Interviews et conférences de presse

Déclarations du Premier ministre Nikol Pashinyan et de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen

02.07.2026

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Le Premier ministre Nikol Pashinyan et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ont fait des déclarations à l’intention des représentants des médias et répondu à leurs questions.

Premier ministre Nikol Pashinyan: Madame la Présidente, je suis heureux de vous accueillir en République d’Arménie pour la deuxième fois cette année. Notre dernière rencontre remonte à exactement deux mois, dans le cadre du 8e sommet de la Communauté politique européenne tenu à Erevan, ainsi que du premier sommet Arménie-Union européenne, qui ont permis de parvenir à des accords importants pour notre agenda politique bilatéral.

Fondé sur l’Accord de partenariat global et renforcé, ainsi que sur le document intitulé « Agenda stratégique du partenariat Arménie-Union européenne », notre partenariat repose sur des valeurs et des principes fondamentaux communs : la démocratie, l’État de droit et la protection des droits de l’homme. Dans ce contexte, à travers les élections législatives organisées en Arménie le 7 juin dernier, les citoyens arméniens ont une nouvelle fois exprimé leur soutien aux priorités de notre gouvernement en matière de réformes démocratiques, de renforcement de la justice et de promotion de la paix.

Madame la Présidente,

La rencontre d’aujourd’hui a une nouvelle fois confirmé que l’Union européenne est l’un des partenaires les plus fiables de l’Arménie. L’affirmation selon laquelle « l’Arménie et l’Union européenne sont plus proches que jamais » se concrétise chaque jour davantage, trouvant une expression concrète non seulement sur le plan politique, mais aussi sur les plans économique et pratique.

Je me réjouis que nous ayons examiné les efforts conjoints visant à soutenir la diversification de l’économie arménienne, ainsi que les différents mécanismes d’assistance que l’Union européenne peut mobiliser à cette fin. Je tiens notamment à remercier l’Union européenne pour l’aide budgétaire de 52 millions d’euros accordée à l’Arménie, tout en exprimant l’espoir que son soutien à la diversification des échanges commerciaux et à la promotion des exportations se poursuivra.

Je souhaite également remercier la Commission européenne pour avoir présenté aux États membres de l’Union européenne une proposition visant à appliquer des mesures commerciales autonomes aux produits arméniens. Madame la Présidente nous en a d’ailleurs fait part au cours de notre entretien et je suis convaincu qu’elle y reviendra également dans son intervention. Une fois cette décision pleinement entrée en vigueur, l’Arménie deviendra le premier pays ne bénéficiant ni du statut de candidat à l’adhésion à l’Union européenne ni d’un accord de libre-échange avec celle-ci à profiter, ces dernières années, de cet instrument. Je suis convaincu qu’à travers une coopération active avec les institutions de l’Union européenne et les États membres, nous serons en mesure de mener à bien le processus d’adoption de cette décision dans les meilleurs délais. Nous espérons également qu’elle pourra être approuvée le plus rapidement possible, compte tenu du fait que la période des récoltes a déjà commencé en Arménie.

Chers collègues,

Au cours des derniers mois, nous avons également réussi à enregistrer des avancées dans un autre domaine essentiel de l’agenda du partenariat Arménie-Union européenne : la connectivité. La preuve la plus tangible en est la déclaration conjointe sur le partenariat en matière de connectivité entre l’Arménie et l’Union européenne, adoptée dans le cadre du sommet Arménie-Union européenne, ainsi que la signature, la semaine dernière à Bruxelles, d’une déclaration d’intention et d’une lettre de confirmation entre l’Arménie et la Commission européenne, ainsi qu’avec la Banque européenne pour la reconstruction et le développement et la Banque européenne d’investissement, concernant les études de faisabilité relatives à trois postes-frontières arméniens et à deux axes routiers stratégiques du nord du pays, à l’occasion de la réunion ministérielle de la plateforme de l’Agenda pour la connectivité.

Dans le domaine de l’énergie, l’un des projets revêtant une importance stratégique pour l’Arménie est la construction de capacités de stockage d’énergie, qui permettra également de valoriser efficacement l’électricité produite à partir des ressources énergétiques renouvelables du pays. Avec ma partenaire, nous avons évoqué la question de la confirmation et de l’allocation d’un soutien de l’Union européenne à cet égard.

Dans le contexte de la mise en œuvre de l’initiative « Carrefour de la paix » et du déblocage inclusif des voies de communication régionales, parallèlement au développement de la connectivité des transports, j’attache également une grande importance au renforcement de l’interconnexion énergétique, notamment par la construction de lignes de transport d’électricité et d’interconnexions avec la Turquie et l’Azerbaïdjan. Ces projets peuvent contribuer à la fois à la sécurité énergétique et à la transition verte.

L’Arménie souhaite également approfondir sa coopération avec l’Union européenne dans le domaine du numérique, notamment en matière d’intelligence artificielle, de hautes technologies et d’innovation, tout en œuvrant à la création d’un environnement favorable à l’augmentation des investissements privés européens. À cet égard, j’attache également une importance particulière à la participation de l’Arménie aux projets de câble sous-marin en mer Noire destinés aux interconnexions énergétiques et numériques.

Madame la Présidente,
Chère Ursula,

Permettez-moi de renouveler mes remerciements pour notre étroit partenariat, ainsi que pour le soutien constant apporté au renforcement des institutions démocratiques et de la résilience économique de l’Arménie, au bénéfice de nos peuples et dans l’intérêt de l’approfondissement continu du partenariat entre l’Arménie et l’Union européenne.
Je vous remercie.

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne : Merci beaucoup, Monsieur le Premier ministre, cher Nikol,

C’est un grand plaisir d’être de retour à Erevan si peu de temps après ma précédente visite. Tout d’abord, permettez-moi de vous féliciter pour votre victoire électorale. Ces élections ont une nouvelle fois démontré la solidité de la démocratie arménienne. L’esprit de la Révolution de velours que vous avez conduite en 2018 est bien vivant et continue de porter ses fruits․ L’Arménie poursuit sa marche sur la voie de la démocratie, des réformes, de la paix et d’un rapprochement accru avec l’Europe. Je suis venue aujourd’hui pour vous dire que vous pouvez compter sur nous. À mesure que l’Arménie se rapproche de l’Union européenne, c’est également le Caucase du Sud qui se rapproche davantage de l’Europe.

Le paraphe de l’accord de paix l’an dernier a constitué un événement historique, l’une des avancées les plus importantes réalisées dans cette région depuis plusieurs décennies. Il en va de même du processus en cours de normalisation des relations avec la Turquie. Ces choix ont exigé du courage politique et un véritable leadership. Je suis convaincue que leurs retombées seront considérables. L’ouverture des frontières transformera l’avenir économique de l’Arménie et placera le pays au cœur de l’un des carrefours stratégiques les plus importants du monde. Et nous sommes prêts à travailler à vos côtés pour faire de cette vision une réalité.

C’est la raison pour laquelle j’ai annoncé un nouveau paquet de 200 millions d’euros dans le cadre de l’initiative « Global Gateway », visant à promouvoir la paix par la connectivité. Avec nos partenaires financiers, nous sommes prêts à mobiliser jusqu’à 2 milliards d’euros pour soutenir des projets stratégiques de transport, d’énergie et de connectivité numérique dans l’ensemble du Caucase du Sud. Ce financement pourra soutenir des projets en cours et en préparation en Arménie, notamment les postes-frontières et les infrastructures routières. Nous construisons ainsi des infrastructures physiques qui favorisent la paix, tout en établissant des ponts entre les peuples. C’est également dans ce contexte que j’ai annoncé un programme de 20 millions d’euros dédié à la promotion de la paix, destiné en particulier aux communautés frontalières. Nous voulons soutenir les petites et micro-entreprises locales, notamment à travers l’acquisition de nouvelles technologies agricoles, de gestion des ressources en eau et de pratiques modernes d’exploitation. Notre objectif est d’améliorer les conditions de vie dans les communautés frontalières et de créer de nouvelles opportunités de dialogue entre les populations. Ce paquet permettra aux communautés de bénéficier de dividendes tangibles de la paix, afin que celle-ci s’ancre durablement dans le cœur et l’esprit des générations présentes et futures.

S’agissant de votre pays, je sais que l’Arménie est encore confrontée à d’importantes pressions économiques de la part de la Russie. Mais soyez assurés que, lorsque nos partenaires subissent des pressions, l’Union européenne se mobilise. Permettez-moi d’annoncer plusieurs mesures à cet égard. Tout d’abord, vous recevrez prochainement une aide supplémentaire de 18 millions d’euros afin de renforcer et diversifier votre commerce extérieur. Ce financement pourra, par exemple, contribuer à la création d’une agence de promotion des exportations, afin de renforcer les capacités des entreprises arméniennes à l’international. Ces 18 millions d’euros constituent la dernière tranche du paquet d’assistance de 52 millions d’euros évoqué lors de notre appel téléphonique au début du mois de juin.

Deuxièmement, nous avançons avec une nouvelle étape : une proposition de mesures commerciales autonomes. Cela signifie que ces « ATM » libéraliseront environ 80 % des exportations arméniennes vers l’Union européenne. Concrètement, 80 % de vos échanges commerciaux avec nous seront désormais exempts de droits de douane. Cela permettra de réorienter une partie des exportations actuellement destinées au marché russe vers le marché unique européen de 450 millions de consommateurs. Cette mesure ouvrira davantage le marché européen aux produits agricoles frais arméniens- légumes, fruits et produits d’origine végétale, ainsi qu’à vos boissons et spiritueux.

Ces derniers mois, nous avons déjà observé une augmentation des importations de fleurs arméniennes sur notre marché, un symbole encourageant de ce nouveau chapitre de notre partenariat économique. Ce n’est qu’un début. Grâce à ces nouvelles mesures, vous disposerez des outils nécessaires pour diversifier rapidement votre économie. À la mi-juillet, nous enverrons des experts en Arménie afin de travailler avec vos producteurs, vos entreprises et vos exportateurs, pour les aider à tirer pleinement parti des opportunités offertes par notre partenariat privilégié avec l’Union européenne.

Monsieur le Premier ministre, cher Nikol,

Le 7 juin, le peuple arménien a clairement exprimé ses préférences en faveur de la démocratie, de l’État de droit, des réformes et de la paix, en choisissant une société ouverte, inclusive et accueillante, ainsi qu’un partenariat renforcé avec l’Union européenne. Nous devons désormais transformer ensemble ces aspirations en résultats concrets. Vous pouvez compter sur nous à cet égard. Je vous remercie.

Le Premier ministre Nikol Pashinyan et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ont également répondu aux questions des représentants des médias.

Factor TV - Question à la présidente de la Commission européenne: Madame la Présidente, l’Arménie a fait de la diversification énergétique une priorité stratégique, mais elle demeure fortement dépendante du gaz russe et des infrastructures énergétiques russes. Durant la période préélectorale, nous avons entendu, de la part de divers responsables à Moscou, des allusions selon lesquelles l’Arménie bénéficie d’un gaz russe à prix préférentiel, et que celui-ci pourrait être augmenté. Dans le cadre du rapprochement Arménie-Union européenne, si la Russie décidait de suspendre ses livraisons de gaz ou d’utiliser le prix comme levier de pression politique, quel soutien concret l’Union européenne pourrait-elle apporter ? L’Union européenne est-elle prête à aider l’Arménie à accéder à des sources alternatives d’approvisionnement en gaz, ou à envisager un mécanisme de subvention du prix ? S’il existe des programmes en ce sens, pourriez-vous les détailler?

Et une autre question au Premier ministre de la République d’Arménie. Monsieur le Premier ministre, vous avez eu hier un entretien téléphonique avec le Premier ministre russe. Je vous demanderais de préciser si l’initiative de cet appel téléphonique venait de vous ou de la partie russe, et quelles questions ont été abordées dans ce cadre. La question des restrictions sur les exportations arméniennes a-t-elle été évoquée ou non ? Enfin, excluez-vous la possibilité qu’une situation similaire à celle de 2013 se reproduise, lorsque l’Arménie a, en l’espace d’une nuit, décidé de suspendre son rapprochement avec l’Union européenne sous la pression russe ?

Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen : En matière d’énergie, il est essentiel d’adopter une approche stratégique, globale et multidimensionnelle, permettant de répondre de manière cohérente aux différents enjeux liés à la sécurité, à la résilience et à la diversification des approvisionnements énergétiques. C’est pourquoi une mission d’experts de l’Union européenne se rendra en Arménie dès la semaine prochaine. Nous disposons d’une solide expérience en la matière. Nous avons été confrontés à des situations similaires en Ukraine et en Moldavie, où nous avons acquis un savoir-faire considérable. Au sein même de l’Union européenne, nous avons également dû faire face à certains aspects de cette problématique. Cette expérience nous a permis de développer une expertise approfondie sur les moyens de diversifier les sources d’approvisionnement énergétique de différents pays. Parallèlement, nous investissons dans la sécurité énergétique régionale en ouvrant de nouvelles voies d’interconnexion électrique et en contribuant à la mise en place de réseaux énergétiques régionaux plus intégrés et plus robustes. À cette fin, une enveloppe de 25 millions d’euros est prévue. Nous soutenons également l’Arménie dans le développement de la production d’énergies renouvelables fondée sur ses importantes ressources nationales. Produire davantage d’énergie sur votre propre territoire renforce votre indépendance, tout en garantissant une plus grande sécurité énergétique et une meilleure résilience. À travers l’ensemble de ces approches complémentaires, nous sommes prêts à soutenir l’Arménie face à une situation potentielle que nous connaissons nous-mêmes particulièrement bien.

Premier ministre Nikol Pashinyan: Je vous remercie pour cette question. Permettez-moi tout d’abord de revenir sur le sujet de savoir si j’exclus la répétition de la situation de 2013, lorsque l’Arménie a renoncé, en l’espace d’une ou deux nuits, à un processus déjà convenu de signature de l’Accord d’association avec l’Union européenne pour s’orienter vers l’Union économique eurasiatique, alors encore sous la forme de l’Union douanière. Ma réponse sera brève et sans équivoque : oui, je l’exclus. Un tel scénario n’est pas envisageable, d’autant plus aujourd’hui que le peuple de la République d’Arménie a clairement exprimé son soutien aux politiques menées par les autorités arméniennes, en particulier à une politique étrangère équilibrée et fondée sur l’équilibrage de nos relations extérieures.

Par ailleurs, comme nous l’avons déjà déclaré, nous ne nous sommes jamais fixé pour objectif et nous ne nous en fixerons jamais de provoquer une crise dans les relations entre la République d’Arménie et la Fédération de Russie. Nous agissons dans le cadre des intérêts de notre pays et, naturellement, nous ne méconnaissons les intérêts d’aucun de nos partenaires internationaux. Toutefois, nous ne pouvons pas non plus placer les intérêts d’un quelconque partenaire au-dessus de ceux de la République d’Arménie. Cela me paraît être une approche parfaitement légitime pour tout État souverain.

S’agissant de mon entretien téléphonique d’hier avec le Président du Gouvernement de la Fédération de Russie, cet échange a eu lieu à mon initiative. Le communiqué publié en a présenté les principaux thèmes et les questions examinées. Nous sommes convenus de poursuivre prochainement nos discussions de manière plus approfondie.

Radio et télévision publiques : Monsieur le Premier ministre, compte tenu de la poursuite du dialogue politique de haut niveau avec l’Union européenne et de la récente signature du document relatif au partenariat stratégique, comment envisagez-vous l’approfondissement des relations entre l’Arménie et l’Union européenne, et ce rapprochement ne risque-t-il pas de nuire à la politique d’équilibre et d’équilibrage menée par l’Arménie ? »

Premier ministre Nikol Pashinyan : L’Union européenne est depuis longtemps le premier partenaire de l’Arménie dans le domaine des réformes démocratiques, et ce, soit dit en passant, déjà avant la révolution de 2018. La question est plutôt celle de l’efficacité et de la sincérité avec lesquelles cet agenda a été mis en œuvre.

Aujourd’hui, et à la suite des élections, je considère qu’il s’agit d’une occasion très importante de relancer notre agenda de réformes démocratiques. Au cours de la période précédente, nous avons certes poursuivi de manière cohérente cette trajectoire réformatrice, mais celle-ci a été constamment perturbée par de graves crises : la COVID-19, la guerre, puis la situation post-conflit. En d’autres termes, nous n’avons pas réellement eu la possibilité de nous concentrer pleinement sur la mise en œuvre globale de l’agenda des réformes démocratiques.

Les élections, cette nouvelle phase politique, ainsi que le nouveau niveau et la nouvelle ampleur de nos relations avec l’Union européenne, nous offrent une opportunité historique. Nous avons clairement défini notre stratégie : la première priorité est d’atteindre une conformité pleine, sincère et complète avec les standards de l’Union européenne. Il s’agit de l’objectif stratégique fondamental. Une fois cet objectif atteint, la perspective d’une adhésion pleine à l’Union européenne pourra devenir un agenda plus concret de mise en œuvre, il s’agit alors d’une question politique. Comme je l’ai déjà indiqué, si nous parvenons à nous conformer pleinement et sincèrement aux standards européens, cela nous donnera la possibilité de devenir membre à part entière de l’Union européenne. Mais cette décision reste politique et dépend de nombreux facteurs.

Si nous parvenons à devenir membres de l’Union européenne, ce sera un accomplissement majeur. Et si, pour une raison ou une autre, par exemple si l’Union européenne décidait de ne plus s’élargir, cela ne se réalisait pas, nous resterions néanmoins largement gagnants, car nous serions devenus un État pleinement conforme aux standards européens.

Et surtout, il est important de souligner pour qui cela est fait : ce n’est pas fait pour l’Union européenne, mais pour les citoyens de la République d’Arménie, pour l’Arménie elle-même. C’est l’objectif stratégique que nous poursuivons. Bien entendu, les nouvelles opportunités liées à l’ouverture des corridors et des voies de communication régionales sont également importantes. Durant la campagne électorale, j’ai déjà eu l’occasion de le dire à plusieurs reprises : la République d’Arménie est en train de passer d’une situation d’enfermement conflictuel à celle d’un véritable carrefour de la paix. C’est un tournant historique, et nous sommes reconnaissants à l’Union européenne pour son soutien constant et global dans nos efforts, en faveur de la République d’Arménie et du peuple arménien. Nous apprécions cela à sa juste valeur. Même aujourd’hui, avec le recul, il est presque difficile de croire à quelle vitesse les relations entre l’Arménie et l’Union européenne se sont développées ces dernières années. Et rien n’indique un ralentissement de cette dynamique ; j’en suis très satisfait.

Shant TV : Ma question s’adresse à la Présidente de la Commission européenne. Madame Ursula von der Leyen, le processus de libéralisation des visas entre l’Arménie et l’Union européenne est désormais entré dans sa phase technique. Comment évaluez-vous les progrès réalisés jusqu’à présent et quelles mesures sont nécessaires pour que ce processus ne se limite pas à la mise en œuvre de réformes, mais aboutisse à des résultats tangibles pour les citoyens arméniens et à l’instauration d’un régime sans visa ? Pourriez-vous également, si possible, indiquer des délais réalistes ? Merci.

Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen : Merci. Tout d’abord, je tiens à souligner que l’Arménie est le seul pays partenaire actuellement engagé dans un dialogue actif sur la libéralisation des visas avec l’Union européenne. Cela témoigne déjà du niveau de notre partenariat. En avril, nous avons publié un rapport d’évaluation sur l’état d’avancement du plan d’action. Nous savons que vous êtes pleinement engagés dans cet agenda, et nous vous en remercions. Il est très impressionnant de constater les progrès réalisés, et je sais combien cette question est importante pour le peuple arménien. De nouvelles missions d’évaluation seront envoyées cet automne afin d’examiner les progrès accomplis et les critères restants. Pour le dire simplement, il s’agit d’un processus fondé sur la réalisation de certains jalons. Vous êtes sur la bonne voie, vous travaillez avec détermination dans cette direction, et je le reconnais pleinement. Une fois que tous les critères nécessaires seront remplis, nous pourrons avancer vers une proposition de régime sans visa. Il suffit de franchir certaines étapes essentielles de réforme. Une fois celles-ci achevées, vous franchirez la ligne d’arrivée.

Premier ministre Nikol Pashinyan : Durant la campagne électorale, j’ai déclaré que nous devions parvenir à une situation de libéralisation des visas dans un délai de deux ans, c’est-à-dire d’ici 2029. Je partage bien entendu l’avis de la Présidente : une grande partie dépend de nous-mêmes. Dans de nombreux cas, les questions ne doivent pas être posées à l’Union européenne, mais à nous-mêmes, afin de déterminer dans quelle mesure nous sommes prêts et avec quelle qualité nous mettons en œuvre l’agenda des réformes. Une chose est claire : le peuple arménien attend cette décision, et il a notamment exprimé ce choix lors des élections. Nous ne pouvons pas laisser passer cette opportunité. J’espère que nous agirons avec suffisamment de rapidité et d’efficacité pour résoudre cette question dans les délais appropriés.

La rencontre entre le Premier ministre de la République d’Arménie et la Présidente de la Commission européenne s’est poursuivie dans le cadre d’un déjeuner de travail.

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