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Visite de travail du Premier ministre Nikol Pashinyan en République de Kirghizistan
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Le Premier ministre Nikol Pashinyan est arrivé en République kirghize pour une visite de travail de deux jours.
À l’aéroport international de Bichkek, le Premier ministre de la République d’Arménie a été accueilli par le premier vice-président du Cabinet des ministres de la République kirghize, Daniyar Amangeldiev.
À Bichkek, Nikol Pashinyan participera à la réunion au format « OCS+ » dans le cadre du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai, ainsi qu’aux événements qui se tiendront en marge de celle-ci.
Dans le cadre de sa visite, Nikol Pashinyan aura des rencontres bilatérales avec ses homologues étrangers.
* * *
À Bichkek, le Premier ministre Nikol Pashinyan a rencontré le Premier ministre indien, Narendra Modi.
Les interlocuteurs ont constaté avec satisfaction le développement des relations entre l’Arménie et l’Inde et ont souligné l’importance de prendre des mesures conjointes visant à porter la coopération à un nouveau niveau.
Nikol Pashinyan et Narendra Modi ont souligné que l’amitié entre l’Arménie et l’Inde avait toujours été solide et ont exprimé leur volonté de poursuivre leurs efforts afin de l’approfondir davantage.
Les interlocuteurs ont discuté des questions relatives au développement de la coopération dans les domaines de l’économie, des technologies, de la santé et de l’industrie pharmaceutique, de l’éducation, des infrastructures, des investissements et du tourisme.
Il a été souligné que la poursuite de l’organisation de visites mutuelles de haut niveau contribuerait à approfondir le partenariat et à mettre en œuvre de nouveaux projets conjoints.
Le Premier ministre Pashinyan a renouvelé son invitation à son homologue indien à se rendre en Arménie à la période qui lui conviendra et s’est également déclaré disposé à se rendre en Inde à une occasion opportune.
Les parties ont également échangé leurs points de vue sur d’autres questions d’importance régionale. En particulier, elles ont abordé l’état d’avancement de la mise en œuvre du projet TRIPP.
* * *
Le Premier ministre Nikol Pachinian a participé à Bichkek à la réunion de l'Organisation de coopération de Shanghai au format OCS+. L'événement a débuté par la cérémonie d'accueil des participants, suivie de la photo de famille officielle.
Dans son discours, le Premier ministre Pachinian a notamment déclaré:
« Monsieur le Président Sadyr Japarov,
Monsieur le Secrétaire général des Nations Unies,
Cher Monsieur Guterres,
Excellences, Chers collègues,
Tout d'abord, je tiens à féliciter le Président du Kirghizistan, l'honorable Sadyr Japarov, pour la cérémonie d'ouverture impressionnante des 6e Jeux mondiaux nomades dans la nouvelle "Bichkek Arena", ainsi que pour la présidence efficace de la République du Kirghizistan au sein de l'Organisation de coopération de Shanghai. Je souhaite également exprimer ma gratitude pour l'accueil chaleureux et la remarquable organisation de ce Sommet.
Je tiens également à tous vous féliciter à l'occasion du 25e anniversaire de la fondation de l'OCS.
Chers collègues,
Le thème de notre discussion d'aujourd'hui s'intitule : « L'ONU comme élément clé d'un ordre mondial juste : la contribution des États de l'OCS+ à la formation d'un monde multipolaire ».
J'ai l'impression qu'il existe une vaste compréhension au sein de la communauté internationale quant au fait que le monde doit être multipolaire, cela constituant l'option la plus ou moins fiable pour assurer l'équilibre, c'est-à-dire la stabilité et la paix.
Comment un petit État comme l'Arménie peut-il contribuer à l'établissement d'un monde multipolaire? Nous apportons une réponse pratique à cette question, en menant sur le fond une politique étrangère multipolaire, que nous qualifions de politique étrangère équilibrée et de rééquilibrage.
Le sens de cette politique est le suivant : lorsque l'attraction d'un pôle géopolitique devient si lourde qu'elle risque de compromettre notre indépendance, nous intensifions nos relations avec un autre pôle disposant d'une attraction suffisante pour cette situation, afin de maintenir notre équilibre sur le chemin semé d'embûches de la souveraineté et de l'indépendance.
L'objectif principal d'une telle politique est de préserver et de renforcer la souveraineté et l'indépendance. En élaborant ces stratégies, nous sommes parvenus à la conclusion qu'il est impossible de jouir de l'indépendance et de la souveraineté tout en vivant dans des conditions de conflit, et la multipolarité en ce sens doit s'exprimer en premier lieu dans la région où l'on vit.
C'est la raison pour laquelle, tout en approfondissant nos relations amicales avec l'Iran et la Géorgie voisins, nous nous engageons sur la voie de l'établissement de relations interétatiques avec nos deux autres voisins, l'Azerbaïdjan et la Turquie. Cela devient naturellement plus concret grâce à la paix établie entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan le 8 août de l'année dernière, avec le soutien et la participation du président des États-Unis, Donald Trump.
Nous travaillons désormais avec l'Azerbaïdjan et la Turquie à l'ouverture de nos communications interétatiques, notamment par la mise en œuvre du projet TRIPP, dont les travaux pratiques sur le terrain débuteront dans les mois à venir.
Cela ouvrira de nouvelles opportunités de transport non seulement d'est en oust, c'est-à-dire de la mer Caspienne à la mer Méditerranée , mais aussi du sud au nord, en reliant le golfe Persique à la mer Noire. Ainsi, tous les pays de la région tireront profit de la mise en œuvre de ce projet.
Pour en revenir à la politique multipolaire, je tiens à préciser que ces dernières années, l'Arménie a établi des relations stratégiques avec la Géorgie, la Chine, le Kazakhstan, les États-Unis, la France, les Pays-Bas, l'Allemagne, le Luxembourg, le Royaume-Uni, la Bulgarie, la Croatie, la Lituanie et l'Union européenne.
Nos relations avec l'Inde et l'Iran ont de fait un caractère stratégique, et nous travaillons actuellement à leur formalisation juridique.
Aujourd'hui, j'aurai une rencontre avec l'honorable Président de la Fédération de Russie, M. Vladimir Poutine, afin de discuter de la stratégie de développement futur de nos relations.
Chers collègues,
La République d'Arménie partage la vision d'un monde multipolaire.
Tout en soulignant le rôle central de l'Organisation des Nations Unies dans la construction d'un monde multipolaire, je souhaite vous informer qu'en octobre de cette année, la conférence COP 17 sur la diversité biologique se tiendra en Arménie sous l'égide de l'ONU, et je vous invite tous à prendre part à cet événement majeur qui illustre la multipolarité du monde.
Je vous remercie de votre attention et souhaite plein succès au Pakistan, qui assume la présidence de l'Organisation de coopération de Shanghai, dans l'accomplissement de cette mission responsable.»
* * *
Le Premier ministre de la République, Nikol Pashinyan, a rencontré le 31 août 2026 à Bichkek le Président de la République d’Azerbaïdjan, Ilham Aliyev, dans le cadre du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS).
Les dirigeants ont souligné la portée historique du sommet de la paix tenu à Washington le 8 août 2025, de la déclaration conjointe signée par le Premier ministre Nikol Pashinyan et le Président Ilham Aliyev en présence du Président des États-Unis Donald Trump, ainsi que du paraphe de l’Accord sur l’établissement de la paix et des relations interétatiques entre la République d’Arménie et la République d’Azerbaïdjan.
Les exportations de produits pétroliers azerbaïdjanais vers l’Arménie, le transit vers l’Arménie, via le territoire azerbaïdjanais, de céréales et d’autres marchandises originaires de pays tiers, ainsi que l’établissement de relations commerciales entre les deux pays, ont été soulignés comme des manifestations pratiques importantes du renforcement de la paix. Les dirigeants ont également salué les contacts entre les milieux d’affaires et ont échangé leurs points de vue sur les possibilités d’élargir davantage la coopération économique, commerciale et énergétique mutuellement bénéfique.
Les parties ont souligné le rôle important des commissions d’État compétentes chargées des questions de délimitation de la frontière d’État entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan et ont insisté sur l’importance de poursuivre leurs travaux conformément aux accords conclus entre les deux pays.
Les dirigeants ont discuté des prochaines mesures pratiques liées à la mise en œuvre de l’un des résultats importants du sommet de la paix de Washington, la « Route Trump pour la paix et la prospérité internationales » (TRIPP), et ont souligné l’importance des projets de connectivité dans le cadre du TRIPP.
Les dirigeants ont salué les contacts visant à renforcer la confiance, avec la participation de parlementaires et de représentants de la société civile, soulignant leur importance pour consolider la confiance mutuelle et soutenir un agenda plus large en faveur de la paix.
Le Premier ministre Nikol Pashinyan et le Président Ilham Aliyev sont convenus de poursuivre, par le biais de contacts directs bilatéraux, les efforts visant à consolider une paix durable, à régler les relations interétatiques et à renforcer la connectivité.
* * *
À Bichkek, le Premier ministre Nikol Pashinyan a rencontré le Président de la République du Tadjikistan, Emomali Rahmon.
Emomali Rahmon a félicité Nikol Pashinyan à l’occasion de sa reconduction dans ses fonctions de Premier ministre de la République d’Arménie et lui a souhaité de nouveaux succès. Il a souligné l’importance de développer les relations avec l’Arménie dans différents domaines et s’est dit convaincu que, grâce aux efforts conjoints, la coopération bilatérale se développera et s’élargira.
Le Premier ministre a remercié son homologue pour ses félicitations et ses vœux, soulignant avec satisfaction que le dialogue politique bilatéral se situe à un niveau élevé. Dans le même temps, le Premier ministre a souligné la nécessité de développer la coopération commerciale et économique. Les deux dirigeants ont souligné l’importance des travaux de la commission intergouvernementale.
Les interlocuteurs ont échangé leurs points de vue sur diverses questions présentant un intérêt commun. Ils ont également abordé les processus et les évolutions régionales.
* * *
Le Premier ministre Nikol Pashinyan a assisté à Bichkek à la cérémonie officielle d’ouverture de la sixième édition des Jeux mondiaux nomades.
Les dirigeants des États participant au Sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai étaient également présents à l’événement.
Avant la cérémonie d’ouverture, les hauts responsables ont été accueillis par le Président du Kirghizistan, Sadyr Japarov.
Au cours de la cérémonie, les athlètes des États participant aux Jeux sont solennellement entrés dans le stade, portant leurs drapeaux nationaux. Des athlètes arméniens participent également aux Jeux.
À l’issue de la cérémonie d’ouverture des Jeux, un dîner a été offert au nom du Président du Kirghizistan, Sadyr Japarov, en l’honneur des dirigeants des États participant à l’événement.
* * *
Le Premier ministre Nikol Pashinyan a rencontré, à Bichkek, la délégation conduite par le sénateur américain, Steve Daines.
Les interlocuteurs ont souligné l’importance de poursuivre le développement du partenariat stratégique entre l’Arménie et les États-Unis dans différents domaines.
Ils ont abordé les processus régionaux et les évolutions en cours. Ils ont souligné le rôle du projet TRIPP dans le déblocage et le développement des voies de communication. Dans ce contexte, ils ont échangé leurs points de vue sur l’avancement de la mise en œuvre du projet et les projets à venir.
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Dans le cadre de la réunion au format OCS+ du Sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai, le Premier ministre Nikol Pashinyan a eu un bref entretien avec la vice-présidente du Vietnam, Võ Thị Ánh Xuân.
Les interlocuteurs ont souligné les relations d’amitié établies entre l’Arménie et le Vietnam et ont insisté sur l’importance de poursuivre le développement des liens politiques, économiques et culturels.
Le Premier ministre Pashinyan a évoqué sa visite officielle au Vietnam en 2019 et a souligné la nécessité d’organiser des contacts de haut niveau ainsi que des visites réciproques.
Ils ont échangé leurs points de vue sur les mesures visant à faire progresser davantage l’agenda bilatéral.
* * *
La rencontre entre le Premier ministre de la République d'Arménie Nikol Pashiynan et le Président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine s'est tenue à Bichkek.
Le Président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine - Cher Nikol Vovayevitch, chers amis, je suis très heureux de vous voir.
Et tout d'abord, permettez-moi de souligner l'essentiel et c'est par cela que je voudrais commencer : nous nous sommes toujours prononcés, et nous continuons de nous prononcer, en faveur du développement de relations amicales et mutuellement bénéfiques avec l'Arménie, fondées sur les principes de partenariat stratégique et d'alliance. Nous partons du principe que cela répond aux intérêts fondamentaux du peuple arménien, aux intérêts fondamentaux de la Russie, et sans me répéter, car nous l'avons souligné à maintes reprises ensemble que cela correspond également aux racines historiques qui lient nos deux peuples.
La Russie est le principal partenaire technico-économique et commercial de l'Arménie, représentant une part d'environ 30 %, ainsi qu'un investisseur majeur dans l'économie arménienne. Au cours du premier semestre de l'année en cours, le volume des échanges commerciaux s'est élevé à 2,5 milliards de dollars.
Des projets mutuellement bénéfiques sont mis en œuvre dans les domaines de l'industrie, de l'agriculture, du secteur minier, de l'atome pacifique, des transports et de l'économie numérique. Les entreprises russes figurent parmi les plus grands contribuables au budget de l'Arménie ; elles créent des emplois, transfèrent des technologies modernes et renforcent la sécurité énergétique du pays.
Je voudrais également noter que nous avons déjà discuté à plusieurs reprises avec vous des questions liées à l'intention déclarée de l'Arménie de rejoindre l'Union européenne. Nous avons abordé ce sujet à maintes reprises, tant lors d'entretiens téléphoniques que lors de nos rencontres bilatérales.
Vous connaissez parfaitement la position de la Russie : l'aspiration de l'Arménie vers l'Union européenne constitue un droit naturel et légitime du pays et de son peuple. L'Arménie est un État souverain, et il appartient au peuple arménien de déterminer le cap de son développement. Cependant, cela crée indiscutablement des difficultés quant au maintien au sein de l'Union économique eurasiatique et menace de réduire à néant les avantages dont jouit la République sur le marché de l'Union économique eurasiatique, tout en rompant les chaînes commerciales établies.
Pourtant, en plus de dix ans de participation aux processus d'intégration eurasiatique, le PIB de l'Arménie a presque triplé : en 2015, il s'élevait à 10,6 milliards de dollars, et selon les résultats de 2025, il atteint 29,2 milliards de dollars (du moins selon nos données statistiques). Les exportations vers les pays de l'Union économique eurasiatique ont été multipliées par dix ; aujourd'hui, le marché de l'Union représente environ 36 % du commerce extérieur de l'Arménie.
Par conséquent, il appartient naturellement au peuple arménien de s'exprimer clairement sur le choix de la future orientation politico-économique du pays ; toutefois, dans le même temps, comme nous l'avons souligné, il est essentiel d'aborder l'adoption des mesures correspondantes de manière exclusivement objective, en se fondant sur les réalités du terrain.
Je le répète une fois de plus, nous respecterons tout choix fait par le peuple arménien. La décision qui sera prise par l'Arménie sera la sienne. Mais nous devons adapter notre politique technico-économique et commerciale à ces décisions potentielles, et nous souhaiterions vous prier d'apporter toute la clarté possible sur cette question dans les meilleurs délais.
Je me souviens que vous déclariez publiquement estimer nécessaire d'organiser ultérieurement un référendum sur ce sujet, et j'ai soutenu votre position lors du dernier sommet des dirigeants de l'Union économique eurasiatique. J'ai explicitement rappelé que le Premier ministre Nikol Vovayevitch Pashinyan s'était exprimé publiquement à ce propos, et j'ai demandé à nos partenaires de soutenir cette démarche. Plus tôt nous apporterons de la clarté, mieux ce sera, car il nous faut également comprendre comment développer nos relations avec l'Arménie, en premier lieu sur le plan économique.
Les questions relatives aux réglementations, par exemple concernant les produits agricoles, ou l'harmonisation des différentes normes et standards techniques, sont totalement divergentes entre l'Union économique eurasiatique et l'Union européenne. Nous y avons été confrontés à maintes reprises : les tentatives menées auprès des Européens à une époque où nos relations étaient encore à peu près normales pour convenir de compromis n'ont abouti à aucun résultat, absolument aucun. Ce sont des négociateurs particulièrement fermes et opiniâtres. Ainsi, nous n'avons trouvé la possibilité de résoudre pratiquement aucune question.
À un moment donné, nous serons probablement contraints d'y revenir, compte tenu des intérêts fondamentaux de notre économie et de l'économie européenne, ainsi que de leur complémentarité à certains égards. J'espère que l'ensemble de ces phénomènes de crise finira par passer. Mais même lorsqu'ils seront surmontés... À l'époque où les relations avec l'Europe étaient bonnes, il était déjà très difficile d'aboutir à des accords. À cet égard, il ne fait aucun doute que des problèmes surgiront concernant la pénétration des marchandises et services européens sur notre marché via l'Arménie. Cela soulève des milliers de questions. Nous souhaiterions comprendre ce qu'il en adviendra dans ce domaine.
J'espère que nous pourrons à présent aborder l'ensemble de ces questions avec vous dans une atmosphère sereine, amicale et constructive.
Le Premier ministre de la République d'Arménie Nikol Pashinyan - Merci beaucoup, Vladimir Vladimirovitch. Tout d'abord, je suis très heureux de cette rencontre et de cette occasion, car de nombreuses questions nécessitant d'être discutées se sont effectivement accumulées.
En premier lieu, je souhaite confirmer que nous sommes intéresses par le développement et le approfondissement futurs de nos relations avec la Fédération de Russie.
Il convient simplement d'enregistrer également que, ces dernières années, la situation créée autour de l'Arménie dans l'ensemble de notre région a changé, et il nous semble qu'il faut observer la situation précisément sous cet angle, car les relations entre la Russie et l'Arménie avaient une autre signification dans une situation de conflit. Désormais, alors que la paix s'est établie dans la région, il nous semble qu'il est nécessaire de porter un regard neuf sur la situation.
Et je pense que cela contribuera au développement de nos relations ; nous avons en vue le renforcement et le développement de nos liens, et cela est très important.
Vous avez mentionné les entreprises russes qui opèrent en Arménie, et je dois dire nous en discutions d'ailleurs aujourd'hui que de nombreuses entreprises russes opèrent avec un grand succès en République d'Arménie ; ce sont des entreprises présentant une haute rentabilité. Vous avez raison, elles s'acquittent de leurs impôts, mais il convient de diviser ces entreprises en deux catégories. Il y a des entreprises qui opèrent avec succès, c'est-à-dire qui sont rentables et se développent, mais il y a aussi des entreprises qui, malheureusement, ne sont pas rentables et ne se développent pas. Et cela constitue, je pense, un problème tant pour l'Arménie que pour la Fédération de Russie. C'est également une question : il convient d'examiner et de discuter aussi de ces aspects et de ces nuances.
Quant à l'Union européenne, vous savez que cette question est abondamment discutée, tant au niveau de travail que publiquement. Comme vous le savez, l'année dernière, nous avons adopté la loi relative au lancement du processus d'adhésion de l'Arménie à l'Union européenne, et une large discussion a lieu sur le point de savoir dans quelle mesure l'adoption de cette loi est conforme aux engagements que nous avons souscrits dans le cadre de l'Union économique eurasiatique.
Avant comme après cela, nous avons analysé la base contractuelle existant entre la Fédération de Russie et l'Arménie, ainsi que la base contractuelle au sein de l'Union économique eurasiatique et, à dire vrai, nous n'avons constaté aucune violation des obligations qui incombent à l'Arménie envers la Fédération de Russie et l'Union économique eurasiatique, car le traité relatif à l'Union économique eurasiatique énonce explicitement la marche à suivre lorsqu'un pays décide de se retirer de l'Union économique eurasiatique.
Du reste, il n'y existe pas de disposition selon laquelle un État membre pourrait être exclu de l'organisation. C'est-à-dire qu'il y est prévu que si un pays décide de quitter l'Union économique eurasiatique, il doit en informer ses partenaires au préalable, six mois à l'avance. Je pense que nous devons appréhender cette situation sous ce seul prisme.
À ce jour, nous n'avons pas informé nos partenaires d'une quelconque intention de nous retirer de l'Union économique eurasiatique. Je pense que nous devons nous fonder sur ce fait précis, car la question du référendum à cet égard a été très largement débattue.
À dire vrai, l'adoption de la loi signifiait déjà, dès ce moment-là, le renoncement à l'idée d'un référendum. En effet, si le Parlement n'avait pas adopté cette loi à l'époque je rappelle que cette loi avait été initiée par la société civile, c'est-à-dire qu'ils avaient collecté les signatures de citoyens arméniens conformément à la Constitution et soumis le projet au Parlement , les initiateurs auraient pu recueillir 250 000 signatures supplémentaires. Si le Parlement l'avait rejeté une seconde fois, nous aurions dû organiser un référendum en République d'Arménie. Il découle donc de l'adoption de cette loi que nous avons écarté l'idée d'un référendum.
Et pourquoi y avons-nous renoncé ? Parce que cette question et j'ai eu l'occasion d'en parler avec vous à ce sujet, n'était pas encore mûre au point de pouvoir formuler une interrogation devant notre peuple.
Pourquoi avons-nous adopté cette loi de manière générale ? D'abord, pour éviter la tenue d'un référendum, et deuxièmement, comme je l'ai déclaré publiquement à de nombreuses reprises, il est très important pour nous que notre pays et notre peuple disposent d'alternatives. Je crois qu'il s'agit d'un objectif légitime.
Cela ne signifie pas que nous soyons mécontents de l'Union économique eurasiatique, bien qu'il existe de nombreuses questions de travail au sein de l'UEE ; nous discutons toujours de ces enjeux, tant stratégiques que tactiques.
Nous estimons simplement que, particulièrement dans la situation internationale actuelle, il est légitime pour tout pays et nous en discutions d'ailleurs aujourd'hui au sujet du sommet de l'OCS sur l'ordre mondial multipolaire de disposer d'alternatives.
Et ce processus n'est pas dirigé contre la Russie, il n'est pas dirigé contre l'Union économique eurasiatique, car nous attachons une très haute valeur à nos relations avec la Fédération de Russie. Cela est véritablement fondamental pour nous et pour notre pays, comme vous l'avez souligné. Nous espérons que ces relations sont tout aussi importantes pour la Fédération de Russie.
Et je pense que nous devons tant la République d'Arménie que la Fédération de Russie, ainsi que nous-mêmes personnellement traiter ces relations avec la plus grande précaution. Je tiens à confirmer que moi-même et notre Gouvernement abordons ces relations avec une grande prudence, et je suis convaincu que vous les traitez avec la même attention, ce dont je vous remercie.
Le Président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine - Cher Nikol Vovayevitch, nous allons en discuter à présent. Il m'est toujours du plus grand intérêt de mener des échanges avec vous sur tout sujet, y compris celui-ci, mais permettez-moi néanmoins de ne pas partager votre avis sur la question principale.
Vous avez indiqué ne pas avoir annoncé de retrait. L'adoption d'une loi sur le lancement de la procédure d'adhésion à une autre organisation économique constitue, sur le fond, l'annonce d'un retrait de notre organisation, car il est incompatible de figurer simultanément dans l'une et dans l'autre. Là réside tout le problème.
Mais soit, abordons l'ensemble de ces points en toute sérénité.
Le Premier ministre de la République d'Arménie Nikol Pashinyan - Je pense et je le déclare également publiquement que nous comprenons qu'un moment viendra où il sera nécessaire d'opérer un choix extrêmement clair. Notre position est simplement qu'à ce stade, ce moment n'est pas encore venu et que nous n'en avons pas le besoin immédiat, car cette alternative n'est pas encore établie dans les faits.
Lorsqu'elle sera créée, si elle vient à l'être, nous opérerons naturellement un choix, que ce soit par voie de référendum ou sans y recourir. Diverses options existent. C'est avec grand plaisir que je poursuivrai cet entretien avec vous et répondrai à l'ensemble de vos questions.
Le Président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine - Je suis d'accord sur le fait que le peuple doit toujours disposer d'une faculté de choix. Dès lors, créez cette possibilité et closons le débat. Voilà tout. Le plus simple est désormais de s'adresser aux citoyens et de leur demander ce qu'ils désirent : cette voie-ci ou cette voie-là. Et voilà.
Bien, nous allons en discuter à présent.