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Visite de travail du Premier ministre Nikol Pashinyan à Strasbourg
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Le Premier ministre de la République d’Arménie, M. Nikol Pashinyan, est arrivé à Strasbourg. À l’aéroport, il a été accueilli par Mme Christel Schaldemose, vice-présidente du Parlement européen et membre du Parti social-démocrate.
Aujourd’hui, M. Nikol Pashinyan prononcera un discours au Parlement européen. Dans le cadre de sa visite, une rencontre est également prévue entre le Premier ministre et Mme Roberta Metsola, Présidente du Parlement européen.
* * *
À Strasbourg, une rencontre a eu lieu entre le Premier ministre de la République d’Arménie, Nikol Pashinyan, et la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola.
Avant la réunion, une cérémonie officielle d’accueil du Premier ministre a eu lieu, après laquelle Nikol Pashinyan a apposé sa signature dans le « Livre d’or » du Parlement européen.
Roberta Metsola a salué la visite du Premier ministre et a souligné que la rencontre d’aujourd’hui, ainsi que le discours du Premier ministre Nikol Pashinyan, constituaient une occasion importante de revenir sur le développement futur des relations entre l’Arménie et l’Union européenne, ainsi que sur le processus de réformes démocratiques et institutionnelles en cours en Arménie.
Le Premier ministre Nikol Pashinyan a remercié pour l’invitation et a souligné que le gouvernement de la République d’Arménie est déterminé à développer de manière cohérente la coopération avec l’Union européenne. Le Premier ministre a également hautement apprécié le soutien continu de l’UE dans la promotion des réformes en Arménie.
Les interlocuteurs ont discuté de plusieurs questions à l’ordre du jour de la coopération Arménie-Union européenne. L’entretien a également porté sur les développements régionaux, en mettant l’accent sur l’importance des efforts visant à renforcer la paix et la stabilité.
* * *
Roberta Metsola – Bonjour à toutes et à tous, bon matin. Je souhaite la bienvenue chaleureusement à Monsieur le Premier ministre, cher Monsieur Pashinyan.
C’est un grand plaisir de vous accueillir à nouveau dans notre maison de la démocratie. Merci de vous être joint à nous aujourd’hui, et j’attends avec impatience votre intervention en séance plénière, qui aura lieu dans quelques minutes.
Tout d’abord, permettez-moi de dire ceci : lorsque l’Europe regarde l’Arménie, nous voyons un ami, un partenaire, et j’espère que lorsque l’Arménie regarde vers l’Europe, vous aussi voyez un partenaire et un allié. Sous votre direction, cher Premier ministre, de grands progrès ont été accomplis depuis notre précédent Parlement européen à Copenhague en octobre dernier. L’Union européenne et l’Arménie ont convenu d’une nouvelle agenda stratégique dans le cadre du partenariat UE-Arménie. Cette initiative soutiendra les réformes démocratiques, renforcera la résilience économique, consolidera l’État de droit et approfondira la coopération dans le domaine de la sécurité. Nous saluons également le fait qu’un programme d’action pour la libéralisation des visas a été présenté. Tout cela contribue à l’objectif global de l’Europe de renforcer notre coopération dans différents domaines, et je suis convaincue que nos parlements continueront à jouer un rôle de premier plan pour rapprocher votre pays de notre Union.
Ainsi, nous sommes impatients de poursuivre nos discussions, qui auront lieu la semaine prochaine dans le cadre de la réunion de la Commission parlementaire de partenariat Union européenne-Arménie, à laquelle nous accordons de grandes attentes, et nous attendons également avec le même enthousiasme de participer au sommet de la Communauté politique européenne, pour lequel je me rendrai à Erevan.
Ces derniers jours, dans le contexte des événements en Iran, l’Arménie est devenue un corridor humanitaire crucial. Je tiens à vous remercier, comme je l’ai fait il y a quelques instants lors de notre rencontre bilatérale, pour avoir contribué à l’évacuation des citoyens européens.
Merci, Monsieur le Premier ministre, la parole est à vous.
Nikol Pashinyan – C’est un honneur pour moi d’être accueilli ici par vous, comme vous l’avez mentionné, dans la maison de la démocratie. Nous ressentons, de temps à autre, la nécessité et le besoin de revenir dans la maison de la démocratie pour vérifier et comparer notre horloge des réformes démocratiques avec celle de la maison de la démocratie, afin de nous assurer que le processus de nos réformes démocratiques progresse dans la bonne direction, au bon rythme et dans la bonne voie.
Et bien sûr, c’est un grand honneur pour nous de bénéficier du soutien de l’Union européenne et du Parlement européen dans notre cheminement vers des réformes démocratiques. Dans mon discours d’aujourd’hui, j’ai également l’occasion de partager les avancées réalisées au cours des deux dernières années et demie sur les thèmes que nous avons précédemment eu l’occasion de discuter. La principale chose que j’ai également soulignée lors de la rencontre, c’est qu’en 2025, la loi « Sur le lancement du processus d’adhésion de la République d’Arménie à l’Union européenne » a été adoptée et est entrée en vigueur. Cela ouvre une nouvelle phase historique dans les relations entre l’Arménie et l’Union européenne et constitue un nouvel élan pour poursuivre le processus de réformes démocratiques.
Comme vous l’avez mentionné, l’Arménie et l’Union européenne ont adopté une nouvelle feuille de route stratégique qui élève nos relations à un niveau supérieur. Nous négocions actuellement activement la question de la libéralisation des visas. Dans ce cadre, l’Arménie bénéficie également du soutien de l’Instrument européen pour la paix, et la mission d’observateurs civils de l’Union européenne poursuit son action en Arménie, un rôle difficile à surestimer. Dans l’ensemble, notre dialogue politique à haut niveau se poursuit à tous les niveaux : exécutif, législatif et société civile. Je me réjouis également de constater que nous avons un programme substantiel de coopération économique.
Je tiens encore à vous remercier pour cette invitation et cette opportunité et je suis impatient de vous accueillir à Erevan au début du mois de mai pour le sommet de la Communauté politique européenne.
Question – Madame Metsola, ma question vous est adressée : compte tenu du soutien continu du Parlement européen à la démocratie en Arménie, le Parlement européen prévoit-il des mesures pour renforcer sa présence sur le terrain, dans le pays, afin d’approfondir les relations avec toutes les forces politiques et soutenir un dialogue inclusif avec toutes les parties ? Merci.
Roberta Metsola – Merci beaucoup pour cette question. Tout d’abord, comme vous l’avez peut-être remarqué dans mon discours et dans celui du Premier ministre, il y a un engagement très fort à approfondir les liens avec l’Union européenne. Nous saluons l’engagement constant de l’Arménie au niveau parlementaire. Dans notre cas, il s’agit d’un dialogue politique, mais aussi de coopération dans les domaines de la sécurité, du commerce et de la connectivité régionale. Nous souhaitons vraiment approfondir notre coopération et, dans ce cadre institutionnel, nous le déclarons depuis des années : nos relations avec l’Arménie se sont considérablement renforcées, et conformément à l’engagement récent de nos amis arméniens, nous continuerons à approfondir ces relations. C’est pourquoi nous avons souhaité inviter aujourd’hui le Premier ministre, et il s’agit seulement d’une première étape dans le cadre de notre mandat. La semaine prochaine, se tiendra la réunion de la Commission parlementaire de partenariat Europe-Arménie, et en mai se tiendra également le premier sommet de l’Union européenne-Arménie dans l’histoire de nos relations.
En ce qui concerne notre présence sur le terrain, ces décisions sont prises par le Bureau du Parlement européen. Il y a quelques mois, nous avons décidé d’ouvrir un bureau en Moldavie, en novembre dernier, qui couvrira toute la région du Partenariat oriental, y compris l’Arménie. Nous réaffirmons ainsi notre engagement total envers tous nos amis du Partenariat oriental.
Question – Bonjour, Monsieur le Premier ministre. Concernant les liens actuels avec l’Union européenne, pourriez-vous préciser quelle est la prochaine étape et quel calendrier est prévu pour le processus d’intégration de l’Arménie à l’Union européenne ? Et, compte tenu de la situation actuelle, notamment sécuritaire dans la région, l’Arménie prévoit-elle de renforcer sa coopération avec l’Europe dans le domaine de la défense, par exemple en participant à des programmes comme « SAFE » ? Discutez-vous actuellement avec des partenaires européens de l’opportunité d’accroître l’assistance à l’Arménie dans le domaine de la sécurité régionale ? Merci.
Nikol Pashinyan – Comme vous le savez, nous coopérons déjà avec les pays de l’Union européenne dans le domaine de la sécurité. Nous avons une coopération dans le domaine technico-militaire avec la France et, comme je l’ai déjà mentionné, nous avons reçu deux fois le soutien de l’Union européenne via l’Instrument européen pour la paix. Dans l’ensemble, nous coopérons avec l’UE dans le contexte régional, et récemment, la paix établie avec l’Azerbaïdjan nous permet d’élargir notre coopération avec l’Union européenne, y compris dans les projets d’infrastructure.
Pour répondre à votre question, je souhaite souligner un point subtil que je mentionne souvent également à l’intérieur de l’Arménie. En général, lorsque l’on parle de sécurité, on pense souvent à l’armement, à l’armée, aux services spéciaux et aux opérations opérationnelles. Nous avons longtemps, pendant 30 ans, eu cette perception. Le principal problème, selon moi, et le changement de perception fondamental, est que la sécurité se définit désormais en termes de garanties de sécurité. Pour moi, il est évident que la seule garantie de sécurité est la paix. Il n’existe pas de garantie plus fiable que la paix. La deuxième couche de la sécurité repose sur la coopération, l’interconnexion, la coopération économique et le bénéfice mutuel. Bien sûr, nous avons récemment développé une coopération technico-militaire avec les États-Unis et plusieurs pays européens, ce que nous n’avions jamais eu auparavant. Cependant, nous comprenons que le développement de l’armée est important et qu’il relève non seulement du droit mais aussi du devoir de tout État souverain. Nos perceptions de la sécurité évoluent avec le temps, passant d’une approche strictement militaire à une approche davantage politique et diplomatique. Je pense que nous devons mettre l’accent sur cette logique. En Arménie, j’explique que l’armée n’est pas un instrument de sécurité mais une réserve de sécurité, pour le cas où les instruments primaires que j’ai mentionnés, la paix, la coopération et l’interaction, ne fonctionnent pas.
* * *
Monsieur le Président du Parlement européen, Chers députés,
C’est un honneur pour moi de vous informer que depuis mon précédent discours, prononcé depuis cette tribune le 17 octobre 2023, des changements d’une importance historique se sont produits en Arménie et, plus généralement, dans le Caucase du Sud, changements qui revêtent une portée centenaire, voire millénaire.
Et il ne s’est écoulé depuis mon précédent discours que deux ans et cinq mois.
Le changement le plus marquant est l’établissement de la paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, officialisée le 8 août 2025 à Washington, capitale des États-Unis, lorsque le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev et moi-même avons signé, à la Maison Blanche, une Déclaration conjointe qui a établi, de fait, la paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.
La Déclaration a également été signée en tant que témoin par le président des États-Unis, Donald Trump.
Auparavant, les ministres des Affaires étrangères de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan avaient paraphé, en présence du président des États-Unis, du président de l’Azerbaïdjan et de moi-même, « l’Accord sur l’établissement de la paix et des relations interétatiques entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan ».
La Déclaration de Washington a également permis de résoudre la question cruciale et sensible du déblocage des liaisons régionales.
Dans le troisième point de la Déclaration, il est ainsi stipulé (citation) : « Nous réaffirmons l’importance de l’ouverture des communications entre les deux pays pour le transport national, bilatéral et international, fondée sur le respect de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de la légitimité des États, afin de promouvoir la paix, la stabilité et la prospérité dans la région et ses alentours. Ces efforts incluront la communication sans entrave entre la partie principale de la République d’Azerbaïdjan et la République autonome du Nakhitchevan à travers le territoire de la République d’Arménie, ainsi que des avantages mutuels pour l’Arménie en matière de communication internationale et nationale.» (fin de citation)
Et dans le quatrième point de la Déclaration, il est mentionné (citation) : « La République d’Arménie collaborera avec les États-Unis d’Amérique et, mutuellement, avec des tiers convenus, afin de définir le cadre de mise en œuvre du programme de communication "La voie de Trump pour la paix et la prospérité internationale" (TRIPP) sur le territoire de la République d’Arménie. Nous affirmons notre détermination à entreprendre tous les moyens nécessaires de bonne foi afin d’atteindre cet objectif dans les plus brefs délais.» (fin de citation)
Et dans le quatrième point de la Déclaration, il est mentionné (citation) : « La République d’Arménie collaborera avec les États-Unis d’Amérique et, mutuellement, avec des tiers convenus, afin de définir le cadre de mise en œuvre du programme de communication "La voie de Trump pour la paix et la prospérité internationale" (TRIPP) sur le territoire de la République d’Arménie. Nous affirmons notre détermination à entreprendre tous les moyens nécessaires de bonne foi afin d’atteindre cet objectif dans les plus brefs délais. » (fin de citation)
Le programme TRIPP est actuellement en phase de cristallisation. Le 13 janvier, les gouvernements des États-Unis et de l’Arménie ont adopté le cadre de mise en œuvre de TRIPP. Dans un avenir proche, un accord correspondant sera signé entre l’Arménie et les États-Unis et le la mise en œuvre pratique du projet sera lancée.
Ce programme, issu du projet du Gouvernement arménien intitulé « Carrefour de la Paix », créera de nouvelles possibilités de transport d’est en ouest et dans le sens inverse, ainsi que du sud vers le nord et dans le sens inverse, ce qui constitue également un changement majeur. Il est important de souligner que j’ai évoqué pour la première fois le projet « Carrefour de la Paix » le 17 octobre 2023, depuis cette tribune du Parlement européen. Les développements décrits ci-dessus ouvrent de nouvelles perspectives pour l’Union européenne et pour l’Arménie, en termes de renforcement et de concrétisation de la coopération dans le domaine des communications et des transports.
Monsieur le Président du Parlement européen,
Chers députés,
L’image positive que je présente est certes assombrie par les événements qui se déroulent dans notre voisinage immédiat, en République islamique d’Iran et dans plusieurs pays du Moyen-Orient. L’Iran est notre bon ami, notre voisin millénaire. Vous avez déjà constaté l’ampleur de nos relations avec les États-Unis.
Les Émirats arabes unis, le Qatar, Oman, le Koweït, la Jordanie, le Liban, Bahreïn et la Syrie sont nos bons partenaires. Avec l’Arabie saoudite, nous avons récemment accompli une étape historique en établissant des relations diplomatiques. Nous éprouvons une profonde douleur en observant les événements qui se déroulent au Moyen-Orient. Dans le cadre de cette crise internationale d’une ampleur exceptionnelle, notre petit État modeste se trouve particulièrement vulnérable. Il ne nous reste alors que de prier pour le repos des âmes de toutes les victimes et pour que la sagesse guide nos partenaires dirigeants, afin qu’ils parviennent au plus tôt à des solutions diplomatiques.
Chers députés,
Monsieur le Président du Parlement européen,
Depuis huit mois maintenant, une paix complète est établie le long de la frontière arméno-azerbaïdjanaise. L’année 2025 est devenue la première année civile depuis notre indépendance, en 1991, au cours de laquelle aucun décès ni blessure n’a été enregistré en raison des tirs le long de la frontière. Depuis plusieurs mois déjà, les habitants des localités frontalières n’entendent plus le bruit des tirs.
De plus, pour la première fois depuis notre indépendance, en novembre 2025, un train est arrivé en République d’Arménie en passant par le territoire de l’Azerbaïdjan et également par la Géorgie. Cela s’est produit après que, en octobre 2025, le président de l’Azerbaïdjan a annoncé qu’il levait les restrictions sur le transport ferroviaire à destination de l’Arménie via le territoire azerbaïdjanais, et je remercie le président de l’Azerbaïdjan pour cette décision.
De notre côté, nous avons déclaré être prêts dès aujourd’hui à assurer le transit de l’Azerbaïdjan vers la Turquie et dans le sens inverse, car nous pouvons le faire avec nos infrastructures actuelles. Ni l’Azerbaïdjan, ni la Turquie n’ont encore profité de cette opportunité.
Je suppose que cela est dû à la crainte que cette solution ne retarde la mise en œuvre du projet TRIPP. Depuis cette tribune, je déclare officiellement que l’Arménie n’a ni l’intention, ni aucune raison de retarder la mise en œuvre du projet TRIPP, car ce projet correspond pleinement aux intérêts à court, moyen et long terme de la République d’Arménie et, comme vous l’avez vu dans les citations précédentes, il ne porte aucunement atteinte à la souveraineté, à l’intégrité territoriale ni à la légitimité de la République d’Arménie.
Je souhaite également préciser que la République d’Arménie est prête, dès aujourd’hui, à assurer, avec les infrastructures existantes, la liaison routière entre les régions occidentales de l’Azerbaïdjan et la République autonome du Nakhitchevan via l’itinéraire Khorndzor-Goris-Yeghegnadzor-Yeraskh.
Cette proposition n’a pas pour but de retarder, de perturber ou de mettre de côté les accords de Washington, et je le déclare officiellement. Nous faisons ces propositions parce que nous utilisons, comme je l’ai mentionné, le chemin de fer azerbaïdjanais d’une manière légèrement alternative. Tout comme l’Azerbaïdjan attend l’ouverture de la liaison ferroviaire à travers le territoire arménien vers le Nakhitchevan, nous attendons, de même, l’établissement d’une liaison ferroviaire entre le sud et le nord de l’Arménie via le territoire du Nakhitchevan. Cette voie ferroviaire est irremplaçable pour l’Arménie, car le relief montagneux du pays ne permet pas d’autre liaison ferroviaire entre le sud et le nord. Comme vous le constatez, les attentes de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan ne sont pas contradictoires.
Nous prévoyons également d’utiliser le chemin de fer Géorgie-Azerbaïdjan pour l’exportation. J’espère que, dans un avenir proche, l’Azerbaïdjan deviendra également une destination d’exportation pour l’Arménie. Par ailleurs, l’Arménie importe déjà des produits pétroliers depuis l’Azerbaïdjan, ce qui a permis de réduire les prix des produits pétroliers sur notre marché et de rompre avec les monopoles établis depuis des décennies.
Je tiens à remercier également le Premier ministre de la Géorgie pour son soutien à la liaison ferroviaire entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan et, plus généralement, au processus de paix.
Mesdames et Messieurs,
Sur les plateformes internationales, on me demande très souvent pourquoi, finalement, la paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan est devenue possible en 2025, alors qu’elle ne l’était pas auparavant. Quelle en est la raison ? Qu’est-ce qui a finalement changé ?
Tout d’abord, bien sûr, l’implication personnelle et l’initiative du président des États-Unis, Donald Trump, ont été essentielles et décisives.
Le deuxième facteur qui a rendu la paix possible est la prise de conscience de l’interdépendance de l’histoire de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan au cours des cent dernières années. En 1918, les deux pays ont accédé à l’indépendance le même jour. Deux ans plus tard, en 1920, ils ont perdu cette indépendance à quelques mois d’intervalle.
En 1991, l’Arménie et l’Azerbaïdjan ont de nouveau retrouvé leur indépendance à quelques mois d’intervalle, ou même, pourrait-on dire, le même jour, lorsque la Déclaration d’Alma-Ata a constaté la fin de l’existence de l’Union soviétique.
En 1920, les affrontements arméno-azerbaïdjanais ont été l’un des facteurs déterminants qui ont empêché les deux pays de préserver leur indépendance et de la développer.
Aujourd’hui, un siècle plus tard, nous vivons dans une région tout aussi complexe, et les tempêtes géopolitiques, comme au début du XXᵉ siècle, ne nous épargneront pas si nous ne prenons pas nous-mêmes soin de notre avenir. Car le conflit et l’hostilité sont des virus qui nous aveuglent, rendent notre indépendance et notre État vulnérables et font de nous une cible tentante pour les maladies géopolitiques mortelles. Ainsi, la prise de conscience de l’interdépendance stratégique de nos destins est l’autre facteur essentiel qui a rendu possible la paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan․
Afin d’éviter toute interprétation erronée, je tiens à souligner qu’il s’agit de mon opinion personnelle. Selon ma conviction personnelle, en mars-avril 2024 nous étions arrivés au bord de l’effondrement de l’État arménien, et si, en avril 2024, nous n’avions pas pris la décision d’engager le processus de délimitation de la frontière avec l’Azerbaïdjan, la République d’Arménie se trouverait aujourd’hui, au mieux, sous administration extérieure.
De plus, prendre cette décision de délimitation fut extrêmement difficile. Avec l’encouragement de celui qui est de facto à la tête de notre Église, l’un des archevêques avait lancé en Arménie un mouvement exigeant non seulement de ne pas procéder à la délimitation, mais aussi, en substance, de réactiver le mouvement du Karabakh, autrement dit le conflit.
Des dizaines de milliers de citoyens, influencés par la campagne de désinformation menée par certains hauts représentants du clergé et par les forces d’opposition qui les soutenaient, affirmant que le gouvernement s’apprêtait à céder à l’Azerbaïdjan des territoires souverains de l’Arménie, ainsi que des églises anciennes et des localités situées sur ces territoires, sont descendus dans la rue.
Vous pouvez imaginer ce que cela signifiait pour notre gouvernement et pour notre équipe politique, arrivés au pouvoir à la suite de la révolution populaire, non violente, dite « de velours », de 2018.
Et comment avons-nous résolu ce problème ? Nous avons parlé avec notre employeur, le peuple.
Aujourd’hui, le village de Kirants, dans la région de Tavouch, que les dirigeants du mouvement ecclésiastico-oppositionnel avaient érigé en symbole en convainquant les gens que le village serait abandonné et vidé de ses habitants, a connu, après la délimitation et grâce au soutien du gouvernement, une augmentation d’environ 50 % du nombre de maisons. Il est aujourd’hui une localité absolument paisible, sûre et colorée.
Quant aux églises anciennes, elles sont restaurées ou rénovées.
Personnellement, j’organise des visites et des excursions de groupes de citoyens dans le village de Kirants, dans la région de Tavouch, afin de montrer concrètement ce que nous entendons par paix et ce que j’entends par « Arménie réelle », dont le symbole, l’image du territoire internationalement reconnu de la République d’Arménie, je porte sur ma poitrine.
Ceci est également un symbole de paix, car la paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan a été établie sur la base de la reconnaissance mutuelle de l’intégrité territoriale, de la souveraineté et de l’indépendance politique, conformément à la Déclaration d’Alma-Ata du 21 décembre 1991. Selon cette déclaration, l’Azerbaïdjan soviétique est devenu l’Azerbaïdjan indépendant, l’Arménie soviétique est devenue l’Arménie indépendante, et ceci représente le contour de la carte du territoire de l’Arménie indépendante.
Je ne me serais pas attardé sur l’implication de certains membres du clergé dans ce processus mené contre la paix si je n’avais pas constaté comment les émissaires de ces ecclésiastiques, ainsi que les représentants de certaines organisations de lobbying qui leur sont liées, tentent, au Parlement européen et dans d’autres institutions internationales de premier plan, de diffuser l’idée selon laquelle le gouvernement arménien restreindrait la liberté de conscience, qu’une dictature serait en train de s’établir en Arménie, et qu’il y aurait des prisonniers politiques dans le pays.
La réalité est que certains ecclésiastiques, qui ont cyniquement violé toutes les règles de la morale spirituelle, se sont ainsi eux-mêmes rendus vulnérables aux services spéciaux étrangers, le fait que certains d’entre eux aient été agents du KGB de l’URSS étant attesté par des documents. Ces ecclésiastiques ont pris la tête, en République d’Arménie, du parti de la guerre, rassemblant autour d’eux les anciens dirigeants de l’Arménie, certaines forces qui leur sont liées, ainsi que certains oligarques pro-russes et pro-biélorusses, et tentent de sacrifier l’indépendance de l’Arménie aux intérêts de pays tiers.
Nous ne permettrons pas une nouvelle confrontation ni une nouvelle guerre. Nous ne permettrons pas que la conscience acquise au prix de milliers de victimes, ainsi que la paix et l’indépendance, soient sacrifiées au nom d’objectifs antichrétiens.
Dans le texte de la liturgie de l’Église apostolique arménienne, le mot « paix » est mentionné plus de quarante fois. Il ne s’agit pas seulement de la paix de l’homme et de l’âme, mais aussi de la paix universelle, pour laquelle des dizaines de supplications sont adressées à notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ dans le texte canonique de notre liturgie.
Et pourtant, aujourd’hui, certains utilisent l’autel du Christ pour prêcher le conflit, la guerre et/ou la violence interne en Arménie, franchissant ainsi les limites de la législation de la République d’Arménie. Cela ne peut être toléré dans aucun pays démocratique.
Monsieur le Président du Parlement européen,
Chers députés,
L’une de nos tâches importantes est également de veiller à ce que les émotions de nos sœurs et frères du Karabakh, devenus réfugiés, ne soient pas exploitées en leur donnant de faux espoirs.
Notre stratégie dans cette question est très claire : nos sœurs et frères du Karabakh doivent obtenir la citoyenneté de la République d’Arménie et s’installer définitivement en Arménie. Nous avons déjà lancé un programme de logement à leur intention, dont 4 886 familles sont déjà bénéficiaires. Pour résoudre cette question, qui vise à renforcer la paix, nous avons besoin du soutien le plus large possible de nos partenaires internationaux.
Mesdames et Messieurs,
On nous critique en affirmant que la paix établie entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan n’est pas parfaite. Permettez-moi de vous poser une question : où la paix est-elle parfaite ? Où existe-t-il une paix parfaite, et où a-t-elle jamais existé, et quand ?
Au contraire, c’est la volonté de prendre soin de la paix qui peut la rapprocher autant que possible de la perfection. C’est ainsi que nous abordons toutes les questions, y compris celle de nos compatriotes détenus en Azerbaïdjan.
Récemment, l’Azerbaïdjan a libéré quatre autres de nos compatriotes. La société arménienne, nous tous, avons ressenti une grande joie à cette occasion. Mais le gouvernement est très rapidement revenu à la poursuite d’un travail diplomatique discret en vue d’obtenir la libération des autres, car je suis convaincu que si nous n’avions pas choisi auparavant la voie de la diplomatie discrète, le retour de nos quatre compatriotes le 14 janvier n’aurait pas eu lieu.
Monsieur le Président du Parlement européen,
Chers députés,
Un autre changement remarquable survenu en Arménie depuis mon précédent discours est qu’en mars 2025, notre pays a adopté la loi « Sur le lancement du processus d’adhésion de la République d’Arménie à l’Union européenne », laquelle est entrée en vigueur en avril 2025.
Il s’agit de la cristallisation politique de la déclaration que j’ai faite depuis cette tribune le 17 octobre 2023, selon laquelle la République d’Arménie est prête à se rapprocher de l’Union européenne autant que l’Union européenne le jugera possible.
Depuis l’adoption de cette loi, beaucoup de personnes en Arménie demandent quand notre pays deviendra membre de l’Union européenne. Notre réponse est très claire : aucun pays ne peut devenir membre de l’Union européenne sans se conformer aux critères de l’UE. Notre tâche consiste donc, avec le soutien de nos partenaires européens, à poursuivre la voie des réformes afin de répondre objectivement aux critères d’adhésion.
Lorsque cela sera accompli, deux possibilités se présenteront : soit l’Union européenne acceptera l’Arménie, soit elle ne l’acceptera pas. Je le dis ainsi parce que je comprends que l’élargissement de l’UE et l’intégration d’un nouveau membre ne sont pas des questions simples et relèvent également d’une décision politique.
Ainsi, si l’Union européenne accepte l’Arménie comme membre à part entière, ce sera très positif. Si ce n’est pas le cas, nous aurons malgré tout progressé, car nous serons devenus un pays conforme aux standards de l’Union européenne.
Je dois toutefois dire avec franchise que, sur la voie de l’intégration de l’Arménie dans l’Union européenne, le principal défi actuellement est l’état gelé du dialogue politique entre l’Union européenne et la Géorgie. La Géorgie constitue pour nous une voie vers l’Union européenne, et nous avons adopté la loi sur le lancement du processus d’adhésion de la République d’Arménie à l’Union européenne après que la Géorgie a obtenu le statut de pays candidat à l’adhésion à l’UE. Cela a rendu la perspective d’adhésion de l’Arménie plus tangible, et notre attente ainsi que notre demande sont que le processus constructif entre l’Union européenne et la Géorgie se développe. Cela est important pour l’Arménie, tout autant que pour la Géorgie.
Monsieur le Président du Parlement européen,
Chers députés,
La révolution populaire, non violente, dite « révolution de velours », qui a eu lieu en Arménie en 2018, s’est fondée sur les principes de liberté, de démocratie et de primauté du droit. Nous avons maintenu notre démocratie vivante et en développement dans des conditions de guerre, mais nous avons également compris que seule la paix peut rendre la démocratie irréversible.
En réalité, nous avons atteint la paix grâce à la démocratie, grâce à notre engagement envers les valeurs démocratiques, car nous avons pu dépasser les schémas de pensée imposés à l’Arménie en prêtant l’oreille au peuple, aux personnes réelles, vivantes, qui aspirent à la vie et à la paix.
Le 7 juin 2026 auront lieu en République d’Arménie les prochaines élections parlementaires. Par ces élections, notre démocratie doit rendre la paix irréversible, et ensuite, grâce à la paix, la démocratie deviendra elle aussi irréversible. Nous avançons sur cette voie et je le dis en tant que représentant légitime du peuple de la République d’Arménie.
Ainsi donc, vive la paix, vive la démocratie. Je vous remercie de votre attention.
* * *
À Strasbourg, un monument dédié à l’Alphabet arménien a été inauguré dans l’espace adjacent au bâtiment administratif du Parlement européen, en présence du Premier ministre de la République d’Arménie, Nikol Pashinyan, et de la Présidente du Parlement européen, Roberta Metsola.
La sculpture intitulée « Armatagir - la force du dialogue » a été installée par la République d’Arménie en signe de gratitude pour le soutien continu et inconditionnel du Parlement européen. Cette œuvre est composée de lettres de l’Alphabet arménien.
Dans son discours, Roberta Metsola a souligné que le dialogue est la pierre angulaire de la démocratie, il nous unit et nous fait avancer. « En fin de compte, telle est l’essence même du Parlement européen : construire le dialogue entre nous, avec les citoyens et avec le monde qui nous entoure. Et grâce à cette belle œuvre, à cette représentation de l’alphabet arménien, la langue arménienne consolide sa place dans le dialogue riche et diversifié que l’on appelle l’Europe », a déclaré Roberta Metsola, citant la poétesse arménienne Silva Kaputikyan : « Où que tu sois, où que tu ailles sous cette lune, n’oublie jamais ta langue maternelle. »
Dans son intervention, le Premier ministre Nikol Pashinyan a rappelé que l’invention de l’alphabet arménien remonte au Ve siècle et constitue l’un des piliers fondamentaux de l’identité arménienne. « Il est très symbolique que cette sculpture mette en évidence le lien important entre l’identité arménienne et l’identité européenne. Je pense que la parole, le savoir et le texte figurent parmi les symboles les plus importants et les plus puissants de la démocratie, car il est impossible d’avoir une démocratie sans texte, sans échanges, sans écriture, sans discours, sans parole et sans lois », a déclaré le Premier ministre.