Discours et messages

Discours de clôture du Premier ministre lors du débat à l’Assemblée nationale sur le rapport d’exécution du budget de l’État pour l’année 2025

16.06.2026

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Mesdames et Messieurs les Vice-présidents de l’Assemblée nationale,
Mesdames et Messieurs les députés,
Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement,
Cher peuple,

Nous examinons aujourd’hui le rapport d’exécution du budget de l’État pour l’année 2025. La première observation que je souhaite formuler à ce sujet est la suivante : nous avons, en réalité, franchi un cap décisif. Pourquoi prendre l’année 2017 comme référence ? Parce qu’il s’agit de la dernière année ayant précédé la Révolution de velours, populaire, pacifique et non violente. Par rapport à cette année-là, les recettes fiscales du budget de l’État ont augmenté de 135 %. Cela signifie que nous pouvons désormais affirmer avec assurance qu’au cours des huit années qui ont suivi la révolution, les recettes fiscales du budget de l’État de la République d’Arménie ont plus que doublé.

À vrai dire, nous aurions déjà pu avancer cette affirmation en 2024 sur le plan strictement formel, puisque les recettes budgétaires de cette année-là avaient progressé de 106 % par rapport à 2017. Toutefois, cette affirmation conservait encore une part de formalisme, dans la mesure où l’analyse des recettes fiscales doit également tenir compte de l’inflation, laquelle génère mécaniquement une augmentation du volume des transactions économiques.

Or, une fois neutralisé l’effet cumulé de l’inflation enregistrée depuis 2017, nous pouvons affirmer que 2025 est l’année où, selon l’ensemble des paramètres pertinents, les recettes fiscales du budget de l’État ont effectivement doublé par rapport à 2017.

Il s’agit d’un indicateur d’une importance majeure. Certes, il s’agit d’un chiffre, mais derrière ce chiffre se cache une réalité substantielle. Cette réalité est avant tout celle de la croissance de notre économie. Comme cela a déjà été souligné, le produit intérieur brut a plus que doublé, ce qui constitue également un indicateur particulièrement significatif et témoigne du poids croissant de notre économie. Mais je considère également comme essentiel le fait qu’en 2025 nous ayons posé les fondements qui nous permettent d’affirmer que nous pouvons désormais passer à un nouvel agenda. Cet agenda, nous l’avons défini notamment lors des élections législatives de 2026 comme celui de la construction d’un État d’une qualité nouvelle. Et cette possibilité est, bien entendu, liée en premier lieu à plusieurs événements majeurs survenus au cours de l’année 2025.

Je voudrais rappeler que c’est précisément en 2025 que la République d’Arménie et la République d’Azerbaïdjan ont annoncé l’achèvement des négociations sur le projet d’Accord sur la paix et l’établissement de relations interétatiques entre les deux pays, à la suite de la finalisation et de l’approbation du texte de l’accord. Il s’agissait d’un événement d’une importance historique majeure. C’est cet événement qui a rendu possible l’établissement de la paix le 8 août 2025 à Washington, capitale des États-Unis, sous l’impulsion et avec la participation du président Donald Trump.

Nous devons finalement constater que l’année 2025 est celle au cours de laquelle nous avons pleinement acté que nous disposons de la paix, d’une paix établie et consolidée, et qu’en substance le conflit entre la République d’Arménie et la République d’Azerbaïdjan a pris fin.

Nous devons également constater qu’en 2026, ce fait a reçu une légitimité démocratique supplémentaire et a été confirmé par le choix exprimé et le vote du peuple de la République d’Arménie. En effet, par les résultats des élections de 2026, le peuple arménien s’est prononcé en faveur de la paix. Cela signifie que si nous pouvons considérer 2025 comme la meilleure année de la gouvernance révolutionnaire, nous devons désormais nous fixer pour objectif que chaque année qui suit devienne la meilleure année de la gouvernance postrévolutionnaire, y compris dans la logique de gestion et d’orientation des flux budgétaires.

J’ai déjà eu l’occasion de déclarer depuis cette tribune que les paramètres mêmes du budget de l’État pour 2026 nous donnent des raisons d’être optimistes quant à une nette surperformance des recettes prévues pour cette année. Cela est naturellement lié, avant tout, aux résultats économiques que nous avons enregistrés en 2025. Je voudrais notamment revenir sur la décision d’augmenter les pensions de retraite. Certes, cette décision a été adoptée en 2026, mais je souhaite rappeler, y compris pour répondre à certaines spéculations politiques, dans quelles conditions et pour quelles raisons elle a été prise. Vous savez qu’en ce qui concerne l’année 2025, tant les institutions internationales que les institutions arméniennes, ainsi que le budget de l’État lui-même, prévoyaient un taux de croissance économique sensiblement inférieur. Si ma mémoire est bonne, cette prévision s’établissait à 5,2 %. Or, en février 2026, le Comité statistique de la République d’Arménie a publié les résultats définitifs de la croissance économique, révélant que celle-ci avait dépassé les prévisions d’environ deux points de pourcentage.

Je suis convaincu, et cela me paraît évident, que les événements politiques auxquels je viens de faire référence ont largement contribué à ce résultat. Je pense notamment à la conclusion réussie, en mars 2025, des négociations sur le texte de l’accord de paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, puis à l’établissement de la paix à Washington. Ces développements ont créé une nouvelle dynamique économique et généré des impulsions positives qui ont permis à notre économie d’enregistrer une croissance supérieure aux prévisions initiales.

Pour nous, il s’agit également d’un enjeu politique fondamental. Nous parlons constamment de croissance économique, de produit intérieur brut et du développement de l’économie en général. Depuis 2018, notre économie a progressé de 53 %, ce qui représente une augmentation considérable. Le PIB par habitant a plus que doublé. Mais dans notre réalité, un problème récurrent subsiste : les statistiques annoncées depuis cette tribune ne sont pas toujours perçues par les citoyens dans leur vie quotidienne. C’est précisément là que naît le décalage. Notre principal défi politique, mais aussi notre engagement fondamental, consiste à faire en sorte que lorsque cette tribune et les institutions de l’État arménien annoncent des progrès économiques et des indicateurs de développement, les citoyens puissent en constater concrètement les effets dans leur propre vie. C’est la raison pour laquelle, après avoir constaté que la croissance économique de 2025 avait dépassé les prévisions d’environ deux points de pourcentage et tenant compte de l’engagement électoral que nous avions pris en 2021, j’ai décidé que la première réponse concrète devait être une augmentation des pensions de retraite en République d’Arménie. Je tiens à souligner qu’il s’agit directement d’un résultat des performances enregistrées en 2025. Pour la première fois dans l’histoire de la République d’Arménie, la pension moyenne est désormais supérieure au panier minimum de consommation.

Je souhaite également réaffirmer notre engagement, car de nombreuses rumeurs ont circulé avant les élections, laissant entendre que certaines de nos promesses seraient abandonnées après le scrutin. Notre engagement demeure intact. Je tiens toutefois à souligner qu’il ne s’agit pas d’une tâche facile, car toute mesure relative aux pensions implique des dépenses budgétaires considérables. La raison en est simple : lorsqu’une pension est augmentée de 1 000 drams, cette somme peut paraître modeste pour un retraité pris individuellement, mais pour le budget de l’État, elle représente des milliards de drams de dépenses supplémentaires, puisque nous parlons d’environ 650 000 bénéficiaires.

Il s’agit donc de montants extrêmement importants. Notre engagement est qu’à partir de 2028, nous procéderons à une révision des pensions et, au minimum, à leur indexation sur l’inflation, afin que nous ne descendions plus jamais en dessous de ce seuil social fondamental. Je considère également essentiel de souligner que les résultats obtenus en 2025 nous ont permis de mettre en place, à compter du 1er janvier 2026, le système d’assurance maladie. Là encore, il s’agit d’un résultat direct du travail accompli et des décisions prises en 2025. Toutes les décisions nécessaires ont naturellement été adoptées au cours de cette année, et l’exercice budgétaire 2025 a revêtu, à cet égard, une importance déterminante.

Bien que j’aie longuement évoqué cette question durant la campagne électorale, je ne peux, en parlant de l’année 2025, m’empêcher de souligner un fait essentiel : 2025 a été la première année civile au cours de laquelle l’Arménie n’a enregistré ni mort ni blessé en conséquence du conflit arméno-azerbaïdjanais. Parmi les faits souvent évoqués mais qui méritent d’être rappelés figure également celui-ci : en 2025, l’émigration depuis la République d’Arménie s’est arrêtée et a laissé place à une dynamique d’immigration. L’année 2025 est la première année - abstraction faite de la période de la pandémie de Covid-19, qui a naturellement entraîné certaines distorsions statistiques - au cours de laquelle, dans des conditions normales, nous avons observé un arrêt de l’émigration des citoyens de la République d’Arménie et l’apparition d’un solde migratoire positif. En effet, en 2025, le nombre de citoyens revenus en Arménie a dépassé de 8 860 celui des citoyens ayant quitté le pays. Cet élément contribue également à faire de l’année 2025 une année particulièrement importante dans la vie de la République d’Arménie. Je dois affirmer que 2025 constitue sans équivoque une année historique. Les faits que je viens d’évoquer suffisent à eux seuls à en faire une année mémorable dans l’histoire de notre État. Mais il est tout aussi important de souligner que 2025 ne doit pas être considérée comme une simple succession d’événements isolés. Les événements survenus et les décisions prises cette année-là détermineront durablement la trajectoire future du développement de la République d’Arménie. Je tiens une nouvelle fois à souligner que cela est avant tout lié à l’établissement de la paix et aux processus qui en découlent.

L’année 2025 a également marqué, à travers la Déclaration de Washington, la concrétisation du projet TRIPP, un projet appelé à revêtir une importance stratégique non seulement pour la République d’Arménie, mais également pour l’ensemble de la région. Permettez-moi de constater aujourd’hui, avec encore davantage de conviction, que la transformation de la République d’Arménie - passant d’une impasse marquée par la guerre et les conflits à un véritable carrefour de la paix -progresse à un rythme visible et tangible. Je me réjouis également de l’accord de paix conclu entre les États-Unis d’Amérique et la République islamique d’Iran, un développement qui confère au projet « Carrefour de la paix » une actualité et une pertinence accrues. Je souhaite rappeler qu’au sein du projet TRIPP, l’un des aspects les plus importants réside dans le fait qu’il prévoit l’ouverture non seulement des voies de communication d’est en ouest, mais également des corridors reliant le nord au sud et inversement. Je tiens à souligner que ce processus, à savoir le projet TRIPP, ouvrira de manière claire et incontestable les voies de communication entre le golfe Persique et la mer Noire, ainsi qu’entre la mer Méditerranée et la mer Caspienne, comme nous l’avons déjà évoqué à de nombreuses reprises. Cela fera incontestablement de la République d’Arménie un véritable carrefour de la paix et de l’économie.

À cet égard, je tiens à souligner que les décisions que nous avons prises en 2025 produisent déjà des résultats concrets en République d’Arménie. Mes chers collègues, vous souvenez-vous des discussions que nous avons eues dans cette salle lorsque nous évoquions les trois protocoles d’accord signés entre la République d’Arménie et les États-Unis ? Les débats avaient alors été particulièrement nourris: quelles obligations ces protocoles imposaient-ils aux parties ? Que signifiaient-ils réellement ? Quel impact allaient-ils avoir ? Certains n’y voyaient qu’un simple morceau de papier. Pourtant, je voudrais que nous prenions pleinement conscience du rythme des transformations en cours, car il est hautement probable, et permettez-moi d’exprimer la conviction que le rythme même de notre vie est appelé à changer, tout comme celui de notre développement. Le 8 août 2026, à Washington, le président Trump et moi-même avons signé un protocole d’accord sur la coopération dans les domaines de l’intelligence artificielle et des technologies. Ce document a été largement critiqué par l’opposition en Arménie, qui le présentait comme un texte sans portée réelle et sans aucun avantage concret. Et à peine dix mois se sont écoulés que nous disposons déjà d’un centre d’intelligence artificielle et d’un supercalculateur à l’Université d’État d’Erevan. Nous disposons également d’une usine d’intelligence artificielle dans la localité de Gagarin. Par ailleurs, la décision est d’ores et déjà prise, ce sera en juin, ou peut-être en juillet, puisque cela figure déjà à mon agenda, de lancer également à Hrazdan une deuxième usine d’intelligence artificielle, porteuse d’un potentiel d’investissement de 5 milliards de dollars. C’est précisément là que se pose la question à laquelle j’ai déjà fait référence. Car, avec ces avancées, nos défis ne diminuent pas ; au contraire, ils augmentent. En effet, les usines d’intelligence artificielle accroissent la consommation d’énergie électrique dans des proportions que l’on peut qualifier, sans exagération, de progression géométrique. Alors qu’il y a seulement un an ou un an et demi, nous pouvions considérer que nous disposions d’un excédent très important d’électricité et que notre défi consistait à trouver les moyens de l’utiliser, ce n’est déjà plus le cas aujourd’hui. Nous devons désormais réfléchir aux nouvelles capacités de production qu’il nous faut générer afin de concrétiser ce potentiel d’investissement de 5 milliards de dollars dont nous disposons déjà à travers le seul programme Firebird. Bien entendu, nous prenons également des mesures très concrètes dans cette direction, et nous avons de bonnes nouvelles à cet égard. Ces derniers jours encore, le ministre des Affaires étrangères est en visite auprès de l’Union européenne ; des discussions se sont tenues au format des ministres des Affaires étrangères, et l’Union européenne a réaffirmé son engagement à fournir un soutien accéléré au développement des installations de stockage d’énergie en Arménie. Cela signifie que nous avançons, et continuerons d’avancer, à grands pas vers une indépendance énergétique accrue et une sécurité plus fiable. Il est désormais établi que, notamment dans le domaine de l’énergie solaire, nous disposons d’un potentiel pratiquement illimité; il ne nous reste qu’à le mettre pleinement en valeur. Les possibilités de concrétiser ce potentiel prennent aujourd’hui une forme tangible, et nous poursuivrons résolument cette voie. Nous avons déjà adopté un programme gouvernemental visant à accélérer et à encourager les investissements dans les installations de stockage d’énergie, tant dans le secteur privé que dans le secteur productif. C’est selon cette logique que nous devons poursuivre notre progression.

Chers collègues, nous procédons aujourd’hui au bilan des travaux de l’Assemblée nationale de la huitième législature. Je souhaite également profiter de cette occasion pour exprimer ma gratitude aux députés de cette législature pour le travail accompli ensemble au cours de cette période. Nous avons, en effet, traversé un chemin particulièrement difficile. Mais le mot essentiel est bien « traversé », car nous avons parcouru ce chemin jusqu’au bout. J’espère que les données que je viens de présenter ont permis de transmettre ce sentiment : en franchissant cette étape, nous sommes parvenus à une réalité entièrement différente de celle dont nous étions partis.

Bien entendu, les défis demeurent présents et se concrétisent. Je tiens à souligner en premier lieu que, à deux reprises, dans des conditions extrêmement difficiles, nous avons réussi à garantir l’expression de la volonté des citoyens de la République d’Arménie. Je voudrais rappeler dans quel contexte se sont déroulées les élections législatives de 2021 : malgré les circonstances, les citoyens de la République d’Arménie ont pu exercer librement leur droit de vote. Il en a été de même lors des élections législatives de 2026, au cours desquelles les citoyens ont également eu la possibilité d’exprimer librement leur volonté. Cependant, dans un contexte et des conditions que vous connaissez, nous avons été confrontés à des défis entièrement nouveaux. La réponse à ces défis, ainsi que la mise en place de mécanismes appropriés pour y faire face, devront constituer l’un des axes majeurs de notre agenda politique dans la période à venir. En particulier, nous devons dès à présent instaurer des garanties empêchant les forces politiques qui recourent à l’achat de voix et agissent selon cette logique de disposer de la moindre possibilité d’exercer une influence politique en République d’Arménie. Je tiens également à constater que l’opposition parlementaire qui se forme au sein de la neuvième législature de l’Assemblée nationale est, en substance, le produit d’activités totalement illégales. Il serait même difficile de la qualifier de véritable entité politique. La République d’Arménie est pleinement fondée, dans le cadre de ses droits légitimes, à priver les acteurs et les réseaux impliqués dans ces processus de toute possibilité de poursuivre une activité politique à l’avenir. Pour cela, la République d’Arménie doit prendre les mesures nécessaires, et nous avons assume, puis réaffirmé, cet engagement durant la campagne électorale des élections législatives de 2026. Bien entendu, les citoyens de la République d’Arménie étaient également en droit de demander pourquoi ces problèmes n’avaient pas encore été résolus. Nous avons tenté de l’expliquer, et la réalité est bien la suivante : en l’absence de paix, la résolution de telles questions devient considérablement plus difficile.

Car il faut le dire de manière claire et directe : durant la période qui a suivi les élections de 2021, ainsi que celle ayant suivi les élections de 2020, la priorité absolue du Gouvernement de la République d’Arménie et de la majorité parlementaire a été l’agenda de la paix. Toutes les ressources disponibles et toute l’énergie politique ont été concentrées sur la résolution de cette question.

Cette orientation reposait sur une raison fondamentale : le programme d’action du Gouvernement pour la période 2021-2026, adopté dans cette même salle le 24 août 2021, s’ouvrait sur le constat que l’ouverture d’une ère de développement pacifique pour la République d’Arménie et pour la région constituait l’engagement le plus important pris devant le peuple par la majorité parlementaire et par le Gouvernement. Les plus grands efforts et la plus grande énergie ont donc été consacrés à l’accomplissement de cet engagement. La bonne nouvelle et c’est un fait véritablement remarquable, est que, comme j’ai déjà eu l’occasion de le souligner, la République d’Arménie a non seulement poursuivi son développement normal au cours de cette période, mais a également enregistré une croissance économique qui a été, dans les faits, supérieure à la moyenne mondiale, ainsi qu’à la moyenne de l’Union économique eurasiatique.

Mais je dois également dire très clairement et je ne crois pas avoir déjà eu l’occasion de le formuler avec une telle insistance que le processus d’éradication du système criminel-oligarchique enraciné en Arménie a manifestement été accompagné, et devait l’être, d’influences extérieures, pour des raisons à la fois objectives et subjectives. Je peux aujourd’hui en parler ouvertement, parce que cela s’est déjà manifesté, parce que c’est désormais évident et visible de tous. Je ne révèle aucun secret ; je ne fais que mettre en mots ce qui est sous les yeux de chacun. Ces processus visant à démanteler le régime criminel-oligarchique en République d’Arménie pouvaient également engendrer certaines menaces pour la sécurité de notre pays. Oui, il y a eu des situations et je ne souhaite plus le dissimuler, où nous sommes arrivés à un point où nous avons compris que la poursuite de certaines actions pouvait provoquer des réactions susceptibles d’avoir des conséquences existentielles pour la République d’Arménie, sous la forme de menaces sécuritaires aggravées. C’est une réalité que je me dois de mentionner et de consigner au moment où nous dressons le bilan des travaux de la huitième législature de l’Assemblée nationale. Aujourd’hui, notamment en raison des circonstances que je viens d’évoquer, ces risques ont été surmontés. Je tiens donc à réaffirmer qu’à aucun moment, pas une minute, pas une seconde, nous n’avons conclu le moindre compromis avec le système criminel-oligarchique. Pas une minute, pas une seconde. Nous avons simplement pris conscience qu’il existe des situations qui exigent de notre part une vigilance redoublée, voire triplée, et parfois même une certaine retenue dans le rythme de nos actions, afin de ne pas provoquer des réactions extérieures susceptibles d’entraîner pour l’Arménie des conséquences comparables à celles que nous avons connues, par exemple, en août et en septembre 2022. Aujourd’hui, je déclare de manière responsable que tous ces risques ont été surmontés, maîtrisés et, dans les faits, n’existent plus. Dès lors, rien n’empêche plus le Gouvernement de la République d’Arménie, le peuple arménien et la majorité politique de concentrer pleinement leurs efforts sur l’éradication de l’oligarchie criminelle en Arménie, y compris des forces politiques qui recourent à l’achat de voix. Je peux affirmer que ce processus est déjà engagé. Il ne pourra être arrêté d’aucune manière et sera mené jusqu’à son terme. Je suis convaincu que, dans les années à venir, à l’occasion de la présentation des rapports sur l’exécution du budget de l’État, j’aurai l’opportunité de rendre compte devant l’Assemblée nationale de cette question avec un niveau de détail toujours plus approfondi.

Néanmoins, je ne peux m’empêcher de souligner que, malgré tous ces défis, entre 2018 et 2026, nous avons restitué à la République d’Arménie près de 8 milliards de dollars d’actifs dissimulés, détournés, pillés ou aliénés de manière illégale. Et ce processus se poursuit encore aujourd’hui. En réalité, la restitution des avoirs et des fonds issus de biens spoliés est devenue une composante incontournable de l’actualité quotidienne en République d’Arménie. Nous en sommes témoins chaque jour, chaque semaine, chaque mois, et il ne fait aucun doute que cette dynamique continuera de s’intensifier et de s’accélérer.

Chers collègues, compte tenu du fait qu’il s’agit, en substance, de ma dernière intervention devant l’Assemblée nationale de la huitième législature dans le cadre de l’examen du rapport sur l’exécution du budget de l’État, puisque je n’aurai plus l’occasion de m’exprimer dans ce format budgétaire, je souhaite une nouvelle fois remercier les députés de la huitième législature pour le travail accompli ensemble au cours de cette période ainsi que pour les résultats obtenus collectivement.

Je vous remercie.

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