur le citoyen dans le cadre des services publics liés à l’enregistrement. Elle a notamment présenté les travaux de numérisation relatifs aux permis de conduire et aux véhicules, ainsi qu’aux processus connexes d’immatriculation. Elle a souligné que le permis de conduire et le certificat d’immatriculation ont été numérisés et qu’il n’est désormais plus nécessaire de conserver physiquement ces documents, dès lors que le droit de conduire est valide. La plateforme car.mia.gov.am, lauréate du prix du « Projet innovant », a également été présentée ; le nombre de transactions réalisées via cette plateforme numérique s’élève à environ 600.
En réponse à une question du Premier ministre, la ministre a précisé que chaque citoyen peut accéder à son compte personnel et consulter son permis de conduire numérique. « Les certificats d’immatriculation ont également été numérisés. Par exemple, alors qu’auparavant un patrouilleur pouvait infliger une amende en l’absence de la carte plastique du permis de conduire, aucune sanction administrative n’est désormais appliquée: il est simplement vérifié si la personne dispose ou non du droit de conduire. Nous n’avons plus besoin de la version physique du permis de conduire », a déclaré Arpine Sargsyan, ajoutant que la version physique n’est requise qu’en cas de déplacement hors du territoire arménien, tandis que pour les procédures internes, la version numérique est pleinement suffisante.
La logique de fonctionnement du centre de gestion opérationnelle 112, dont le lancement est prévu en février, a également été présentée. Il a été souligné que ce nouveau module regroupera le centre de gestion opérationnelle de la Police (1-02) et le Centre national de gestion des crises du Service de secours (9-11), avec, dans une seconde phase prévue début 2027, l’intégration des appels d’urgence médicale (1-03). Le Premier ministre s’est par ailleurs enquis du fonctionnement du centre d’appels opérant via le numéro 84-22. En réponse, la ministre Sargsyan a indiqué qu’il s’agit du centre d’appels du Service de la migration et de la citoyenneté. « Les appels sont reçus par les opérateurs via le système et sont entièrement traçables : le moment de la réponse et celui du suivi sont enregistrés », a-t-elle précisé, ajoutant que cette même logique sera mise en œuvre à titre pilote au sein de la Police, ainsi que dans d’autres services publics du ministère.
Par ailleurs, la ministre Arpine Sargsyan a indiqué que les services 102 et 911 sont entièrement numérisés, et que la numérisation complète du système 112 sera finalisée d’ici le 15 février. Le Premier ministre Nikol Pashinyan a souligné que ces services seront regroupés au sein d’un Centre unique de gestion opérationnelle, chargé de déterminer, pour chaque alerte, le service compétent à mobiliser.
Le programme de numérisation des fonctions de la Police criminelle et de la Police communautaire a ensuite été présenté. Interrogée sur l’état d’avancement de ce processus, la ministre a relevé que les services de police conservent encore un volume important de documents papier et de registres nominaux. Elle a précisé que, bien que certaines données puissent être disponibles, les forces de l’ordre ne disposent pas toujours, en situation opérationnelle et en temps réel, d’une vision complète du profil d’une personne, notamment en ce qui concerne d’éventuels antécédents administratifs, des vulnérabilités liées à la santé ou des infractions antérieures. Dans ce cadre, la numérisation permettra à la Police communautaire d’accéder à un ensemble intégré de données, constituant une base centrale d’information, à laquelle viendront s’ajouter les données du Service de patrouille. Cette approche facilitera une coordination plus efficace entre la Police communautaire et la Police criminelle, ainsi qu’une planification ciblée des actions à mener.
Le Premier ministre a noté que cette évolution conduira à la mise en place d’une plateforme unifiée, au sein de laquelle les différents services de police disposeront de niveaux d’accès définis, conformément à leurs compétences respectives.
La ministre a indiqué que le processus de numérisation de la Police communautaire, considéré comme le plus complexe, est désormais achevé, et qu’il offrira également des perspectives d’intégration de solutions fondées sur l’intelligence artificielle. « En parallèle, nous développons le volet de la Police criminelle afin que les enquêteurs puissent également travailler de manière plus efficace », a précisé Arpine Sargsyan, ajoutant que le composant de la Police de patrouille est déjà entièrement numérisé.
Une attention particulière a été accordée au renforcement de la composante éducative, aux projets d’extension du complexe éducatif du ministère de l’Intérieur, ainsi qu’aux approches en matière de gestion des ressources humaines. Les participants ont également abordé les menaces hybrides et le rôle du ministère de l’Intérieur dans ce contexte, en soulignant l’importance d’une communication publique efficace.
Dans le cadre du développement institutionnel de la Police, des solutions structurelles et à long terme ont été examinées, y compris au niveau du cadre juridique et stratégique. Il a été rappelé que la Garde de la Police, mise en service le 1er novembre, assure désormais la garantie effective de l’exercice du droit de réunion pacifique et applique, pour la première fois, des procédures standardisées encadrant l’usage de la force par les agents de police. L’introduction de normes communes et la consolidation d’une culture professionnelle correspondante ont été qualifiées de processus complexes mais indispensables.
Des programmes de formation spécialisés ont été mis en œuvre pour assurer la préparation et la formation continue des agents de la Garde de la Police, dans le cadre desquels environ 3 000 agents ont déjà été formés. La Garde comprend également une unité de négociation et un régiment chargé des opérations tactiques spéciales, unités complémentaires et hautement spécialisées, destinées à répondre de manière efficace aux défis contemporains de la sécurité publique, notamment dans des situations de crise et à haut niveau de risque.
La ministre a présenté une série d’indicateurs attestant de l’efficacité des décisions prises concernant les activités de la Police communautaire, de la Police criminelle et du Service de patrouille. En particulier, 768 kg de stupéfiants de différentes catégories ont été saisis en 2025, ce qui représente une augmentation de 80 % par rapport à l’année précédente.
Au total, 2,5 tonnes de poisson pêché illégalement ont été confisquées, et quatre groupes impliqués dans des escroqueries d’investissement à grande échelle ont été démantelés.
Le nombre d’armes à feu saisies, découvertes ou remises volontairement a augmenté de 42,2 % par rapport à l’année précédente. Un préjudice matériel d’un montant de 25 milliards de drams causé à l’État et aux collectivités locales a été identifié, tandis que près de 98 % des demandes d’escorte relatives aux personnes arrêtées ou placées en détention ont été exécutées. La Police criminelle a enregistré zéro cas d’homicide non élucidé, indicateur que la ministre Sargsyan a particulièrement souligné comme significatif dans le contexte de la prévention de la criminalité. En ce qui concerne le Service de patrouille, le nombre d’infractions pénales détectées est passé de 11 948 en 2024 à 14 969 en 2025. Le nombre de retraits de permis de conduire prononcés par la Police s’est élevé à 5 435, contre une moyenne annuelle de 764 cas sur trois ans enregistrée auparavant par la Police de la circulation. Depuis l’introduction du Service de patrouille, une tendance stable à la baisse du nombre de décès dus aux accidents de la route a été observée : en 2024, le nombre de victimes a diminué de 45 par rapport à 2023, et en 2025, de 50 supplémentaires. Un niveau élevé d’efficacité a également été constaté dans le domaine des infractions administratives : près d’un million de procès-verbaux ont été établis en 2025 par le Service de patrouille, contre une moyenne annuelle d’environ 300 000 auparavant.
Abordant la diminution du nombre de décès liés aux accidents de la route, le Premier ministre a déclaré : « D’une part, on souligne le nombre élevé de personnes privées du droit de conduire, d’autre part, nous constatons une baisse du nombre de victimes. Ces deux indicateurs doivent être présentés conjointement. »
La ministre de l’Intérieur a précisé qu’en 2023, par rapport à 2022, une augmentation du nombre de décès dus aux accidents de la circulation avait été enregistrée. En revanche, en 2024, ce chiffre a diminué de 45 par rapport à 2023, et en 2025, de 50 par rapport à 2024. Elle a souligné que, dans la majorité des 5 435 cas de retrait du permis de conduire, la cause principale était la conduite sous l’influence de l’alcool.
Le Premier ministre a insisté sur le fait que ces données sont intrinsèquement liées et que la perception négative générée autour du nombre de retraits de permis doit être analysée à la lumière de l’impact sur la sécurité routière. « Je tiens à rappeler quel était le climat dans la République en 2022 et 2023, y compris à l’Assemblée nationale et sur les réseaux sociaux, où l’on affirmait que rien n’était entrepris. Or, si ces 5 435 personnes avaient continué à conduire, le nombre de victimes n’aurait pas pu diminuer. Ces deux indicateurs doivent donc être présentés et analysés de manière conjointe », a déclaré le chef du gouvernement.
Par la suite, le Premier ministre s’est enquis des conclusions tirées au sein du ministère de l’Intérieur, notamment concernant le contenu substantiel des réformes mises en œuvre dans le système policier, en s’interrogeant sur la pertinence de l’orientation suivie.
La ministre de l’Intérieur, Arpine Sargsyan, a indiqué que plusieurs indicateurs ont été identifiés qui, selon son évaluation, témoignent de l’efficacité des décisions prises. « Lorsque nous évoquons, par exemple, la Police criminelle, nous constatons qu’en 2025, 768 kg de stupéfiants de différents types ont été saisis, contre 426 kg en 2024. Il ne s’agit pas de petites quantités. Conformément à vos instructions, nous avons concentré nos efforts sur les chaînes de production et d’importation. C’est ce qui explique l’augmentation des saisies de grande ampleur et nous permet de prévenir ultérieurement la circulation de quantités plus réduites. Si l’on considère également le nombre d’armes à feu saisies ou remises volontairement, une augmentation de plus de 42 % a été enregistrée en 2025. Par ailleurs, grâce à l’action du service de patrouille aquatique, 2,5 tonnes de poissons pêchés illégalement ont été saisies l’année dernière, ce qui souligne l’importance accordée au volet préventif », a déclaré la ministre de l’Intérieur. Elle a en outre précisé qu’au sein de la structure globale de la criminalité, un tiers des infractions élucidées relève du Service de patrouille. À cet égard, alors que ce chiffre s’élevait à 11 695 cas en 2024, il atteint environ 15 000 cas en 2025.
Selon Arpine Sargsyan, des évolutions positives sont également observées dans les activités de la Garde de la police. « Nous disposons désormais de patrouilles pédestres de la Garde de la police, qui effectuent des rondes dans les cours d’immeubles, sur différentes places publiques et dans les parcs. Des cas de détection de stupéfiants et d’armes blanches ont été enregistrés. La Garde de la police ne doit pas se percevoir uniquement comme un acteur chargé du maintien de l’ordre lors des rassemblements : ses membres sont des agents de police et doivent, durant toute période disponible, être mobilisés pour l’accomplissement des missions confiées à la police. À cet égard, 146 affaires ont été élucidées en l’espace de deux mois par les agents de la Garde de la police », a conclu la ministre de l’Intérieur.
Parmi les données chiffrées présentées, les statistiques relatives aux passages frontaliers ont également été jugées significatives. Les responsables du secteur ont expliqué qu’en excluant l’année 2020, marquée par la pandémie de Covid-19, l’année 2025 constitue la première période au cours de laquelle la différence entre les entrées et les sorties des citoyens de la République d’Arménie est positive, avec un indicateur particulièrement élevé de 8 660.
Cette évolution a été présentée comme un changement réel de tendance, le solde global des passages frontaliers étant lui aussi exceptionnel, avoisinant +30 500, ce qui témoigne de l’émergence d’une nouvelle situation migratoire en Arménie : le pays est devenu, au-delà de son rôle de transit, une destination d’entrée.
Dans le domaine de la gestion des risques de catastrophes, des réformes législatives, institutionnelles et techniques ont également été présentées. Celles-ci comprennent notamment le concept approuvé de développement du Service de secours, qui prévoit la mise en place d’un modèle structurel nouveau et optimisé, visant à améliorer l’efficacité de la gouvernance du service, la rapidité de l’intervention et l’utilisation ciblée des ressources. Ont également été présentées l’inauguration du bâtiment modulaire de l’unité du Service de secours de Stepanavan, la construction de la station de sauvetage aquatique de Sevan, le bâtiment annexe de l’unité de lutte contre les incendies et de secours d’Eghég¬nadzor, ainsi que l’acquisition de nouveaux véhicules et de nouveaux uniformes.







