Discours et messages

Discours du Premier ministre Nikol Pashinyan lors de l’examen du rapport annuel sur l’exécution du budget de l’État pour l’année 2025 dans le cadre des réunions des commissions de l’Assemblée nationale

08.06.2026

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Monsieur le Président de l’Assemblée nationale,
Mesdames et Messieurs les Vice-présidents,
Mesdames et Messieurs les députés,
Madame la Présidente de la Commission,
Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement,

Je tiens tout d’abord, moi aussi, à féliciter le peuple de la République d’Arménie pour sa victoire lors des élections du 7 juin 2026. Par son vote, le peuple de la République d’Arménie a défendu l’État, l’indépendance, l’avenir, la paix et la République d’Arménie. Je dois également constater que la coalition tripartite de la guerre a subi une défaite écrasante. Il s’agit d’un résultat important, mais non définitif, car je considère que le peuple a également exprimé clairement sa volonté que cette coalition tripartite de la guerre, ainsi que le système criminel-oligarchique qui l’accompagne soient déracinés de la République d’Arménie. Cela constituera naturellement l’une des priorités essentielles de l’agenda de la majorité politique et du Gouvernement, que nous devrons mettre en œuvre sans délai, avec détermination et au moyen de mesures spécifiques.

Je souhaite également féliciter le parti Contrat civil pour le résultat obtenu et pour sa victoire. Le parti Contrat civil disposera d’une majorité parlementaire et formera également le Gouvernement. Au cours des prochains mois, nous aurons l’occasion d’aborder cette question plus en détail.

Aujourd’hui, chers collègues, je suis ici à l’occasion de l’examen du rapport sur l’exécution du budget de l’État pour l’année 2025. Je tiens à souligner qu’au terme de l’année 2025, les recettes du budget de l’État de la République d’Arménie se sont élevées à 2 886,5 milliards de drams, soit 307 milliards de drams, ou 11 %, de plus qu’en 2024, et 1 648,8 milliards de drams de plus qu’en 2017, soit un montant supérieur de 2,3 fois. Il s’agit d’un indicateur particulièrement remarquable, puisqu’il démontre que, par rapport à 2017, la partie recettes du budget de l’État a plus que doublé en 2025, enregistrant une augmentation d’environ 135 %. Autrement dit, nous avons d’abord ajouté au budget de 2017 l’équivalent exact d’un autre budget de 2017, auquel se sont encore ajoutés 35 %. Je considère qu’il s’agit là d’un indicateur particulièrement important et significatif. À cet égard, je souhaite une nouvelle fois remercier tous les citoyens de la République d’Arménie qui travaillent, créent de la valeur et s’acquittent des impôts prévus par la loi, ainsi que tous les acteurs économiques et tous les citoyens qui demandent et délivrent des reçus de caisse, car, comme j’ai eu l’occasion de le souligner à maintes reprises, le budget de la République d’Arménie est notre budget familial commun, le budget familial de la République d’Arménie, et chacun d’entre nous doit adopter précisément cette attitude à l’égard du budget de l’État.

Je considère également nécessaire de souligner que les dépenses du budget de l’État ont elles aussi connu une augmentation substantielle. Elles se sont élevées à 3 305 milliards de drams, soit, là encore, plus du double du niveau de 2017, avec une hausse de 120 %. Il convient également de relever que les dépenses d’investissement ont enregistré une progression significative. Elles ont augmenté de 464,2 milliards de drams, soit plus de 2,9 fois, ou encore de 190 %. Cet élément mérite une attention particulière, car ce sont précisément ces dépenses qui permettent de mettre en œuvre les projets concrets dont nous parlons et dont nous sommes fiers. Il est également important de constater qu’à la faveur de la forte croissance économique enregistrée ces dernières années, le niveau des dépenses d’investissement dans les secteurs économique et social en 2025, y compris la part des programmes de subvention, a plus que triplé par rapport à 2018, augmentant de 3,5 fois.

Il s’agit de données particulièrement importantes, chers collègues. Tels sont, dans leur ensemble, les principaux indicateurs du budget de l’État. Toutefois, il est également essentiel de faire le point sur les résultats concrets obtenus. Vous savez qu’en 2026 le système d’assurance maladie universelle est entré en vigueur. Je tiens cependant à souligner qu’il ne s’agit pas d’un événement isolé qui serait survenu soudainement le 1er janvier 2026. Il s’agit, en réalité, du résultat de huit années de réformes cohérentes et progressives, menées étape par étape, qui nous ont permis d’atteindre cet objectif. Car l’enjeu n’est pas seulement d’introduire un système d’assurance maladie universelle, mais également d’en garantir le fonctionnement normal et efficace. Étant donné que, durant la campagne électorale, certaines spéculations ont circulé selon lesquelles le système d’assurance maladie serait supprimé après les élections et que le Gouvernement l’aurait instauré à des fins électorales, je tiens à déclarer clairement que ce système non seulement ne sera pas supprimé, mais qu’il sera également étendu au cours des prochaines années. Nous prévoyons qu’en 2028 l’ensemble de la population sera couvert par le système d’assurance maladie. À ce stade, le résultat le plus important est que les enfants de moins de 18 ans, ainsi que les retraités âgés de 65 ans et plus bénéficient déjà de cette assurance maladie financée par le budget de l’État. Il s’agit également d’un acquis majeur. L’une des autres réalisations les plus importantes de l’année 2025 concerne l’augmentation des pensions. Bien que celle-ci soit entrée en vigueur le 1er avril 2026, il importe de souligner que cette décision a été prise après l’analyse des résultats de la croissance économique enregistrée en 2025. En effet, la croissance économique constatée, soit 7,1 %, a dépassé les prévisions. Une fois cette croissance enregistrée, il est devenu évident pour nous que la part supplémentaire, non anticipée, de cette croissance devait se traduire par une amélioration de la situation sociale dans le pays. C’est pourquoi nous avons décidé, comme vous le savez, d’augmenter les pensions. Pour la première fois dans l’histoire de notre pays, la pension moyenne est aujourd’hui supérieure au panier minimum de consommation, en tenant compte également du système de remboursement appliqué aux paiements non numéraires, qui constitue un facteur important. Je souhaite souligner une nouvelle fois qu’entre 2018 et 2026, soit au cours des huit dernières années, nous sommes intervenus à sept reprises sur les questions relatives aux pensions, que ce soit par des augmentations directes des pensions ou par la mise en place du système de remboursement applicable aux paiements non numéraires.

Bien entendu, l’un des résultats importants du budget de l’État pour l’année 2025 réside également dans le fait que nous avons poursuivi avec succès, et continuons de mettre en œuvre, le programme « 300 écoles, 500 jardins d’enfants ». À l’heure actuelle, 374 établissements scolaires sont déjà en phase de construction. Autrement dit, nous prévoyons d’achever le programme des 300 écoles en 2026 et d’engager immédiatement un nouveau programme portant sur la construction, la reconstruction ou la rénovation de 300 écoles supplémentaires. Je tiens également à préciser que les crédits alloués à ce programme dépassent désormais un milliard de dollars. Plus précisément, près de 1,2 milliard de dollars ont été consacrés au programme de construction scolaire. Il s’agit, à mon sens, d’un indicateur budgétaire particulièrement important. Certes, il ne s’agit pas du résultat d’une seule année, mais d’un résultat obtenu entre 2021 et aujourd’hui. Le programme « 500 jardins d’enfants » est lui aussi en cours de mise en œuvre et progresse avec succès. J’évalue positivement son avancement et nous sommes convaincus que cette année nous aurons achevé 500 jardins d’enfants, ce qui augmentera considérablement l’accessibilité des structures préscolaires pour nos enfants.

En 2025, nous avons également réussi à atteindre notre objectif concernant la construction et la réhabilitation de 500 kilomètres de routes. Je tiens également à souligner que le tronçon Ashtarak-Gyumri de l’autoroute Nord-Sud est achevé et déjà en exploitation. Vous le savez tous, nous avons inauguré cette infrastructure ensemble. Toutefois, l’événement le plus important de l’année 2025 demeure, bien entendu, celui du 8 août à Washington, lorsque nous avons établi la paix avec l’Azerbaïdjan en paraphant l’accord de paix et en adoptant une déclaration signée également, en qualité de témoin, par le président des États-Unis, Donald Trump. Notre tâche est désormais très claire : nous nous préparons à institutionnaliser cet accord de paix et poursuivrons nos travaux dans cette direction. Il est également important de souligner qu’au cours de cette période nous sommes parvenus à finaliser l’accord Arménie-États-Unis relatif au projet TRIPP. Cet accord est désormais signé et nous devons engager la procédure de ratification. Il importe de constater qu’il s’agit véritablement d’un projet transformateur, car, comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, la République d’Arménie passe d’une impasse conflictuelle à un carrefour de paix. Il s’agit, bien entendu, d’un événement majeur dans la vie de notre pays, et dès 2026 les travaux concrets commenceront sur le terrain. Je souhaite également souligner que nous menons, de manière générale, des travaux visant à améliorer l’état des infrastructures ferroviaires en Arménie. Dans ce cadre, un appel d’offres a déjà été lancé pour la réhabilitation du tronçon Akhourik-Gyumri. Ce projet sera financé par le budget de l’État et nous mettrons également en œuvre, à l’avenir, d’autres programmes ferroviaires, y compris avec la participation de partenaires internationaux.

Revenant au 8 août 2025, je souhaite rappeler, chers collègues, qu’avec le président Trump nous avons signé plusieurs protocoles d’accord, dont l’un portait sur la coopération et les projets à mettre en œuvre dans les domaines des hautes technologies et de l’intelligence artificielle. Dix mois se sont écoulés depuis la signature de cet accord. Voyons quels résultats nous avons déjà obtenus. Un Centre d’intelligence artificielle a été créé à l’Université d’État d’Erevan. Le Gouvernement a alloué 10 millions de dollars et acquis un superordinateur pour cette université. Deuxièmement, la première usine d’intelligence artificielle a déjà été inaugurée à Gagarin et, dans les prochains jours, une deuxième usine d’intelligence artificielle ouvrira ses portes à Hrazdan. Il s’agit d’une transition technologique majeure pour la République d’Arménie, car l’accès à de telles technologies ainsi que l’attractivité du pays pour ce type d’investissements modifient considérablement tant l’image internationale de l’Arménie que son environnement économique et d’investissement. De manière générale, nous sommes optimistes quant à l’évolution future de notre économie. Je pense que, grâce au projet TRIPP et aux processus engagés autour de l’intelligence artificielle, nous serons en mesure d’assurer une croissance économique annuelle d’au moins 6 %, ce qui constitue une garantie pour la mise en œuvre réussie de nos réformes, y compris dans le domaine social.

D’une manière générale, alors que nous dressons également le bilan des cinq dernières années, depuis 2021, je considère nécessaire de souligner que le Gouvernement a accordé aux citoyens de la République d’Arménie plus de 3,4 milliards de dollars de soutien à travers divers programmes. Ces mesures comprennent notamment le programme de remboursement de l’impôt sur le revenu dans le cadre des prêts hypothécaires, les programmes de modernisation économique, les programmes de crédits préférentiels destinés au secteur agricole, ainsi que de nombreuses autres initiatives. Tout cela a également joué un rôle significatif dans les réussites économiques que connaît aujourd’hui la République d’Arménie.

Je souhaite également rappeler que, par rapport à 2017, le PIB par habitant de la République d’Arménie a plus que doublé selon les résultats de l’année 2025. Au cours de la période 2021-2026, nous avons enregistré une croissance économique annuelle moyenne de 7,9 %. Je tiens à rappeler qu’au sein de notre programme électoral de 2021, nous nous étions engagés à assurer une croissance économique moyenne de 7 %. Cet objectif a été dépassé. Pour la période 2018-2025, la croissance économique moyenne s’est établie à 5,8 %. Il est important de souligner que ces indicateurs sont supérieurs tant à la moyenne mondiale qu’à celle de l’Union économique eurasiatique (UEEA), ce qui signifie que la Révolution de velours, populaire et non violente, a produit des résultats concrets, y compris dans le domaine de la politique économique. Cela nous confère une certaine confiance dans la poursuite des réformes institutionnelles et du développement institutionnel en République d’Arménie.

Je souhaite également rappeler et souligner une nouvelle fois que le 28 mai 2026 s’est tenu le défilé militaire de notre nouvelle armée. Cet événement a revêtu une importance particulière pour chacun d’entre nous, pour la République d’Arménie et pour ses citoyens, car nous avons effectivement réussi, au cours des dernières années, à réformer profondément nos forces armées au point de pouvoir affirmer aujourd’hui que la République d’Arménie dispose d’une nouvelle armée. Je tiens à souligner qu’il ne s’agit pas uniquement de l’acquisition d’armements et d’équipements militaires auprès de partenaires étrangers, mais également de la mise en place d’un véritable complexe militaro-industriel en Arménie. Depuis 2022, le Gouvernement a investi près de 170 milliards de drams dans le secteur de l’industrie de défense. Aujourd’hui, cette industrie connaît déjà des développements prometteurs. Les premières exportations vers les marchés internationaux ont déjà été réalisées et les premiers contrats ont été conclus, représentant des volumes déjà significatifs tant pour la République d’Arménie que pour le secteur concerné. Je tiens également à souligner que nous avons mis en œuvre d’autres réformes institutionnelles au sein de l’armée, notamment le programme « Défenseur de la Patrie » (« Pashtpan Hayrenyats »), qui constitue lui aussi un programme budgétaire d’envergure. Ce programme prévoit que les conscrits âgés de 18 ans deviennent militaires sous contrat après une période de préparation spécifique. En fonction des résultats obtenus dans le cadre de leur certification volontaire, ils perçoivent une rémunération substantielle, ce qui entraîne également des changements sociaux importants dans la vie de notre pays. À l’issue de leur période de service de cinq ans, les bénéficiaires du programme « Défenseur de la Patrie » reçoivent également une prime forfaitaire de 5 millions de drams, tout en conservant la possibilité de poursuivre leur carrière militaire.

Une autre évolution importante concernant les forces armées est qu’à partir de cette année, les diplômés de l’Académie militaire Vazgen Sargsyan recevront, dès leur entrée en service, un certificat d’aide à l’acquisition d’un logement, calculé sur la base des prix pratiqués dans la ville d’Erevan. Ils pourront ainsi choisir d’acquérir un logement à Erevan ou dans une autre région du pays. Je considère que cette mesure constitue également un facteur social important.

J’ai déjà eu l’occasion de le dire, chers collègues : depuis 2021-2022, nous avons adopté des politiques dans le cadre desquelles nos décisions, y compris celles mises en œuvre à travers différents programmes budgétaires, poursuivent simultanément plusieurs objectifs. Autrement dit, il ne s’agit pas de programmes à dimension unique. À titre d’exemple, le système de remboursement applicable aux paiements non numéraires revêt certes une importante dimension sociale, mais il joue également un rôle essentiel dans la réduction et la lutte contre l’économie souterraine. Le programme « Défenseur de la Patrie » possède lui aussi une importance considérable pour le renforcement de notre armée et de notre niveau de sécurité. Toutefois, il importe également de souligner sa dimension sociale. En effet, non seulement les parents des soldats sont désormais libérés de la nécessité de subvenir aux besoins de leurs enfants durant leur service militaire, phénomène que nous connaissons tous, mais la situation s’est même inversée : aujourd’hui, de nombreux militaires procurent à leurs familles des revenus auxquels celles-ci n’avaient auparavant pas accès. Cela entraîne également des changements sociaux importants et tangibles.

Chers collègues, nous enregistrons des évolutions et des progrès significatifs dans l’ensemble des secteurs. Dans le domaine de la politique étrangère, le processus de libéralisation du régime des visas avec l’Union européenne a été engagé et progresse à un rythme soutenu. Nous sommes convaincus qu’il aboutira avec succès dans un avenir proche. J’ai déjà évoqué le programme de construction scolaire. Je considère également comme très important le programme de certification volontaire des enseignants, qui revêt à la fois une dimension éducative et une dimension sociale majeures. Je tiens également à souligner que nous prévoyons de poursuivre notre action dans l’ensemble de ces domaines au cours des prochaines années. En particulier, les enseignants ayant obtenu leur certification auront la possibilité, au cours des cinq prochaines années, de se présenter à une deuxième procédure de certification. Alors que lors de la première certification leur traitement de base passait de 100 000 à 200 000 drams, auxquels s’ajoutait le pourcentage correspondant aux résultats obtenus à la certification, lors de la phase suivante le traitement de base sera porté à 300 000 drams, le pourcentage de certification étant alors appliqué à ce nouveau montant.

Le programme d’aide à la naissance du troisième enfant et de chaque enfant suivant s’est également poursuivi avec succès. Il s’agit là encore d’un programme social particulièrement important. Je considère également comme essentielle l’allocation de garde accordée à l’occasion de la naissance d’un enfant âgé de moins de deux ans. Ces dernières années, nous avons profondément réformé ce dispositif et l’avons, en substance, étendu à l’ensemble des jeunes mères, alors qu’auparavant, comme vous le savez, seules les mères exerçant une activité professionnelle pouvaient en bénéficier. Nous avons d’abord augmenté le montant de cette allocation, le portant de 26 000 à 31 000 drams. Nous avons ensuite doublé son montant pour les mères travaillant dans les zones rurales.

Je tiens également à souligner que le programme de construction de logements d’un montant de 16 millions de drams dans les localités frontalières se poursuit avec succès. Cette année, nous avons déjà fixé de nouveaux quotas dans le cadre de ce programme et, à l’avenir, nous prévoyons de le faire évoluer dans une certaine mesure. Il ne sera plus seulement un instrument destiné à répondre aux problématiques spécifiques des localités frontalières, mais également un moyen de rendre plus efficace la mise en œuvre des programmes liés aux écoles et aux jardins d’enfants dans d’autres régions de la République. Je souhaite rappeler qu’à Gomk, dans la région de Vayots Dzor, nous disposons déjà d’une expérience de ce type, qui s’est révélée concluante. Nous avons également déjà engagé ce travail dans une ou deux autres localités situées dans différentes régions du pays.

Je tiens également à souligner qu’en 2025, le programme de logement destiné à nos compatriotes déplacés du Haut-Karabakh a pris une ampleur considérable. Je dois préciser qu’environ 40 000 de nos compatriotes originaires du Haut-Karabakh ont déjà obtenu la citoyenneté de la République d’Arménie. Nous avons déjà alloué près de 50 milliards de drams au titre du programme d’aide au logement, et plusieurs milliers de familles ont d’ores et déjà acquis un logement et s’y sont installées. Nous prévoyons également d’allouer environ 800 milliards de drams au cours des dix prochaines années afin d’apporter une solution définitive à cette question.

Chers collègues, il serait bien entendu possible de poursuivre encore longtemps l’examen des résultats du budget de l’État pour l’année 2025. Je m’arrêterai toutefois ici pour attirer l’attention de chacun d’entre nous, ainsi que celle de nos chers concitoyens qui nous suivent, sur un point particulier, surtout au lendemain des élections.

Au cours de cette période, nos concitoyens ont soulevé diverses questions dans différentes localités, régions et villes du pays. Ma réponse a toujours été la même. Elle comporte certes une dimension imagée, mais revêt également une portée très concrète. Lorsque ces préoccupations sont exprimées, je réponds que nous traiterons l’ensemble de ces problèmes à une seule condition : que les habitants du village, de la ville, du quartier ou de la localité concernés ne quittent jamais un magasin ou un point de vente sans exiger un reçu de caisse. Je le répète, cette formule comporte une part d’image, mais seulement en partie, car elle traduit avec précision la méthodologie et le mécanisme grâce auxquels nous résolvons les problèmes et renforçons notre capacité à les résoudre. Je pense que, dans un avenir proche, l’intelligence artificielle pourra également nous aider à mettre en place des outils permettant d’identifier les localités où l’économie souterraine recule le plus rapidement. Il n’est pas exclu que nous prévoyions, notamment dans le cadre des mécanismes de subventions ou d’autres instruments, des mesures complémentaires en faveur des localités où nous constaterons une réduction plus intensive de l’économie informelle. Je suis convaincu que ce message est compris dans l’ensemble de nos localités et qu’il a été entendu partout. Toutefois, les degrés d’intensité peuvent varier. Nous pourrons donc faire de cette intensité un facteur supplémentaire et un instrument complémentaire pour le financement des programmes.

Conformément à nos engagements, les questions liées à l’eau figureront également parmi les cinq priorités absolues des années à venir. Nous avons réalisé des investissements considérables dans le secteur de l’eau, mais il reste encore beaucoup à faire. Comme je m’y suis engagé, nous accorderons à l’avenir une attention accrue à ces questions. Je souhaite souligner à cet égard trois composantes essentielles : premièrement, l’approvisionnement en eau potable ; deuxièmement, l’approvisionnement en eau d’irrigation ; et troisièmement, l’assainissement et l’évacuation des eaux usées.

Nous avons déjà inscrit dans le programme électoral du parti Contrat civil, ainsi que dans la Doctrine de transformation économique et institutionnelle de l’Arménie, l’objectif stratégique suivant : aucun litre d’eau usée ne devra être rejeté dans la nature sans traitement préalable. Cela signifie également que nous disposerons de possibilités accrues d’utilisation des ressources en eau, car le traitement des eaux permet d’augmenter les volumes pouvant être réutilisés.

D’une manière générale, les résultats budgétaires sont positifs, chers collègues. Je souhaite également indiquer qu’à ce stade, s’agissant déjà des recettes fiscales du budget de l’État pour 2026, nous avançons vers une surperformance d’environ 40 milliards de drams. J’allais dire 30 milliards de drams, mais je me suis corrigé : j’en gardais encore 10 de côté pour une autre occasion…Notre appréciation est que ce niveau sera, au minimum, maintenu, car l’économie demeure dynamique. Je souhaite également anticiper une nouvelle accélération de l’activité économique dans les mois à venir. Je considère notamment comme un événement majeur l’ouverture du marché des roses du Royaume des Pays-Bas aux producteurs arméniens. En effet, les producteurs floricoles qui ont accès au marché du Royaume des Pays-Bas bénéficient, de fait, d’un accès au marché mondial tout entier.

Il y a à peine un mois et demi, lors de l’inauguration d’une nouvelle serre dans la localité de Fantan, nous discutions encore des mesures à prendre afin de permettre à nos producteurs d’accéder au marché néerlandais de la rose. Mais, comme le dit l’expression, le vendredi est arrivé avant la semaine, chers collègues. Aujourd’hui, nous avons non seulement accès au marché néerlandais de la rose, mais nous disposons également d’un engagement politique clair selon lequel les produits agricoles de la République d’Arménie seront exportés vers l’Union européenne sans droits de douane. Cette perspective deviendra prochainement une réalité. Cela signifie que la rentabilité de notre agriculture augmentera. Certes, de nouvelles exigences apparaîtront en matière de qualité, d’emballage et d’autres normes, mais nous nous y préparons déjà. Nous avons notamment prévu la création de centres logistiques agricoles où pourront être organisés le tri, le conditionnement et d’autres opérations nécessaires.

Bien entendu, un travail actif nous attend également au sein de l’Union économique eurasiatique, et nous l’accomplirons. Dans le même temps, nous continuerons à analyser les évolutions en cours. Nous sommes déjà convenus avec l’Union européenne qu’une réponse rapide pourra être apportée sous la forme d’un soutien financier de 50 millions d’euros. Ces ressources seront utilisées dans les situations où nous constaterons la mise en place d’obstacles injustifiés aux exportations. Quoi qu’il en soit, notre politique demeurera inchangée : nous continuerons à poursuivre la diversification de nos marchés d’exportation.Je tiens à dire très clairement que, depuis longtemps, nous encourageons, soutenons et accompagnons nos opérateurs économiques afin qu’ils diversifient leurs débouchés à l’exportation. Des progrès sont déjà visibles dans cette direction : nos exportations vers l’Union européenne ont doublé, celles vers la Chine ont également doublé, tandis que les exportations vers l’Inde ont progressé d’environ 87 %. Je tiens à le répéter : il s’agit d’opportunités considérables pour l’Arménie, y compris pour son agriculture. Elles ouvrent l’accès à de nouveaux segments de marché et contribuent à rendre l’activité agricole plus rentable. Nous poursuivrons résolument notre action dans cette direction.

Afin de ne pas prolonger davantage mon intervention, je souhaite souligner un autre domaine essentiel : le tourisme. Sans exagération, le tourisme connaît aujourd’hui un véritable essor dans notre pays. Nous enregistrons une croissance à deux chiffres et avons déjà atteint un record absolu pour la période janvier-mai. Je mentionne également cet aspect dans le contexte des exportations, car les biens consommés par les touristes constituent eux aussi une forme d’exportation. Au fond, peu importe que ces produits soient consommés dans le pays dont le touriste est ressortissant ou sur le territoire de la République d’Arménie. Je dirais même qu’en Arménie la consommation des produits arméniens est davantage valorisée, car leur disponibilité y est naturellement beaucoup plus large que sur les marchés étrangers. Je me réjouis que la République d’Arménie poursuive son développement en tant que destination touristique attractive. Cette évolution est naturellement liée à la paix, ainsi qu’à la sécurité intérieure. Nous avons engagé d’importantes réformes institutionnelles, notamment afin de renforcer le niveau de sécurité intérieure.

Toutefois, chers collègues, compte tenu du fait que je suppose qu’au moins une partie d’entre vous n’a pas dormi cette nuit, je vais conclure ici mon rapport sur l’exécution du budget de l’État pour l’année 2025. Cela ne signifie évidemment pas la fin du travail. Certains de nos collègues présents seront contraints de rester et de poursuivre cette tâche passionnante.

Je vous souhaite à toutes et à tous plein succès dans la poursuite de ces travaux et je tiens une nouvelle fois à féliciter les citoyens de la République d’Arménie pour la victoire convaincante remportée lors des élections législatives du 7 juin 2026. Cette victoire convaincante devra se traduire par des résultats toujours plus convaincants, y compris dans la lutte contre l’oligarchie criminelle, qui constituera l’une de nos priorités. Chers collègues, je souhaite affirmer clairement que nous agirons dans ce domaine sans aucun délai et sur plusieurs fronts à la fois. La justice doit prévaloir et doit être rendue. Dans le même temps, le système de confiscation des biens d’origine illicite doit parvenir à son plein aboutissement. Nous devons également poursuivre nos efforts en matière de protection des intérêts de l’État et des collectivités locales. Je souhaite également rappeler que depuis 2018, par différents moyens, notamment grâce à l’augmentation significative des recettes fiscales du budget de l’État par rapport à la période précédente, nous avons réorienté vers le développement de la République d’Arménie au moins 8 milliards de dollars qui étaient auparavant soustraits à l’économie officielle ou détournés de leur finalité. La République d’Arménie est aujourd’hui un État profondément différent de celui qu’elle était en 2018. J’oserai même affirmer qu’elle est aujourd’hui un État meilleur : plus indépendant, plus souverain, plus solide, plus sûr, et naturellement plus pacifique, plus démocratique et plus prospère. À cette occasion, je souhaite nous adresser à tous mes félicitations.

Je vous remercie.

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