Discours et messages
Discours du Premier ministre Nikol Pashinyan lors du débat sur le rapport 2025 relatif à la mise en œuvre du programme du Gouvernement arménien (2021-2026)
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Monsieur le Président de l’Assemblée nationale,
Chers vice-présidents,
Mesdames et Messieurs les membres du gouvernement,
Mesdames et Messieurs les députés,
Chers citoyens,
Nous discutons des activités du gouvernement de la République d’Arménie pour l’année 2021.
Le rapport 2025 sur les progrès et les résultats de la mise en œuvre du programme 2021-2026 sera publié après les prochaines élections législatives, c’est-à-dire en 2026.
À peine un mois et demi avant l’expiration du programme 2021-2026 et vingt-cinq jours avant le huitième anniversaire de la révolution populaire, non violente et pacifique de 2018.
Je tiens à préciser d’emblée que notre situation actuelle est radicalement différente de celle de 2018. Aujourd’hui, nous sommes plus indépendants, plus souverains, plus unis, plus démocratiques, plus développés, plus pacifiques, plus prospères et plus sûrs que jamais.
J’ajouterai également que l’espérance de vie n’a jamais été aussi élevée. En effet, selon les résultats de 2024, elle atteint en moyenne 78,6 ans en République d’Arménie - un record absolu depuis la création du pays, un chiffre qui, si je ne me trompe pas, surpasse même celui de l’époque soviétique.
Aujourd’hui, l’avenir de notre État est plus prometteur que jamais.
Et cela est dû, avant tout, à la paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, établie le 8 août 2025 dans la capitale américaine, Washington D.C., avec le soutien du président Trump.
Dans un avenir proche, des événements majeurs et historiques nous attendent : la mise en œuvre du projet intitulé « La voie Trump pour la paix et la prospérité internationales », qui permettra enfin à l’Arménie de sortir du blocus qui dure depuis près de 34 ans, et, bien sûr, la signature et la ratification de l’Accord sur la paix et les relations interétatiques entre la République d’Arménie et la République d’Azerbaïdjan, qui garantira la poursuite du processus d’élimination des hostilités entre nos États et nos peuples.
Aujourd’hui, la paix est instaurée entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, et il convient de souligner qu’elle repose sur des bases juridiques solides. Je considère qu’il s’agit d’un acquis important, que nous avons parfois tendance à oublier, en prétendant que la paix repose encore sur des accords verbaux ou des documents dépourvus de valeur juridique. Or, tel n’est pas le cas.
La paix établie entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan a une force juridiquement contraignante, notamment grâce au Règlement relatif aux activités conjointes des commissions de délimitation des frontières entre la République d’Arménie et la République d’Azerbaïdjan. Ce traité bilatéral international, le premier signé entre les deux pays, a été ratifié à l’automne 2024 et est désormais juridiquement contraignant tant en Azerbaïdjan qu’en Arménie.
Je tiens à rappeler qu’il est inscrit dans ce document, de manière juridiquement contraignante, que l’Arménie et l’Azerbaïdjan conviennent d’adopter la Déclaration d’Alma-Ata comme principe fondamental pour la délimitation de leurs frontières. Cette déclaration constitue en réalité la pierre angulaire de la paix, le fondement qui, je le répète, a force de loi contraignante tant en République d’Arménie qu’en République d’Azerbaïdjan.
Je souhaite également souligner la délimitation du tronçon de 12 kilomètres de la frontière arméno-azerbaïdjanaise. Il s’agit d’un facteur essentiel pour surmonter les tensions entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. J’en suis convaincu, il s’agit d’un premier pas important vers la résolution des hostilités.
Le fait que l’école de Kirants se trouve à seulement 50 mètres de la frontière azerbaïdjanaise, et que cette frontière ne constitue plus une source d’inquiétude pour ses élèves, en est la preuve la plus éloquente. Aujourd’hui, les élèves de l’école de Kirants vont en classe à 50 mètres de l’Azerbaïdjan et jouent au football à 30 mètres de la frontière. Voilà la paix. Voilà la paix.
La paix signifie également que, depuis plus de deux ans, nous n’avons enregistré ni victimes ni blessés à la suite des échanges de tirs entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Aucun coup de feu ne retentit dans les villages frontaliers de la République d’Arménie. Non seulement aucun coup de feu n’est entendu, mais plus de 3 600 nouvelles maisons individuelles sont en cours de construction dans les villages frontaliers de la République d’Arménie, dans le cadre du programme gouvernemental de construction de logements, connu du grand public sous le nom de programme des « 16 millions ». Plus de 3 600 nouvelles maisons dans des localités frontalières, chers collègues, où, dans une très large majorité, pratiquement aucune habitation n’avait été construite depuis l’indépendance. Vous vous rendez compte ? 3 600 maisons, dont une grande partie dans des localités frontalières où, pendant plus de 33 ans d’existence de l’État, aucune construction résidentielle n’avait été réalisée. Et ce n’est pas tout. Aujourd’hui, dans ces mêmes localités, il ne s’agit pas uniquement de constructions de logements : des écoles sont également construites. Un programme de construction de 18 écoles est en cours de réalisation, ainsi que celui de 21 jardins d’enfants dans des villages où, depuis l’indépendance, il n’y avait pratiquement aucune infrastructure éducative moderne. Certes, il existait ici ou là quelques bâtiments isolés dans certains villages, mais aujourd’hui, 18 écoles et 21 jardins d’enfants sont en cours de construction. Une partie de ces projets est déjà achevée, une autre sera finalisée au cours de cette année, et une autre encore en 2027.
Grâce à la paix instaurée, des marchandises sont aujourd’hui importées en République d’Arménie via les chemins de fer azerbaïdjanais, et des produits pétroliers sont également importés depuis l’Azerbaïdjan. Grâce à ces importations, les citoyens et les résidents de la République d’Arménie ont déjà réalisé des économies de plusieurs dizaines de milliards de drams. En effet, l’importation de produits pétroliers azerbaïdjanais a été un élément décisif qui nous a permis de mener à bien l’opération de démantèlement du monopole sur le marché des produits pétroliers, une opération qui a duré huit ans. D’autres processus peuvent durer huit ans, et nos citoyens se demandent parfois pourquoi. La réponse est simple : dans ces cas-là, nous ne prenons pas une simple mesure administrative, nous luttons littéralement contre la mafia.
Chers collègues, chers amis, au sens le plus strict du terme, oui, cette mafia existe bel et bien. Ce ne serait pas un problème si cette réalité restait uniquement nationale, mais cette mafia possède parfois des ramifications à l’étranger. Pour revenir à l’importation de produits pétroliers azerbaïdjanais, je tiens à préciser que les citoyens de la République d’Arménie ainsi que l’économie nationale auraient ressenti beaucoup plus durement la crise du détroit d’Ormuz, tant en termes de prix des produits pétroliers que d’inflation et d’approvisionnement, si l’ouverture historique de la ligne ferroviaire azerbaïdjanaise vers la République d’Arménie n’avait pas eu lieu durant cette période.
Nous entrons désormais dans la phase de mise en œuvre du projet intitulé « La voie Trump pour la paix et la prospérité internationales ». Je me réjouis de constater que, malgré une situation internationale complexe, les gouvernements des États-Unis d’Amérique, de la République d’Arménie et de la République d’Azerbaïdjan considèrent la réouverture des communications régionales ainsi que la mise en œuvre du projet TRIPP comme une priorité. Cela découle de la prise de conscience que la réalisation de ce projet dans notre région constituera un pilier essentiel d’une paix durable, stable et fiable à long terme.
Monsieur le Président de l’Assemblée nationale,
Mesdames et Messieurs les Vice-Présidents,
Mesdames et Messieurs les Députés,
Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement,
Chers citoyens,
La République d’Arménie a dépassé l’agenda qui lui avait été imposé de la survie et de la lutte, et est entrée dans une nouvelle époque historique : celle de la simple vie, du quotidien ordinaire. Dans cette période, notre mission historique est de nous instruire, de travailler, de développer notre État la République d’Arménie, avec son territoire internationalement reconnu de 29 743 kilomètres carrés et de le transmettre aux générations futures comme un État indépendant, pacifique, sûr, développé et prospère. Vivre de génération en génération et de siècle en siècle, étudier, travailler, développer la prospérité, renforcer la paix, développer l’État et le transmettre ainsi aux générations futures : telle est la magnifique mission historique dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui, que nous appelons l’agenda de la pérennité de l’État.
Mesdames et Messieurs, j’entends ici nos collègues de l’Assemblée nationale, les membres du Gouvernement, ainsi que les autres représentants du pouvoir exécutif et des collectivités locales. Je tiens à vous remercier tous pour avoir rendu possible la réalisation de cette étape historique et décisive. Mais je souhaite également souligner que l’atteinte de ce tournant a été rendue possible avant tout grâce au soutien du peuple. En effet, le Gouvernement et la majorité parlementaire n’auraient rien pu accomplir sans le mandat et le soutien populaire, sans la légitimité nécessaire pour mettre en œuvre la politique menée depuis 2021.
Et ce mandat est clairement et sans ambiguïté inscrit et je souhaite attirer particulièrement votre attention sur ce point dans le document adopté le 26 août 2021 par l’Assemblée nationale de la République d’Arménie, document dont nous examinons aujourd’hui la mise en œuvre et les résultats. Il s’agit du programme du Gouvernement pour 2021-2026, dans lequel il est clairement et sans ambiguïté énoncé que : « L’ouverture d’une ère de développement pacifique pour l’Arménie et la région constitue néanmoins la mission majeure que le Gouvernement a assumée devant le peuple à la suite des élections anticipées. »
Cela signifie que dès août 2021, nous avons déclaré que la paix serait notre objectif suprême, et cet objectif suprême est aujourd’hui réalisé. La question qui se pose est la suivante : à quel prix ? Au prix auquel cela pouvait être réalisé. Oui, au prix de nombreuses victimes et de nombreux sacrifices, au prix de nombreuses privations et souffrances, au prix d’un passage à travers l’enfer. Mais aujourd’hui, nous avons ce qui, dès le départ, constituait notre objectif suprême : un État, la paix, le développement et une perspective, un horizon, un horizon infini devant nous. Le discours selon lequel « le Karabakh était à nous et ne l’est plus » est la philosophie et le concept de notre situation dans le piège géopolitique. La réalité est que la République d’Arménie ne nous appartenait pas pleinement et qu’elle est désormais véritablement la nôtre. La réalité est que tous les territoires que nous connaissons ont été sous contrôle arménien au détriment de notre État, de notre souveraineté, de notre indépendance, de notre prospérité, de notre sécurité et de notre avenir, et nous ne l’avons pas compris, chers collègues. Nous devons admettre que nous ne l’avons pas compris. Peut-être y a-t-il eu des personnes qui l’avaient compris mais ne l’ont pas exprimé par peur. Il y en a eu d’autres qui ont compris et qui ont parlé, mais soit nous ne les avons pas écoutés, soit nous avons fait semblant de ne pas les entendre, soit nous les avons réduits au silence, convaincus qu’ils ne comprenaient pas ce dont ils parlaient. Or, nous et je m’inclus dans ce « nous » n’avons pas compris ce que nous faisions depuis 1988. Nous n’avons pas compris ce que nous faisions, et nous avons agi souvent contre nous-mêmes, en dépit des leçons que nous donnait notre histoire.
Mais aujourd’hui, nous pouvons affirmer que nous, le Gouvernement et la majorité au pouvoir, avons modifié le cours destructeur de notre histoire et avons placé la République d’Arménie sur une trajectoire historique de construction et de paix. Nous l’avons fait à travers un dialogue spirituel et moral avec nos martyrs, et un dialogue politique avec notre peuple, y compris dans une dimension de continuité et de mémoire. Aujourd’hui, notre peuple écrit un tout nouveau chapitre de son histoire, un chapitre profondément étatique, dans lequel l’État est à la fois une fin et un moyen. Une fin, car notre identité ne peut être préservée et développée que dans le cadre de l’État, et notre prospérité ainsi que notre sécurité ne peuvent être garanties que dans les conditions de l’État, uniquement dans ces conditions. Et un moyen, car l’État est le seul instrument fiable permettant de préserver et de développer notre identité, ainsi que de garantir notre prospérité et notre sécurité. L’État lui-même est une identité, et l’État est l’identité. Ainsi, l’État est à la fois une fin et un moyen. Or, l’État ne peut être préservé et développé que dans des conditions de paix, et aujourd’hui nous disposons de cette paix. Mais nous devons également prendre en compte le fait que cette paix est récente : elle est encore jeune, fragile, et elle a besoin de notre attention quotidienne, d’autant plus aujourd’hui, où cette paix naissante est devenue la cible principale d’un « parti à trois têtes de la guerre » et des forces qui le soutiennent.
Mesdames et Messieurs,
Chers compatriotes,
L’Accord sur l’établissement de la paix et des relations interétatiques entre la République d’Arménie et la République d’Azerbaïdjan, bien qu’il ne soit pas encore signé, est paraphé.
Nous devons comprendre ce que signifie un traité ou un accord paraphé. Cela signifie que les négociations sur son contenu sont achevées et qu’il est fermé à toute négociation ultérieure. Autrement dit, parapher signifie constater la clôture et l’achèvement des négociations, ainsi que leur caractère définitif.
Les représentants du « parti à trois têtes de la guerre » parlent successivement, sans se laisser de répit, de la nécessité de renégocier la paix, dans le but supposé de l’améliorer. Mais, permettez-moi de poser une question : qui peut prouver que, à la suite d’une telle renégociation, le document deviendrait effectivement meilleur ? Aujourd’hui, les forces politiques qui évoquent la renégociation se présentent avec des cartes représentant le Haut-Karabakh et les régions environnantes, ainsi qu’avec des drapeaux symbolisant ces territoires. Le développement de cette logique est inévitablement une voie vers la guerre. D’autres forces s’expriment dans le même cadre symbolique et discursif, en affirmant que l’Arménie ne devrait pas se contenter de son territoire internationalement reconnu de 29 743 kilomètres carrés. L’évolution de cette logique conduit également, de manière inévitable, à la guerre. Il ne s’agit pas ici de mathématiques supérieures. C’est une logique très simple, que nous avons déjà observée à travers notre histoire récente. Autrement dit, il ne s’agit pas seulement d’une théorie, mais d’une réalité.
Mais même si nous mettons de côté ce discours spécifique, si nous faisons un instant abstraction des détails, la question de la renégociation de la paix ouvre, dans une certaine mesure, une porte : à 50 % vers une paix potentiellement meilleure, mais à 50 % également vers l’absence de paix, c’est-à-dire vers la guerre. Indépendamment de toute autre considération, il ne s’agit plus ici d’une question de goût ou d’opinion, mais de la question même de l’existence de notre État. Le « parti à trois têtes de la guerre » tente de pousser notre État et notre peuple vers une aventure destructrice. C’est pourquoi j’insiste de manière claire et sans ambiguïté : le peuple, le citoyen de la République d’Arménie, doit être le garant de la paix, car il s’agit de sa paix, de la paix dont il a besoin. La remettre en cause équivaut à un désastre. Cela signifie remettre en question nos succès obtenus au prix de nombreux sacrifices. Et nous avons de nombreux succès. Je vais maintenant tenter d’énumérer pour vous et pour notre société les plus importants de ces succès, en espérant que le temps me le permettra, bien que ce format offre une grande liberté en matière de durée des interventions. Ainsi, entre 2021 et 2025, la croissance annuelle moyenne du produit intérieur brut de la République d’Arménie a été de 7,9 %. Je tiens à souligner que, sur la même période, la croissance économique mondiale a été en moyenne de 4,1 %, tandis qu’en République d’Arménie elle a atteint 7,9 %, soit presque deux fois plus.Au sein de l’Union économique eurasiatique, la croissance moyenne sur la même période était de 3,1 %, alors qu’en Arménie elle était de 7,9 %, soit également près du double. Pour ne pas entrer dans des considérations trop arithmétiques, retenons simplement que, dans les deux cas, il s’agit d’une croissance quasiment deux fois supérieure.
En 2025, les recettes du budget de l’État ont été supérieures de 2,3 fois à celles de 2017, soit de 1 648 milliards de drams, ou 4,3 milliards de dollars. Cela s’inscrit dans la continuité du thème de la restitution des richesses détournées, entre autres. Et d’où sont apparus ces 4,3 milliards de dollars ? Ils ont été générés grâce à la fermeture patiente et méthodique, une à une, de toutes les failles permettant le détournement et la corruption.
Les dépenses en capital par rapport à 2017, c’est-à-dire les investissements en capital dans les écoles, les jardins d’enfants, les routes, les réseaux d’eau et autres infrastructures, ont augmenté de 2,9 fois en 2025 par rapport à 2017. Mais ces données concernent des comparaisons année par année. Lorsque nous examinons des données cumulées, c’est-à-dire en comparant une année donnée à une année précédant la révolution, le tableau est encore plus impressionnant. Par rapport à 2017, la croissance réelle du PIB, selon les résultats de 2025, a atteint 53,9 %. Vous imaginez : en tenant compte de la période de la pandémie de Covid et de la guerre, il s’agit de la croissance réelle et non nominale, car la croissance nominale est encore bien plus élevée, plus du double.
Nous avons augmenté l’économie de notre pays de 53 %. D’ailleurs, sur la même période, la croissance économique mondiale entre 2018 et 2025 a été de 3 %, tandis qu’en Arménie elle a été de 5,8 %. C’est un indicateur également remarquable. Sur la même période, au sein de l’Union économique eurasiatique, la croissance économique a été de 2,3 %, alors qu’en Arménie elle a atteint 5,8 %, soit plus du double.
Durant cette même période, nous avons créé 288 000 emplois en Arménie. Imaginez : 288 000 emplois. Et il ne s’agit pas ici de simples chiffres statistiques que l’on pourrait remettre en question. Si nécessaire, ces 288 000 emplois peuvent être individualisés, avec noms et prénoms, car il s’agit d’emplois déclarés, ayant donné lieu au versement de salaires et d’impôts sur le revenu. Chaque unité de ce chiffre correspond à une personne réelle, avec une identité précise.
Par ailleurs, le revenu mensuel moyen a augmenté de 87 % par rapport à 2017. Sur la même période, l’inflation cumulée s’est élevée à 29 %. C’est également la raison pour laquelle nous affirmons, et ces chiffres le démontrent sans ambiguïté, qu’entre 2018 et aujourd’hui, les personnes actives vivent au moins 55 % mieux qu’auparavant. Cet indicateur est corroboré par de nombreuses données. Lors de la discussion du rapport de l’année précédente, j’avais présenté un calcul montrant que, grâce à la dynamique issue de la révolution, entre 2018 et 2024, 4,2 milliards de dollars supplémentaires étaient entrés dans le budget de l’État. Ce discours est disponible, je n’y reviendrai pas en détail. Autrement dit, si la révolution n’avait pas eu lieu et si le rythme de croissance de la période précédente avait été maintenu, le budget aurait enregistré 4,2 milliards de dollars de recettes en moins. Aujourd’hui, je suis heureux de constater que, selon la même méthodologie, les résultats de 2025 montrent que le « coût de la révolution », pour ainsi dire, s’élève à 6,6 milliards de dollars pour la République d’Arménie. Et si l’on tient compte d’éventuelles discussions méthodologiques, et que l’on déduit les effets de l’inflation, ce montant pourrait être ramené à environ 6 milliards, voire à 5,5 milliards de dollars nets, sans autre facteur additionnel.
Une question très importante peut désormais se poser : où est allé cet argent ? Qu’avons-nous fait de ces fonds ? Le député Sergueï Bagratian avait, lors d’une des séances précédentes, posé une question en ce sens, en évoquant l’existence de divers programmes de soutien et en demandant si nous disposions d’un calcul précis du montant de l’aide apportée aux citoyens à travers ces dispositifs. Nous avons effectué ce calcul, et pour être tout à fait honnête, il nous a nous-mêmes surpris. De quoi s’agit-il ? Il s’agit de l’ensemble des programmes par lesquels le Gouvernement, sans y être juridiquement obligé par aucune loi particulière, a mis en œuvre divers mécanismes de soutien. Par exemple, le programme de subvention de 50 % pour la construction d’étables intelligentes, dont bénéficient directement les citoyens.
Mesdames et Messieurs, je tiens à constater que, entre 2018 et 2025, nous avons mis en œuvre des programmes d’assistance d’un montant total de 1 410 milliards de drams. Autrement dit, il s’agit de sommes directement reversées aux citoyens de la République d’Arménie à travers différents programmes. Cela représente environ 3,7 milliards de dollars. Depuis 2018, nous avons donc versé 3,7 milliards de dollars directement à nos citoyens. Ces programmes sont très divers : remboursements effectués par voie dématérialisée, programme de cashback pour les retraités et les bénéficiaires d’allocations sociales, aides financières pour les familles ayant trois enfants ou plus, programme de soutien au logement pour les familles avec enfants, ainsi que des programmes de soutien aux entreprises et aux entrepreneurs individuels opérant dans le secteur des hautes technologies.Par exemple, dans ce seul domaine, nous avons apporté un soutien d’environ 31 milliards de drams.
Mesdames et Messieurs, chers collègues, յe tiens à constater que, entre 2018 et 2025, nous avons mis en œuvre des programmes de soutien d’un montant total de 1 410 milliards de drams, que nous avons directement réinjectés auprès des citoyens de la République d’Arménie à travers divers dispositifs. Cela représente 3,7 milliards de dollars. Depuis 2018, nous avons donc simplement transféré 3,7 milliards de dollars à nos citoyens.
Ces programmes sont très diversifiés: remboursements effectués par des moyens dématérialisés, programme de cashback pour les retraités et les bénéficiaires d’allocations sociales, aides financières aux familles ayant trois enfants ou plus, programme de soutien au logement pour les familles avec enfants, ainsi que des programmes de soutien aux entreprises et aux entrepreneurs individuels opérant dans le secteur des hautes technologies. Par exemple, dans ce seul domaine, nous avons accordé environ 31 milliards de drams d’aide.
Programme de soutien au leasing de machines agricoles : 4,5 milliards de drams ; programme de soutien au leasing d’équipements pour le secteur agroalimentaire : 14,4 milliards de drams ; programme d’aide publique à la modernisation de l’économie (également appelé programme de leasing) : 52,8 milliards de drams. Nous avons ainsi, à travers des mécanismes dématérialisés, distribué ces aides à des milliers de citoyens. Subventions pour les intérêts de crédits destinés à la création de vergers intensifs, de vignobles modernes et de plantations de petits fruits : 10,7 milliards de drams ; subvention au développement de l’arboriculture intensive : 50,9 milliards de drams.
Autrement dit, rien que pour ces deux programmes, environ 100 milliards de drams ont été investis dans l’agriculture et directement versés à des bénéficiaires concrets. Et je tiens à souligner que, lorsque je parle de ces programmes, il ne s’agit pas de mécanismes où les fonds passent d’un responsable à un autre du gouverneur au maire, du maire au chef de village pour ensuite être dilués dans des processus informels. Chaque drame est traçable. Chaque bénéficiaire est identifiable. Si nous voulons savoir qui a reçu quoi, à partir de ces 50 milliards, tout est traçable. Il s’agit là d’un point extrêmement important.
Programme de subvention des taux d’intérêt des crédits destinés à l’achat et à la collecte de produits agricoles : il s’agit d’un programme dont les résultats montrent précisément que les agriculteurs ne se plaignent pas de difficultés de collecte ou de prix insuffisants, même si, naturellement, la question des prix demeure toujours présente chacun souhaitant vendre plus cher. Montant: 18,7 milliards de drams. Programme de soutien public à la rénovation énergétique des logements et des maisons individuelles: nous avons versé 13,3 milliards de drams aux citoyens de la République d’Arménie afin qu’ils puissent rénover leurs habitations.
Mesdames et Messieurs, quel autre gouvernement au monde donne de l’argent à ses citoyens pour qu’ils rénovent leurs propres maisons ? Vous comprenez ? C’était donc pour cela que nous avons fait la révolution. Oui, c’était aussi pour cela.
Remboursement des intérêts des crédits hypothécaires : grâce à ce programme, des dizaines de milliers de citoyens sont devenus propriétaires. Montant total : 327,4 milliards de drams. Oui, 327,4 milliards de drams, nous avons effectué ce calcul de manière précise.Remboursement des dépenses sociales prévues par la loi pour les personnes considérées comme déclarantes de revenus : 9,1 milliards de drams, et ainsi de suite. Autrement dit, 3,7 milliards de dollars ont été directement reversés aux citoyens. Et c’est précisément cela, entre autres, qui explique pourquoi la révolution a eu lieu en Arménie.
Je voudrais maintenant revenir à une déclaration que j’ai faite le 15 mai 2018, lors de la présentation du ministre nouvellement nommé de la Santé. Cette déclaration, je l’ai également répétée à différentes occasions : l’une des priorités du secteur était de garantir, en République d’Arménie, que toute personne ayant besoin de soins médicaux et d’assistance médicale ne reste pas à la porte des hôpitaux. J’ai fait cette déclaration le 15 mai 2018, Mesdames et Messieurs.Aujourd’hui, bien sûr, je viens parler de l’assurance santé. Mais une question peut se poser : pourquoi l’assurance santé n’a-t-elle été introduite que le 1er janvier 2026, alors que j’avais fait cette déclaration en mai 2018 ? La réponse est simple : parce que nous avons suivi un chemin. Si nous avions introduit l’assurance santé en juin 2018 ou dès le 1er janvier 2019, le système de santé se serait effondré.
Que faisons-nous donc avant cela ? Nous avons d’abord progressivement élargi le système de commande publique, puis introduit un système d’offres. Pendant ce temps, des réactions et des controverses apparaissaient régulièrement sur les réseaux sociaux. Nous avons également développé le système de santé électronique. Vous souvenez-vous des polémiques autour des ordonnances électroniques ? « Qu’est-ce que c’est que cela ? », disaient certains. Pourtant, sans ces réformes sans ordonnance électronique et sans ces transformations, nous ne pourrions aujourd’hui, même en nous élevant dans le ciel, mettre en place un système d’assurance santé.
Toutes les réformes douloureuses, celles pour lesquelles nous avons été critiqués, nous les avons, excusez-moi, utilisées comme un bulldozer pour ouvrir la voie vers la réalité irréversible d’aujourd’hui. Et cette réalité n’est pas seulement un slogan politique. Comme je l’ai déjà mentionné, l’espérance de vie en Arménie a atteint 78,6 ans au cours de ce processus et cela sans même que le système d’assurance santé soit encore pleinement mis en œuvre. Nous avançons simplement dans cette direction. Et qu’observons-nous aujourd’hui ? Par rapport à 2017, le budget de la santé en République d’Arménie a été multiplié par 2,6, soit une augmentation de 157 %.
Le principal enjeu auquel nous sommes régulièrement confrontés est celui de la perception du lien entre les politiques publiques et la vie quotidienne des citoyens. Il est souvent dit : « il s’agit du gouvernement, de chiffres abstraits », mais la question essentielle est de comprendre quel est l’impact concret de ces chiffres sur les citoyens.
Ce lien est en réalité très direct. Lors de nos visites régionales, c’est d’ailleurs l’un des thèmes les plus fréquemment abordés par les citoyens eux-mêmes. Ainsi, hier encore, dans la région d’Ararat, un citoyen m’a déclaré : « Au cours du dernier mois, vous avez dépensé environ un million de drams pour moi ». Cette remarque illustre précisément ce que recouvrent les politiques publiques dans leur dimension concrète.
À titre d’exemple, entre le 1er janvier et hier, en République d’Arménie, 439 personnes âgées de plus de 65 ans ont bénéficié de services de santé dont le coût dépasse 4 millions de drams par personne. Cela signifie que l’État a, en quelque sorte, accompagné ces citoyens tout au long de leur prise en charge médicale, avec des prestations d’une valeur particulièrement élevée. Par ailleurs, 1 133 personnes de la même tranche d’âge ont reçu des services compris entre 2 et 4 millions de drams, et 4 721 personnes entre 1 et 2 millions de drams.
Il convient de souligner que ces données peuvent être vérifiées dans le respect du secret médical. Toutefois, si nécessaire, une commission d’enquête parlementaire peut être constituée à cet effet. Toujours parmi les personnes âgées de plus de 65 ans, 9 129 ont bénéficié de services compris entre 500 000 et 1 million de drams, 41 286 de services entre 100 000 et 500 000 drams, 41 356 entre 50 000 et 100 000 drams, et 141 566 jusqu’à 50 000 drams, ces dernières prestations concernant principalement des médicaments, consultations et examens médicaux de base. Au total, au cours des trois derniers mois, l’État a fourni pour 34 milliards 110 millions de drams de services de santé à 239 630 personnes âgées.
Concernant les groupes sociaux vulnérables, notamment les personnes en situation de handicap ou de précarité, 153 personnes ont bénéficié de services de santé dépassant 4 millions de drams, 236 entre 2 et 4 millions de drams, 1 097 entre 1 et 2 millions de drams, 2 152 entre 500 000 et 1 million de drams, 12 661 entre 100 000 et 500 000 drams, 9 890 entre 50 000 et 100 000 drams, et 41 401 jusqu’à 50 000 drams.
Je constate qu’un exposé détaillé sur le seul système de santé prolongerait considérablement cette intervention, je passerai donc à la question des pensions. Je tiens à souligner une avancée historique dans le domaine de la protection sociale des retraités. Pour la première fois dans l’histoire de la République d’Arménie, le revenu moyen des retraités dépasse désormais le panier de consommation minimum, fixé récemment à 61 768 drams.
Les pensions ont été augmentées de manière progressive et systématique. Cette évolution est le résultat d’une politique cohérente mise en œuvre depuis plusieurs années. En 2019, nous avons doublé la pension minimale, puis nous l’avons progressivement alignée sur le panier alimentaire minimum, afin de garantir qu’aucun retraité ne se trouve en situation de précarité alimentaire. Aujourd’hui, nous avons atteint le niveau du panier de consommation minimum, ce qui constitue une avancée significative.
Depuis le 1er janvier 2023, le système d’aide aux enfants de moins de deux ans a été entièrement réformé. Le montant de base a été porté de 28 000 à 31 700 drams, et le dispositif a été étendu à toutes les mères, indépendamment de leur statut professionnel. Dans les zones rurales, cette allocation a été portée à 69 100 drams.
Depuis le lancement de ce programme, 74,7 milliards de drams ont été alloués. Par ailleurs, en 2026, environ 200 millions de dollars supplémentaires seront consacrés à l’augmentation des pensions.
Un autre programme important concerne l’aide financière accordée à la naissance du troisième enfant et de chaque enfant suivant jusqu’à l’âge de six ans. En 2025, en moyenne, 39 772 enfants bénéficient de ce dispositif. Depuis sa mise en œuvre, le montant total alloué s’élève à 56 milliards 510 millions de drams.
Je souhaite également évoquer le programme de certification des enseignants. Aujourd’hui, 13 enseignants perçoivent plus de 700 000 drams, 70 entre 600 et 700 000 drams, 220 entre 500 et 600 000 drams, et 1 362 entre 400 et 500 000 drams. Près d’un tiers du corps enseignant, soit environ 9 600 enseignants, ont été certifiés.
Ce programme a également permis l’arrivée de plus de 4 000 nouveaux enseignants dans le système éducatif en 2024-2025, dont plus de la moitié dans les zones rurales. Dans la prochaine phase, le salaire des enseignants certifiés sera porté à 300 000 drams, contre 200 000 actuellement.
Le programme de construction de 300 écoles et 500 jardins d’enfants constitue l’un des projets structurants de notre politique éducative. À la fin de l’année 2025, plus de 122 écoles et environ 280 jardins d’enfants auront été achevés. D’ici septembre 2026, 260 écoles et 429 jardins d’enfants seront livrés, et d’ici décembre 2026, 301 écoles et 500 jardins d’enfants. Les travaux du programme suivant de 300 écoles ont déjà commencé, et 54 établissements sont actuellement en construction. Enfin, je souhaite évoquer le financement de la science. Entre 2017 et 2025, les crédits publics alloués à la science ont été multipliés par 2,8, passant de 14,3 milliards à 40,2 milliards de drams.
Les salaires dans le secteur scientifique ont également connu une croissance significative, doublant, triplant, voire quadruplant selon les catégories professionnelles. Les investissements en équipements scientifiques sont passés de 961 millions de drams entre 2013 et 2017 à environ 15 milliards de drams entre 2018 et 2025, permettant le financement de 124 projets d’acquisition d’équipements scientifiques.
Le plus important est que l’Université d’État d’Erevan a fondé le Centre d’intelligence artificielle, pour lequel le budget de l’État a alloué un total de 3,7 milliards de drams afin d’acquérir et d’installer un superordinateur. Il s’agit également de dépenses qui, en principe, ne relevaient pas strictement des obligations du gouvernement. Si cela faisait partie de ses obligations, pourquoi n’avait-on pas assumé ces responsabilités auparavant ? À l’époque précédente, seulement environ 900 millions de drams avaient été alloués, ce qui, en substance, correspond à un montant relativement limité.
Nous avons déjà acquis pour nos écoles le double de ce montant. Depuis le lancement de ce programme, nos enfants ont probablement déjà cassé, ou casseront, pour environ 900 millions de drams de matériel scientifique. Nous n’y sommes pas opposés ; au contraire, nous affirmons qu’il ne faut pas enfermer ces ressources dans des coffres, mais permettre aux enfants de les utiliser, car il s’agit d’un investissement dans notre avenir.
Par ailleurs, dans les collèges d’Arménie, un système de bourses a été introduit pour les filières prioritaires. Les étudiants ayant des résultats suffisants reçoivent une bourse de 50 000 drams, et les meilleurs étudiants une allocation plus élevée. Aujourd’hui, environ 3 040 étudiants dans les collèges reçoivent cette bourse de 50 000 drams. Le même système s’applique aux étudiants des universités dans les filières prioritaires, où environ 70 000 drams sont versés, et davantage pour les étudiants excellents. Plus de 500 étudiants bénéficient actuellement de ces bourses. Dans les académies militaires, les étudiants excellents reçoivent une bourse de 140 000 drams.
Comme l’a dit le président du Parlement, il s’agit d’un défi : j’avais indiqué que je pouvais poursuivre l’énumération des réalisations. Permettez-moi maintenant de continuer sur ce sujet. Entre 2018 et 2025, nous avons réalisé la construction, la rénovation et la réhabilitation de 4 735 kilomètres de routes, dont 1 346 kilomètres dans le cadre de programmes de subvention. Aujourd’hui, je constate avec satisfaction que les citoyens photographient les routes et publient des images des nids-de-poule sur les réseaux sociaux. C’est une évolution positive, car auparavant il était même difficile de photographier les routes endommagées.
Qui se souvient aujourd’hui de l’état des routes Bagratashen-Erevan, Erevan-Goris, Erevan-Meghri, Erevan–Gyumri ou Erevan-Vanadzor en 2018 ? Moi, je m’en souviens, et beaucoup d’autres également. L’axe Nord–Sud, notamment le tronçon Ashtarak-Gyumri, est désormais une réalité. Nous avons construit ou rénové des routes d’importance stratégique dont on parlait depuis 1993.
La route Ganzaqar–Itsakar, par exemple, était évoquée depuis ma première année universitaire. À Berd, une initiative citoyenne avait lutté pendant 15 ans pour obtenir une route sécurisée. Aujourd’hui, la communauté de Berd dispose d’une infrastructure routière sûre, ainsi que de la route Ganzaqar–Itsakar, déjà achevée et prête à être inaugurée.
Des routes telles que Ttujuur-Navur, Tatev-Ltsen, Tatev-Shinuhayr et Khot-Vorotan ont également une importance stratégique. Certains diront peut-être que cela implique des concessions territoriales, mais nous n’avons cédé aucune terre. Nous avons reconnu l’intégrité territoriale de la République d’Arménie, car il est absurde qu’un État ne reconnaisse pas son propre territoire. Cela mène inévitablement à sa destruction. Nous avons nous-mêmes participé à ce processus par le passé, mais nous avons eu la lucidité et la force de reconnaître cette réalité et de changer le cours de notre histoire.
Les programmes de subvention constituent un chapitre à part. Outre ces programmes, dans lesquels l’État a investi environ 141 milliards de drams, il faut souligner que, sans compter les subventions partagées avec les collectivités locales, le gouvernement de la République d’Arménie a investi environ 2,8 milliards de dollars dans les régions depuis 2018. Ces investissements concernent les routes, les écoles et de nombreux autres projets. Les régions de l’Arménie n’ont jamais bénéficié, dans toute leur histoire, d’un tel niveau d’investissement. Il s’agit là d’un constat particulièrement important.
Je tiens à souligner que des programmes de subventions d’un montant total de 148 milliards de drams ont également été financés dans les régions. Il importe de préciser que ce montant est distinct des investissements directs, qui s’élèvent à 940 milliards de drams et qui ont été réalisés dans différentes régions, notamment pour la construction d’infrastructures routières, de jardins d’enfants et d’autres projets structurants.
Dans le cadre des programmes de subventions, 148 milliards de drams ont été alloués par le gouvernement depuis 2018, tandis que 132 milliards de drams ont été financés par les ressources propres des collectivités locales. Il convient toutefois de souligner que ces résultats ont été rendus possibles grâce au soutien significatif apporté aux collectivités, leur permettant d’accroître leurs capacités financières.
S’agissant des dotations, leur volume a augmenté de 124 % en 2025 par rapport à 2017, soit une hausse de 59,9 milliards de drams des fonds alloués aux collectivités. Il s’agit d’un résultat particulièrement important.
Dans la même logique, un soutien conséquent a été accordé à la capitale. Ainsi, entre 2018 et 2025, un montant de 143 milliards de drams a été alloué à Erevan. Cela démontre que les investissements publics ont été orientés de manière équilibrée, tant vers les régions que vers la capitale.
Chers collègues,
Dans notre réalité, il est souvent question de l’un des axes majeurs de la période post-révolutionnaire, à savoir la restitution des biens acquis illégalement. Des progrès tangibles ont été enregistrés dans ce domaine. En particulier, dans le cadre du droit exclusif du parquet d’engager des actions en justice pour la protection des intérêts des collectivités, 124 biens, d’une valeur totale d’environ 66,9 milliards de drams, ont été restitués aux collectivités de la République d’Arménie.
Permettez-moi d’illustrer cette évolution par l’exemple de ma ville natale, Ijevan. En 2018, le parc de notre enfance était, de fait, privatisé, principalement par un même propriétaire. Cette situation empêchait la mise en œuvre de projets d’investissement et la réhabilitation du parc. Beaucoup pouvaient légitimement s’interroger sur l’absence de restauration, mais celle-ci était impossible tant que le bien restait une propriété privée acquise de manière contestable.
Aujourd’hui, ce processus de restitution est engagé. Bien qu’il ne soit pas encore achevé, des résultats concrets sont déjà visibles. À Ijevan, nous avons lancé la construction d’une piscine extérieure moderne destinée aux enfants, ainsi que d’un amphithéâtre, parallèlement à la réhabilitation du parc.
Par ailleurs, au 31 décembre, 155 affaires relatives à la restitution de biens acquis illégalement sont en cours d’examen devant les tribunaux, pour un montant total de 595 milliards de drams.
Je tiens également à reconnaître de manière directe que nous espérions des progrès plus rapides que ceux que nous constatons aujourd’hui. La question se pose donc : pourquoi n’avançons-nous pas à un rythme suffisant dans ces domaines, tant en matière civile que, selon toute vraisemblance, dans le domaine de la révélation des infractions ?
Dans ce contexte, je le dis ouvertement et sans détour : l’une des raisons tient au fait que nous menons une lutte frontale et déterminée contre une mafia structurée, qui s’est constituée en Arménie au fil de nombreuses années.
Je souhaite ici souligner un point essentiel. Il nous est souvent reproché, notamment par l’opposition, que les résultats en matière de restitution des biens acquis illégalement ne sont pas à la hauteur des attentes. Cependant, aucun de ces acteurs n’affirme, dans son programme, qu’il ferait mieux dans ce domaine. Au contraire, la seule force politique en République d’Arménie qui demeure constante et fidèle à cette ligne de principe, c’est la nôtre. D’autres considèrent que ce sujet appartient désormais au passé. Pourtant, ce sont précisément les acteurs concernés par ces mesures qui tentent d’exploiter les insuffisances du processus pour en faire un argument politique contre nous, en affirmant que « rien n’est fait ».
Or, non seulement nous n’avons jamais dévié de cette orientation, mais nous sommes également la seule force politique à maintenir de manière cohérente cette question au cœur de notre agenda. Comme je l’ai déjà déclaré, et je le réaffirme, il n’existe pas d’alternative à la poursuite de cette politique.
Je tiens également à souligner que nos résultats dépassent largement ce qui est généralement perçu. L’exemple du réseau de distribution d’électricité en est une illustration significative. Il s’agit de la plus grande infrastructure stratégique du pays, qui a été, en réalité, transférée de manière contestable, y compris en s’appuyant sur certains mouvements civiques comme écran. Aujourd’hui, nous en avons rétabli le contrôle de facto, et nous œuvrons à sa restitution de jure.
Par ailleurs, les investigations ont révélé que les anciens gestionnaires de cette infrastructure ont, pendant des années, pratiqué des surfacturations et des détournements, notamment en imputant des consommations d’électricité excessives à des institutions publiques telles que des unités militaires, des jardins d’enfants, des hôpitaux et d’autres établissements publics. Ces pratiques ont permis la constitution de profits considérables au détriment de l’État et des citoyens.
Bien que certaines données aient été supprimées en 2024, j’exprime l’espoir que les autorités compétentes parviendront à établir les faits dans le cadre des procédures pénales en cours. Selon certaines informations opérationnelles, des analyses menées dans trois branches du réseau — sur un total de huit, ont déjà permis de mettre en évidence des irrégularités s’élevant à plusieurs milliards de drams, estimées à environ 6 milliards.
Je souhaite également évoquer un autre exemple concret. À la suite d’une action engagée par la République d’Arménie, un bien immobilier appartenant à un ancien haut responsable, situé aux États-Unis, a été mis aux enchères. Le processus est en cours, et je tiens à remercier le gouvernement des États-Unis pour sa coopération. Une partie substantielle du produit de la vente, après déduction des frais et dans le cadre des procédures juridiques engagées, sera restituée au budget de l’État arménien. Bien que je ne puisse pas préciser le montant exact à ce stade, il s’agit de plusieurs dizaines de millions de dollars.
Tout cela démontre que les difficultés rencontrées dans la restitution des biens acquis illégalement s’expliquent en grande partie par la nature même du phénomène auquel nous faisons face. Une mafia, par définition, est diffuse et difficile à identifier : elle peut se trouver dans les institutions exécutives, législatives, judiciaires ou dans d’autres structures de l’État. Si ces réseaux étaient facilement identifiables, leur démantèlement serait rapide. Or, leur complexité rend ce processus particulièrement exigeant. C’est précisément pour cette raison que nous poursuivrons, avec constance et détermination, la lutte contre ces réseaux.
Aujourd’hui également, on constate que le nombre de personnes qui expriment des inquiétudes ou des critiques au sujet de l’armée ne cesse d’augmenter. Je tiens à souligner qu’aujourd’hui, au sein des forces armées de la République d’Arménie, il existe des militaires percevant une rémunération de 700 000 drams et plus.
À mon avis, le programme « Défenseur de la Patrie » n’a pas reçu l’appréciation qu’il mérite. En quoi consiste ce programme ? Le conscrit signe un contrat pour servir non pas deux ans, mais cinq ans. À l’issue de cette période, il perçoit une prime de 5 millions de drams et, à la suite d’une certification, il peut obtenir une rémunération pouvant atteindre 500 000, 600 000, voire 700 000 drams.
Je considère important de souligner que ces jeunes soldats de 18 à 19 ans apportent chaque mois à leur famille des revenus significatifs des montants que, dans bien des cas, ces foyers n’avaient jamais perçus auparavant en une seule fois. De plus, ils vivent à domicile en dehors du service. Cela constitue à la fois une solution sociale, un facteur d’équilibre territorial, car ils restent liés à leur famille et un élément de sécurité.
En 2021, on nous demandait comment il était possible de maintenir le service militaire obligatoire tout en construisant une armée professionnelle. La réponse est devant vous.
Quant aux investissements annoncés,ces milliards supplémentaires, il suffit de se rendre sur les positions fortifiées pour constater concrètement leur utilisation : des conditions de service plus sûres, plus modernes et plus dignes pour les soldats. Nous avons à plusieurs reprises invité l’opposition à venir constater ces réalisations sur le terrain et à les comparer avec la situation antérieure.
Je souhaite également souligner que le nombre d’admissions à l’Académie militaire a augmenté de 2,7 fois par rapport à 2018. À cette époque, l’académie était au bord de la fermeture en raison du manque de candidats. Aujourd’hui, les étudiants perçoivent une bourse de 175 000 drams, et à l’issue de leurs études, ils peuvent accéder à des rémunérations allant jusqu’à 750 000 drams en tant qu’officiers. À partir de 2026, les diplômés entrant en service bénéficieront également d’un logement.
Nous avons également entrepris de résoudre un problème de longue date lié au logement des militaires. À ce jour, 2 820 personnes figurent sur les listes d’attente. Un mécanisme a été mis en place et, dans les quatre prochaines années, cette obligation sera entièrement remplie.
Il est également important de noter que nous avons pu réduire la durée du service militaire obligatoire à un an et demi, contre deux ans auparavant. Il s’agit là d’un résultat concret lié à l’amélioration de l’environnement de sécurité.
En ce qui concerne l’acquisition d’armements, je me limiterai à rappeler que, bien que certaines informations aient circulé dans la presse internationale, nous avons choisi de faire preuve de transparence envers notre population. À l’occasion du 28 mai, jour de la République, nous présenterons sur la place de la République les équipements acquis depuis 2022, afin de rendre compte de nos actions. Parallèlement, 170 milliards de drams de commandes ont été passés au complexe militaro-industriel national au cours des trois dernières années.
Sur le plan diplomatique, nous avons acquis de nouveaux bâtiments pour nos représentations à Londres, Paris et Bruxelles. Aujourd’hui, la République d’Arménie dispose d’ambassades situées dans des zones centrales de ces capitales. Il s’agit d’investissements importants, représentant plusieurs dizaines de millions de dollars, qui constituent des actifs de l’État.
Au-delà des indicateurs financiers, je souhaite souligner une réalisation majeure : en avril 2026, tous les points de passage frontaliers de la République d’Arménie sont placés sous le contrôle intégral des forces frontalières arméniennes. Il s’agit d’un acquis d’une valeur inestimable.
Par ailleurs, l’année 2025 marque un tournant historique : pour la première fois depuis l’indépendance, le flux migratoire net est devenu positif. Le nombre de citoyens retournant en Arménie dépasse de plus de 8 000 celui des départs.
C’est ici qu’il convient de répondre à une question souvent posée: « Est-ce pour cela que nous avons fait la révolution ? » Oui, c’est précisément pour cela pour que les citoyens de la République d’Arménie ne quittent plus leur pays, mais y reviennent, et qu’ils voyagent à l’étranger par choix, et non par nécessité.
Ainsi, entre 2017 et 2025, le nombre de voyageurs en provenance d’Arménie vers l’Union européenne a augmenté d’environ 400 %. Aujourd’hui, il est possible d’acquérir des billets d’avion à des prix très accessibles vers les capitales européennes, ce qui témoigne des transformations du secteur aérien.
Oui, chers citoyens de la République d’Arménie, c’est pour cela que nous avons fait la révolution : pour bâtir un État au service du bien-être, de la liberté, de la sécurité et du bonheur de ses citoyens.
Gloire aux héros tombés pour la patrie, et vive la République d’Arménie.








